Lors de mon dernier voyage en Italie, avec mon vélo qui pèse entre 35 et 40 kg (cyclocamping), j'ai affronté une côte dont certains passages taquinaient allègrement les 20%.
Quand je me suis retrouvé "au pied du mur", je me suis dit: "
je ne m'en sortirai pas avec mes pédales plates", car c'est vraiment le genre de situations où, quand je roulais en pédales auto, j'avais le sentiment qu'elles m'étaient indispensables pour éviter de devoir mettre pied à terre. En effet, comme je l'expliquais dans mon post précédent, les pédales auto ont un avantage objectif indicutable: on peut pousser et tirer en même temps ce qui permet d'envoyer ponctuellement plus de watts (ce qui est très utile pour les coureurs en compétition lors de sprints ou d'accélération comme celle de Pogacar dans le dernier mur de Liège-Bastogne-Liège, et également en VTT en franchissement d'obstacle).
A ma grande surprise, j'ai bien réussi à grimper cette côte extrême. Certes, j'ai bien apprécié la pause qui m'a permis de reprendre mon souffle car j'étais clairement en mode anaérobie. Je doute que j'aurais pu continuer 3 km comme ça (euphémisme), avec ou sans pédales auto. Juste pas la capacité de VO2 max pour alimenter mes muscles avec l'énergie nécessaire sur une telle durée.
Ceci me prouve (et à ceux qui veulent bien me faire confiance), que
dans le cadre d'une utilisation de cyclotourisme et de cyclocamping,
les pédales auto n'offrent un plus qu'à ceux qui les préfèrent. Le bénéfice concret absolu (permettre quelque chose de plus dans une situation réelle, à tous) n'a pu, une nouvelle fois, être démontré.
Je répète que j'ai abordé cette côte en étant persuadé de me trouver dans l'un des rares cas où les pédales automatiques auraient apporté ce "bénéfice concret" (et je me disais que ça serait probablement les seuls 10m du voyage où ça serait le cas, acceptant parfaitement de devoir pousser compte tenu du bénéfice que j'avais obtenu en portant pendant 10 jours mes chaussures de rando légères et confortables en toutes autres situations, y compris en visitant des musées, marchant en ville, allant au restaurant, situations dans lesquelles je me serais senti un peu "décalé" avec mes chaussures vélo).
PS: l'opinion québécoise citée par philou62 me semble intéressante et certainement pas autant capillotractée que ça:
Sans [pédales auto sur un vélo], c'est un petit peu comme si tu faisais du ski sans fixations.
(mais j'avoue avoir peut-être raté le second degré).