Je m'autorise à ouvrir cette rubrique, qui dédiée aux has been
Ici aujourd'hui : La RCP 1980
Suivront 3 ou 4 postages :
Une Mer Montagne
Une Flèche de France
Un ou deux voyages itinérants
1978… J’ai 29 ans. Depuis 5 années j’enseigne au collège J. Brel de Beuzeville. Je pratique deux sports localement : le hand et le foot.
Mais le vélo recommence à me faire de l’œil.
Car jusqu’à 15 ans, j’ai beaucoup « bourlingué » dans mon hameau familial sur mon beau vélo rouge… Tout cela sur fond de TDF à la radio et dans le Miroir du Cyclisme. (Déjà raconté ici…).
Et puis la mobylette bleue du brevet et la 2 CV de l’école Normale sont passées par là.
Mais depuis 1973, mon statut d’instituteur m’autorise à m’acheter un vélo Camif ! ce sera un Starnord. Aucune photo de celui-ci… mais c’était un vélo bien basique qui me permettra de rouler le dimanche matin avec le club local : Vélo club Cyclotouriste Beuzevillais (VCCB).
Je commence à rouler hors département. Je rejoins ainsi mon épouse à Château Gontier, lieu de son stage d’Aïkido. 230 km en deux jours. J’aime bien la formule…
Je prends goût aussi aux routes montagneuses. Des amis proches d’Ambert (63) me permettent de démarrer le listing des 100 cols. Col du Béal, col des Supeyres, col de Chansert seront les trois premiers. Loin de la haute montagne donc…
1980…
Je commence à lorgner vers une belle rando dont j’ai lu un CV dans la revue des 100 cols. Ce sera la RCP (Randonnée des Cols Pyrénéens). Ou Pau Luchon… une Cyclo Montagnarde donc … suivront le brevet des Vosges (1981) et le circuit des Aravis (1984). Ce sont des BCMF très prisés à l’époque et très fréquentés. Avant l’arrivée des cyclosportives…
Conscient de mon faible niveau comme escaladeur, je décide de changer de vélo. Mon Starnord n’a que 2 plateaux. Il me faut un triple. La randonneuse Méral de l’époque me plait bien (voir photo), mais trop chère.
Je me rabats sur une randonneuse Bertin au label Audax. Ce sera ma bicyclette pour une quinzaine d’années. Je suis bien positionné dessus.
Je suis déjà un petit rouleur. J’arrive à Laruns mi-juillet avec à peine 1500 km. Je mise sur deux semaines sur place pour me roder au relief du coin. 2 fois l’Aubisque (des deux côtés) 1 fois le Tourmalet, 1 fois le Pourtalet et 1 fois le Marie Blanque (côté facile) …
Le départ de Pau est programmé à 2 h du matin un dimanche de juillet. Eclairage obligatoire bien sûr. C’est magique ! Nous sommes 3000 cyclos au départ. Je suis prudent. Qu’un seul but : aller au bout des 195 km et de ses 4 cols majeurs… Aubisque, Tourmalet, Aspin et Peyresourde. Puis descendre sur Luchon.
Je prends mon temps. J’apprécie la montée de l’Aubisque au milieu d’une myriade de feux rouges. J’aborde le tunnel du cirque du Litor avec prudence. L’été, les vaches en alpage s’y réfugient pour la fraîcheur. Et même au lever du jour, elles y sont. Deux ou trois cyclos en feront les frais.
La petite remontée du Soulor fait mal aux jambes… Puis c’est la longue descente sur Argelès Gazost et la remontée vers le Tourmalet. Je peine mais j’avance… En haut, j’ai l’impression d’avoir fait le plus dur… erreur…
J’apprécie l’Aspin avec son ombre permanente et sa relative longueur. Voir photo…
Le dernier col, le Peyresourde, sera mon chemin de croix…je pense m’y être arrêté 5 ou 6 fois. Au haut, l’objectif atteint, je pleure tout seul…
J’atteins Luchon vers 17 h…
Vers 20 heures, nous sommes sur le retour vers Laruns… en voiture bien sûr. Et nous doublons un cyclo unijambiste qui rentre sur Pau. Le matin, il m’avait doublé dans le Tourmalet. Comme quoi, c’est toujours relatif une performance…
Le parcours de cette RCP...



