A onze heures, nous voici dans le train, au départ de Lons direction Besançon d'où nous devons rejoindre Ornans, ville natale et fief de feu Gustave Courbet. J'ai prévu 125 km pour ces 3 jours, sur ses traces, avec passage à la ferme familiale, visite des sources de la Loue et découvertes des beaux villages de Lods et Mouthier Hautepierre. Et évidemment, musée Courbet, je sais appâter ma cyclote qui n'est pas aussi atteinte que moi par le virus vélocypèdique. Vers 12h30, le train nous crache dans un Besançon baigné d'un soleil radieux. Après un petit sandwich, nous entamons la montée sur le plateau. Le chemin le plus bucolique passe par Chapelle des Buis. 2.2 km pour 190 m de d+, plutôt irréguliers avec des passages à 20% Désireux de ne pas dégouter Catherine dès ses premiers tours de roues, je choisis de monter par la côte de Morre, sur une D571 soumise au flot automobile mais offrant une ascension autour des 4%. Après 4 km, nous la délaissons enfin et en échange d'une pente plus prononcée, nous gagnons en tranquillité. Enfin sur le plateau, commence un long faux-plat montant que j'ai du mal à vendre comme telle à Catherine, fatiguée par sa semaine et par ces premières chaleurs auxquelles nos organismes ne sont pas encore habitués.
Le secteur est riant, bien vert après les pluies de printemps et la saison de la fauche est commencée, à mon grand dam d'allergique aux pollens de graminées. Nous alternons les passages en forêt, entre deux villages et les champs autour de ceux-ci.
350337056_626083839438917_4676576250373023546_n by joann masuyer, sur Flickr
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350131527_9541898032550149_6372668674754265179_n by joann masuyer, sur FlickrDans la dernière grimpette qui nous sépare de la descente sur la vallée de la Loue, nous décidons que la balade du jour s'arrêtera à Ornans et que nous verrons pour la suite. Jolie descente sur la belle vallée de la Loue et arrivée à Ornans qui commence suelement à se réveiller de sa léthargie hivernale, les nombreux touristes semblant prendre de court les bistrotiers. La glace dont rêvait Catherine, faute d'approvisionnement, se transformera en une demi d'IPA, breuvage plus approprié à la réhydratation si j'en crois d'éminents cyclorandonneurs de ce forum.
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349673840_141579655585882_6573096392154969904_n by joann masuyer, sur FlickrNous filons sur le camping du Chanet, très agréable, où nous trouvons, tout au fond, un petit coin pour planter la tente. Il n'y a plus de place normalement, mais ça devrait passer, même si les patrons nous expliquent que nous sommes à côté d'un groupe d'allemands nombreux et venus ripailler en famille. ON verra bien. Le soir nous allons manger à "La Table de Gustave", pas du tout sensationnel, aux prétentions supérieures à ses prestations de restaurateur pour car de touring operator. Puis nous profitons de la soirée en bouquinant près de notre tente, perchée sur les hauteurs du camping, avec vue sur la vallée, entre un troupeau de génisses et un petit ruisseau. Dans la douceur de cette végétation luxuriante, je me plonge dans l'âpre Provence de Giono, avant d'aller prendre un repos bien mérité. Nous envisageons alors un aller-retour aux sources de la Loue.
La nuit fut calme et nos voisins tôt couchés. Au réveil, Catherine est en petite forme. Je lui propose de rester sur Ornans, visiter le musée le matin et aller faire une petite randonnée pédestre du côté des vestiges du château qui surplombe Ornans sur son éperon. Ma proposition est accueillie avec enthousiasme. Musée en fin de matinée, pique-nique au bord de la Loue, au miroir d'Ornans.
349574954_1006582696919386_8994801629818502867_n by joann masuyer, sur FlickrPetite sieste à l'ombre des arbres et en fin d'après-midi nous rejoignons le bourg à vélo pour entamer notre petite randonnée. Une fois sortis des dernières maisons, commence un petit sentier ombragé qui s'élève vers la Fontaine aux Vipères, immortalisée par Courbet. L'occasion de vérifier une fois de plus, après la visite au musée ce matin, que la forêt a gagné bien du terrain depuis la deuxième moitié du XIXe siècle.
la-fontaine-aux-viperes-1 by joann masuyer, sur FlickrArrivés sur le site de l'ancien château, nous profitons de la vue sur la vallée de la Loue.
349193797_1684018342020161_1819305270822206354_n by joann masuyer, sur FlickrNous poursuivons la ballade, cette fois en forêt, sur la bordure d'une reculée boisée.
350133275_650648676418839_3099436978517589944_n by joann masuyer, sur FlickrUn peu plus loin nous rattrapons une dame d'un certain âge qui marche précautionneusement avec ses deux bâtons. Elle nous interpelle pour nbous dire qu'un peu plus loin, il y a un serpent sur le bord du chemin qui se serait attaqué à une crapaud beaucoup trop gros pour lui et qu'il serait sûrement mort. Je suis un peu surpris par l'information, je connais la surprenante capacité des serpents à ingurgiter des proies impressionnantes. La petite dame, qui marche aujourd'hui seule parce que la randonnée du jour de son club était trop difficiles à ses genoux, a visiblement envie de papoter, nous nous calons donc sur son pas. 500 m plus loin, nous découvrons la bête. La couleuvre n'est pas morte, et elle continue son lent travail d'ingurgitation du crapaud. Quelle proie facile fait donc le serpent qui s'alimente, nous mesurons le péril du repas pour cette couleuvre. C'est un spectacle rare et impressionnant et nous en profitons un peu.
349832592_790691045910073_6171526627898579204_n by joann masuyer, sur Flickr
350103812_281981004177693_7699551223558582502_n by joann masuyer, sur FlickrNous reprenons notre chemin. Au sortie de la forêt s'ouvre une grande prairie qui coiffe une falaise équipée d'une via ferrata. Nous redescendons sur Ornans, profitant de la lumière tombante de la fin de journée.
350102580_6151828734933638_6145667157214045765_n by joann masuyer, sur FlickrNous trouvons alors une table dans un endroit atypique, Côté Place, où la patronne, personnage étonnant, fait le service, la cuisine et la plonge et nous propose une cuisine simple à la manière de ces auberges qu'on trouvait autrefois. Le tout arrosé d'un pinot noir des Monts de Gy en Haute-Saône, ma foi pas désagréable. Catherine propose qu'au lieu de retourner prendre le train à Besançon le lendemain, nous allions plutôt vers Arc-et-Senans. Bonne idée. 15 km de plus, mais un relief plus modéré. Nous nous réveillerons tôt pour partir à la fraîche. La suite dans un prochain épisode.









