Ces chifres apparaissent comme des barres psychologiques pour le cyclotouriste.
En ce qui me concerne, dasn ma pratique orientée vers la découverte, je ne fais pas grand cas des objectifs chiffrés, mais cela ne m'empêche pas d'avoir ces caps psychologiques.
J'ai pris une décision de faire un trajet pour rejoindre à vélo un rassemblement à Cotignac dasn le Var sans connaitre la distance à parcourir. Je ne pouvais pas partir la veille donc il me fallait la faire en une journée (horaire à l'arrivée fixe). Ma seule variable d'ajustement était d'en faire une partie en TER pour raccourcir, le cas échéant.
Quand j'ai tracé le parcours et me suis rendu compte que 235km séparent ma maison de mon point d'arrivée, avec environ une D+ de 1000 m, ce projet s'est transformé en petit défi: je n'ai jamais roulé autant en une journée. Mon précédent "record" datait de 36 ans. Lors de mon tour de Belgique à vélo j'avais roulé en Belgique et Hollande sur 210 km avec mon routier Peugeot en tubes de chauffage et 650 ballons (comme on disait à l'époque), avec tente et sacoches.
Pour autant, j'avais la conviction que l'effort était moindre que les 180 k de l'Ardéchoise/Volcanique (y compris l'A/R au parking), que j'ai faite 2 fois (D+ 3210m) donc je n'était pas inquiet sur la capacité de le faire. Le doute était lié à la chaleur et au respect de l'horaire. Je tenais à quelques arrêts, dont celui de midi pour rendre visite à une amie de mes parents.
J'ai choisi un itinéraire direct et optimisé, refusant néanmoins de rouler sur la nationale parallèle à l'autoroute dasn la plaine de la Crau. Je suis donc passé un peu u Nord, plus proche des Alpilles. J'ai ensuit rejoint la vallée de la Durance, évitant de fait le dénivelé qu'aurait engendré un passage au plus court. Qq km en plus pour éviter des côtes.
Tout s'est très bien passé, en fait. Parti peu avant 5h30 du mat, j'ai adoré rouler à l'aube. Le soleil s'est levé en plein dasn l'axe de la route, après MAuguio. Les senteurs matinales, la perception de vivre le réveil du pays, les couleurs et tant d'autres choses encore C'est unique et je referai, même sasn partir pour 235 km!
Arrêt à Saint Gilles, haut lieu de pèlerinage au moyen âge, j'ai été déçu par cette petite bourgade en déclin. Le joyaux médiéval est en gros travaux de rénovation donc il faudra revenir dans 2 ans au moins.
ANecdote: entre Vauvert et St Gilles, je suis doublé par un tracteur dasn une courte montée anodine. Instantanément, il me vient l'idée de me mettre en danseuse pour accélérer et me "mettre dasn la roue" du tracteur. Il roulait à 42 km /h et j'ai ainsi roulé environ 10 km à plus de 40 de moyenne: une aubaine! Bien qu'un peloton ne prenne pas autant de vent qu'un tracteur, j'ai pu me rendre compte de l'énorme apport d'un écran aérodynamique: j'ai roulé très vite en faisant moins d'efforts.
La Camargue entre Saint Gilles et Arles était très agréable. C'est l'époque où les rizières sont remplies d'eau. Cela entraîne une présence d'oiseaux importantes: hérons cendrés, hérons garde-bœufs, aigrettes garzette entre autres. La traversée de jolis villages provençaux de carte postale est toujours agréable. La remontée vers les oliviers du côté d'Aureille est aussi sympathique, même si le faux plat montant m'a perturbé. J'ai eu l'impression d'un passage à vide alors que ce n'était qu'une pente régulière trompeuse.
Vers Eyguières, la température devenait nettement plus agressive. Jusqu'à la pause déjeuner à Cadenet, en face de la Roque d'Anthéron (côté Vaucluse), il a fait bien chaud. J'ai pu constater sur cette cinquantaine de km en Provence l'importance des canaux, tant pour l'irrigation que pour la production d'électricité.
Magnifique étape chez mon amie qui m'a permis de prendre une douche fraîche, me restaurer, passer du bon temps à discuter. Mon cuissard exposé au soleil a complètement séché. Détail non inutile lorsqu'on passe une journée sur le vélo.
J'y étais bien et un plongeon dasn la piscine était tentant, mais j'avais déjà passé trop de temps et pris un bon retard sur mon tableau de marche.
