A mon tour de vous en raconter une, qui n'est pas très ancienne puisque cela se passait en en juin 2010. Cette fois là, j'avais tout faux, sur toute la ligne... jugez plutôt :
Avec un ami, nous devions accompagner un groupe de randonneurs français, des Normands, qui traversaient la Suisse pour se rendre à Milan. Il était prévu de les retrouver à la frontière et de les accompagner en trois jours jusqu'à Chiasso.
Le matin du premier jour, départ de chez moi en voiture pour aller au rendez-vous, à env. 100 kms de chez moi... Il pleut à verse, il tombe des seilles, des cordes... enfin ce que vous voudrez mais vous avez compris. Après 50 kms, j'ai un flash , terrifiant : M.... je me suis trompé de godasses

au lieu des souliers cyclistes j'ai enfilé mes baskets. Donc pas de cales SPD... nous sommes partis pour 3 jours avec 2 cols de plus de 2000m

et pas question de retourner les chercher, nous sommes déjà trop loin...
Au rendez-vous, nos amis ont une heure de retard : la pluie, et certains se sont gourés de route...
Enfin nous partons, apparemment cela ne se passe pas trop mal avec les godasses sur les pédales SPD... mais... que se passe-t-il avec mon vélo ???
il réagit bizarrement... Pas étonnant : LA DIRECTION EST BLOQUEE
Bon une demi heure et un déballage de trousses à outils plus tard, nous pouvons repartir, et le reste de la journée se passe à peu près normalement...
Le lendemain, la matinée se passe sans problèmes, mais l'après-midi, quand nous commençons la montée du Susten, je me rends vite compte que là, les fausses godasses ça le fait pas : mes pieds glissent latéralement, et je dépense presque autant d'énergie pour les maintenir en place que pour la montée... pas étonnant, je me fais larguer et quand j'arrive à Gadmen après 12 kms d'entrée en matière, les autres attendent depuis un bon moment, je suis compètement nivelé et il reste encore 16 kms, les plus durs
Mon copain a alors une idée : sur son vélo il a des pédales mixtes, SPD d'un côté et plates de l'autre. Il me propose de les échanger, ce qui est vite fait en trois coups de clé imbus, et nous repartons.
Je me traîne pendant 10 kms, pente 8% de moyenne, la pluie fine cède la place à la neige... et puis c'est bizarre depuis un moment je n'arrive pas à régler correctement mon dérailleur. Cela gratte, ma chaîne saute toute seule d'un pignon sur l'autre, et tout à coup, BLOCAGE COMPLET

Juste le temps de poser pied à terre pour ne pas tomber, et constater que ma roue AR ne tourne plus ni dans un sens ni dans l'autre... même pas possible de pousser le vélo,
L'écrou-cône de la roue libre s'est dévissé, les billes du roulement se sont fait la malle, ce qui reste du corps de la roue-libre s'est coincé de travers dans les rayons... A 100 m de l'hôtel Steingletscher, qu'on ne voit même pas because la neige ! 5 kms encore jusqu'au sommet
Mon copain qui suivait à quelques dizaine de mètres s'arrête et me donne un coup de main pour sortir la roue et extirper ce bout de ferraille désormais inutile qui fut une roue-libre, afin qu'au moins je puisse pousser le vélo... je lui dis de ne pas m'attendre et d'avertir les autres de ce qui se passe.
Car la seule solution au problème, c'est de pousser le vélo sur les 5 kms restants. Je connais bien ce col et sais que la descente de 18 kms ne comporte pas de "ressuçées" donc il n'y a qu'à laisser rouler. A Wassen, au pied du col, passe la ligne du Gothard; donc je pourrai y prendre le train pour la remontée de 7 kms vers Goschenen où nous avons retenu nos chambres.
Une bonne heure de marche, suivie de 40 minutes de descente plus tard, j'arrive à Wassen et cherche la gare...
IL N'Y A PLUS DE GARE !!! Le trafic local à été supprimé et remplacé par un bus, qui évidemment de veut pas entendre parler de prendre un vélo
Cette fois je suis quand même un peu dans la m... et pense qu'il faut maintenant employer les grands moyens, je pense à un taxi.
J'entre donc dans un hôtel, raconte mon histoire et demande un No pour appeler un taxi : Mais Monsieur, il n'y a pas de taxi ici! et même s'il y en avait, cela vous couterait très, très cher !
La-dessus le patron cogite, réfléchit, se gratte la tête ... et annonce le résultat de ses réflexions :
BON, BEN JE VAIS VITE VOUS EMMENER !
Ainsi fut fait... Probablement que Joséphine (vous savez, l'ange gardien) a trouvé que cela commençait à bien faire, et qu'il fallait intervenir.
Ou plus simplement, qu'il y a encore parfois des gens sympas en ce bas monde ! inutile de préciser que la randonnée s'arrêta là pour moi, et que mes copains arrivèrent quand même à Milan !
J'aurais peut-être dû acheter un billet de loterie ce soir là...