Voici arrivée la période d'ouverture des Grands Cols, et la tentation d'aller y fourrer son biclou s'ensuit.
Évidemment, avec les années, il n'est plus question de déclencher le chrono.
Lorsque je lis les articles, je suis effaré que dans le monde Cyclotouriste cela reste un sujet de valeur, ce chrono.
Les coureurs avalent ça à plus de vingt à l'heure, donnant des complexes à qui veut s'expérimenter à la montagne. Quel dommage ! Y'a mieux à y faire !
Je suis encore retourné hier au Col d'Izoard que je connais comme ma poche et ai mis deux fois plus de temps que mon record d'il y a....plus de trente ans...mais, quel bonheur !
Vous savez ce que je n'ai pas aimé ? ...les kékés se la jouant en me frôlant sans un bonjour. J'ai rejoint un Cyclo-voyajeur-sacochard avec qui j'ai fait un brin de causette et qui déplorait aussi cette attitude. C'est dans l'air du temps : bobonne ou les parents sont dans l'auto, on est venu au pied du col avec un biclou à la gueule d'enfer, se fait escorter, fait un large sourire au photographe de service qui monte faire quatre sous dans la Mecque du cyclisme, puis s'affichera dans sa chambre.
Je ne vais jamais dans les cols les jours d'itinéraires réservés, car je ne supporte pas cette attitude (Bien que ce jour là, il n'y aie pas de voiture suiveuse, mais les kékés y sont).
Grimper un de ces grands cols célèbres est toujours un moment grandiose : on peut y aller pour s'entraîner (cela m'est arrivé des dizaines et dizaines de fois ) on peut s'y trouver en pleine compétition, à s'arracher le coeur (cela m'est arrivé quelques fois) on peut y aller partager avec des amis des instants de bonheur intense, ou bien tout seul dans la plus pure contemplation.
Je respecte trop ces lieux pour ne pas y respecter ceux qui y viennent et ai toujours un petit geste ou mot amical.
Surtout, si vous n'avez jamais fait l'expérience, et que les Cols de Montagne vous tentent, ne vous laissez pas intimider par les kékés : les vrais champions ne sont pas comme ça et sauront apprécier votre performance personnelle. J'ai été moi même dépassé un jour dans un de ces cols par toute l'équipe pro Ag2r et tous, je dis bien tous, ont eu un mot aimable !
APRES CETTE ENTRÉE EN MATIÈRE, venons en au vrai sujet....Comment aborder ces lieux magiques, en Cyclotourisme ?
- D'abord, avec beaucoup d'humilité, ils vous en sauront gré
- Les chiffres importeront peu : . en compèt, la vitesse d'un bon grimpeur pourra aller jusqu'à du 1200 m de dénivellation/heure...peut-être même plus.
. en Cyclotourisme, on ne devrait même pas employer le mot "vitesse" : le mot "allure" devrait suffire. Pour moi, j'oserais même employer maintenant le terme "lenteur". Mais, jusqu'à présent cela m'a toujours permis d'atteindre l'objectif.
- Les vélocistes ont toujours cette tendance à vouloir comparer les braquets avec ceux des coureurs ou cyclosportifs. Si tu demandes un développement où le petit plateau est plus petit que le grand pignon, tu passes pour une mauviette...
Et bien moi, aujourd'hui, lorsque j'aborde un de ces monuments ce n'est jamais avec une escorte, très rarement un aller retour depuis le pied du col, mais toujours dans un circuit ou un enchaînement : la Montagne, il faut la vivre pleinement. Mes braquets sont prêts pour moudre du café.
Y aurait-il une honte quelconque à gravir un col à 400 m d+/heure (et pourquoi pas encore moins...) ? Serait-ce une raison suffisante pour ne pas y aller ?
Et si le kéké casse sa chaîne en grimpant, il saura vous remercier humblement si, en le rejoignant, vous sortez votre dérive-chaîne et lui ferez certainement plus plaisir que les cajoleries de son accompagnante (...du moins sur l'instant...
Qu'en pensez-vous ? votre expérience personnelle ?