Jusqu'à Arles, j'étais pile dans les clous en arrivant à 9h00. Je m'y suis arrêté en voulant passer la pause repos à la cathédrale St trophime. J'ai attendu (en vain) l'ouverture prévue exceptionnellement à 9h15 au lieu de 8h00 jusqu'à 9h40. presque 3/4 d'heure d'arrêt, c'était un bon 15 mn de plus qu'anticipé.
J'ai donc repris la route vers 15h15, pas fâché d'avoir passé les heures le splus chaudes au frais chez mon amie.
La section autour de Pertuis et Peyrolles en Provence n'est pas facile à vélo. J'ai pris des voies de contournement pas tellement "bike-friendly" mais efficaces et au final pas si dangereuses car elles sont très larges. Après Peyrolles, ça devient bien plus agréable et même franchement joli après Rians.
Cette partie du Var n'est pas très connue. Elle pâtit du manque de site connu. Le lac de Sainte Croix au Nord, avec le Verdon attire les touristes. Evidemment, la côte varoise au Sud en attire encore plus. On est plus franchement au pays de la lavande, tellement photogénique. Mais la nature est riche et c'est très calme. Les villages sont charmants et le relief assez varié donne du caractère. Le Var est un département incroyablement boisé!
J'ai roulé sur d'excellentes routes avec peu de circulation, et aussi sur l'ancienne voie ferrée qu'il est prévue de transformer en voie verte pour compléter l'Eurovélo 8, l'itinéraire européen de la méditerranée. Elle n'est pas très roulante.
Je suis arrivé vers 19h30 à Cotignac, ressentant une belle émotion en ayant complété in fine 240 km à cause d'erreurs (stupides) de navigation. Le dernier km s'est fait sur une pente très raide vers le sanctuaire de ND des Grâces que j'ai grimpée sasn soucis, à mon énorme surprise. J'étais parti 14 heures auparavant, roulé environ 10,5 heures et grimpé finalement 1100 m de D+ ( 1800 sur GPSies, mais leur algo n'est pas bon; je n'y crois pas).
Mais vous avez remarqué, cette fois -ci, pas de photos. C'est un choix. J'ai voulu vivre ce voyage en mode concentré, préparé, focalisé sur l'objectif et n'ai pas pris d'appareil.
Quel Vélo?
La grande question qui m'a pris un peu la tête la semaine précédente. Pour moi, l'évidence était de prendre ma randonneuse. Longue distance = priorité confort.
En plus, peu de montées donc le poids supérieur de ma Méral par rapport à mon Look ne me semblait pas pénalisant. En plus, je porte-paquet me permettrait d'embarquer mes affaires pour la nuit en cas d ebesoin, avec mes sacoches AV.
Mais j'ai voulu prendre une décision factuelle: ma Méral serait-elle aussi rapide que mon Look? Sur 235 km et un objectif d'arriver à une heure précise, ça peut jouer.
J'ai donc entrepris de tester sur un parcours les 2 vélos en mesurant la vitesse et en me focalisant sur une perception la plus objective possible du confort. Je n'avais plus roulé sur le Look depuis des mois. J'avais chaussé ma Méral de pneus de 32 qui me semblaient un chouia moins roulants.
Dasn la pratique, je complèterais un trajet le matin vers 6h00, sans vent et sans circulation, évitant les grosses chaleur. J'enregistrerais les traces GPS pour mesurer la vitesse réelle sur des section de plat de qq kilomètres en adoptant mon rythme de croisière (je me connais bien et n'ai pas besoin d'un cardio).
Finalement, je n'ai pas réussi à compléter mon test.
J'ai commencé par le Look. J'ai été surpris de m'y sentir très bien. J'ai pris les cotes précises et me suis rendu compte qu'il était réglé à qq mm près exactement comme la Méral (hauteur de selle, distance entre le cintre et l'axe du tube de selle). J'ai apprécié la cassette 9v campa et le changement de vitesse intégré aux manettes de freins. Les freins puissants sont rassurant. Aucun problème pour freiner fort avec mains aux cocottes.
La fourche droite est moins souple que celle du Méral. Les pneus de 25 (taille max déjà très limite à l'AV) sont roulants sur bonne route mais ça vibre dès que le revêtement se dégrade. L'installation d'une sacoche de guidon chargé change la stabilité de la direction, mais ça n'est pas gênant.
Il m'est arrivé des choses étranges sur ma Méral. J'ai bousillé un pneu lors de ma dernière rando mais je ne l'avait pas vu. J'ai trouvé un pneus AR plat et j'ai donc du réparer avant de partir rouler. Je change le pneu de 32 au flanc ouvert sur un cm par un pneu de 28 de secours.
Après 1,5 km, crevaison. Retour à pieds à la maison pour réparation. Je trouve un pneu avec un trou en forme de fente de 2 mm, comme lors de la réparation précédente et recherche donc la cause. Je crois comprendre en repérant le fond de jante fendu. Changement de fond de jante et installation chambre à air neuve. Remontage avec soins, pas de pincement, remise en pression limitée à 5 bars.
Nouvel essai et EXACTEMENT au même endroit, nouvelle crevaison!!
Cette fois-ci je suis parti avec le nécessaire de réparation. Je retourne le vélo, installe la chambre de secours, regonfle et paff, en retirant la pompe de la valve, ce qui nécessite d'appliquer une pression verticale, celle-ci se projette et tape le galet de dérailleur et le casse!!
C'est un simplex et je n'en ai pas de rechange. C'est sûr, je partirai avec mon Look. Pas pu compléter mon test
La poisse ne m'a pas quitté mais en fait je suis content d'avoir testé avant d epartir. Sans l'idée de faire tous ces tests, j'aurais enfourché la randonneuse le samedi à 5 h du mat et ça aurait été la galère.
Une chose était apparue lors du test du Look. La selle Italia (très légère pour l'époque), se manifestait trop à mon posterieur pour me rassurer sur la capacité à accueillir mes rondeurs et mes kilos pendant 12h.
J'ai donc installé ma Brooks Team Pro normalement montée sur la Méral sur mon Look. Ca faisait bizarre et pas franchement raccord question style. Mais ça s'est révélé LA bonne décision. Aucun soucis de quelque nature que ce soit sur le vélo et le cycliste, fessier compris pendant les 240 km.
Ce que je retiens de cette expérience:
1) saisir les opportunités. Ne pas avoir peur de la distance en tant que telle.
2) Bien préparer
3) Mon Look s'est révélé aussi confortable que la Méral après changement de selle. C'est la position qui est déterminante. En l'occurrence, j'avais la même position sur les 2 vélos et ne m'ne était jamais rendu compte réellement. Seuls les pneus de 25 plutôt que 32 ou 28 sur la Méral foont une différence réellement notable dasn la perception sur le vélo. La géométrie du train avant, elle est différente, c'est vrai et je préfère la Méral, mais c'est une question de préférence qui ne se traduit pas en réels inconvénients/avantages. Juste une petite adaptation.
4) Une cassette 9v, contrairement à ce que j'ai pu écrire, est un plus par rapport à une cassette 6v en apportant plus de progressivité sans bidouillages en fonction du profil de l'étape.
5) Les manettes vitesses combinées aux freins, c'est quand même super agréable. Ca n'est pas un problème, les manettes au cadre, mais le gain de confort est réel (j'ai bien conscience d'enfoncer une porte ouvert par ce commentaire)
6) Un triple plateau, je trouve c'est quand même très bien. Je sasi que ça a totalement disparu des vélos de route, mais je trouve ça dommage. Je n'ai utilisé que 2 fois le petit, mais j'étais content de l'avoir. Moi, les croisements de chaines, je les sens et je n'aime pas trop ça donc fatalement, avec des cassettes 11v et du mono plateau, ça se sent aussi.
7) L'arrière-pays varois est magnifique. Une super destination cyclo. Les grosses chaleurs c'est pas génial et ça existe là-bas mais je n'en ai pas souffert au point de conseiller de s'abstenir en cette saison, malgré un thermo autour des 33/34 au plus chaud de la journée. Osez!
9) Je comprends ceux qui pratiquent la longue distance en parallèle du cyclotourisme. Mais je trouve quand même frustrant de passer par tous ces coins superbes en étant contraint par un horaire. Donc je ne pense pas me mettre à la longue distance sérieusement.
Itinéraire:
PS: si vous cherchez une bonne adresse pour passer un séjour en Luberon ou en Provence, mon amie Dany HUsson fait chambre d'hôtes. Le nom de sa maison: "Emmbe" à Cadenet (84).


