Salut à tous,
Voilà, je suis de retour de mon petit voyage en Bourgogne combinant train et bicyclette dont je vous avais parlé. Je complète mes notes prises pendant le voyage avec des photos. C'est un peu à l'arrache masi bon, ça animera le forum avec du récit de cyclotourisme pour changer un peu ...
Parti jeudi d'Alès (que j'ai rejointe en TER), j'ai enfin pu emprunter la route que j'ai repérée depuis des années permettant de franchir la LPE Atlantique-Méditerranée le plus "facilement" et agréablement (choix de route à faible circulation et joli paysage), afin de "redescendre" ensuite vers le Nord. Cet itinéraire le fait à La Bastide Puylaurent en Lozère (donc en commencçant par monter), ce qui permet ensuite de choisir comment rejoindre les plaines du centre de la France: soit par le val d'Allier, soit par la Loire. C'est une alternative à la vallée du Rhône (j'éviterai les qualificatifs car j'ai cru comprendre que certains n'apprécient pas mon opinion sur ViaRhona). En choisissant le val d'Allier
Jour 1
La sortie d'Alès n'a rien d'extraordinaire. Ca s'arrange après une dizaine de kilomètres.
Après Bessèges, ça devient carrément joli et agréable à rouler (calme, aussi). On devine un passé tourné vers l'exploitation du charbon, avec de grandes forêts de pins destinés à la fabrication des étais dans les galeries des mines et un style de bâtiments pas du tout cévenol. Des mines, par contre on ne voit rien comme vestiges.
Après la traversée des Vans, commune animée et touristique (on est en Ardèche), la remontée du Chassezac (à faire en dehors des périodes chaudes de l'été ; ça doit être un four) est super agréable. Peu de pente au début. Après, ça se corse un peu mais ça va bien. Quand on quitte le Chassezac à Pied de Borne en continuant dans la vallée de son affluent, la Borne, une végétation plus cévenole flamboyante remplace la garrigue méditerranéenne vert de gris; ça devient vraiment beau.
Corniche du Vivarais
Ca grimpe sur de longs kilomètres. Le franchissement de la LPE est toujours aussi spectaculaire. J'ai juste dû grimper en souquant ferme car je ne voulais pas rater le TER de 16h10, ce qui retire un peu de plaisir de contemplation. Je me suis autorisé quelques arrêts photo une fois certain de pouvoir attraper le train sans souffrir.
Je suis arrivé avec 10 mn de marge (parti à 8h30 d'Alès le matin).
La ligne de train du Cévenol est absolument splendide en automne. Ca vaut le coup de venir rien que pour ça. Avec la carte Lio Liberté en Occitanie qui donne 50% de réduction, ça fait le billet pas trop cher. On peut s'arrêter à Brioude et revenir.
Nuit à Clermont-Ferrand.
Jour 2
Vendredi, j'ai fait Moulins- la Celle en Morvan. Les signes avant coureurs de la perturbation annoncée pour le samedi n'ont pas empêché la journée d'être belle et de me laisser profiter de la vue et des belles couleurs de saison.
Le Bourbonnais n'est pas réellement passionnant, en tous cas où je suis passé. La Loire fut franchie non loin de Decize.
Non, Phil, il n'y a pas que des plantations de résineux ! C'est l'un des charmes de cette partie du Morvan : l'alternance des bois et des essences, sans oublier les prairies où paissent les charolais.
Vue vers l'Ouest et vers Nevers
Des belles forêts de feuillus, notamment de beaux chênes.
Vue vers le Sud.
La grimpette vers les sommets du massif continue.
Comme prévu, j'ai pu "cocher" la source de l'Yonne, lieu assez joli. Ca commence en quittant le bitume pour une montée dan un chemin creux, où ma randonneuse passe au prix d'un effort soutenu.
Ne pas s'attendre à une source comme dans l'imaginaire. C'est une tourbière. L'eau suinte de la végétation.
J'ai ensuite grimpé le Haut Folin, décevant sommet de 901 m qui n'en est pas un, malgré son statut de "point culminant" du massif, flanqué d'un "faux-col" du Haut Folin (non reconnu par les Cent Cols).
L'automne me gratifie néanmoins de belles couleurs, et les résineux sont agréablement mélangés aux feuillus.
La descente m'a mené vers mon étape par une belle route dans les gorges de la Canche.
Jour 3
Samedi matin, j'ai été un peu bloqué à mon gîte au début de la matinée en attendant que la pluie se calme pour repartir (j'ai donc le temps de commencer ce post). Au programme, 70km pour rejoindre ma destination : Vitteaux, en Auxois. J'ai hésité entre plusieurs itinéraires mais finalement, compte tenu de la météo, j'ai été au plus rapide. Bien m'en a pris car la pluie, bien qu'intermittente a été très présente et je suis arrivé assez trempé. Heureusement, mon sous-vêtement en mérinos a joué son rôle. Aux pieds, des chaussettes de montagne, puis des sacs en plastique et enfin des Crocs. Entièrement satisfait de cette solution. Même si j'avais les pieds humides, je n'avais pas froid. Je gardais mes chaussures "normales" au sec car j'en avais besoin à destination.
Le ciel était bien bas et donc les paysages n'ont pas livré toutes leurs beautés automnales et j'ai gardé l'appareil à l'abri de la pluie la plupart du temps.
Anecdote : à la recherche d'un abri pour casser la croûte, je suis tombé sur un pot de départ à la retraite du facteur local. J'ai pu trinquer avec eux avec une bière artisanale brassée dans le coin. Sympas les gars. Ils ont même téléphoné pour essayer de trouver un endroit pour manger à l'abri de la pluie. J'ai finalement opté pour l'encadrement de la porte de l'église, juste à côté.
Reparti assez vite, j'ai rejoint le canal de Bourgogne tout près de Pouilly en Auxois.
Malheureusement, cette section est très proche de l'autoroute. Lassé de longer le canal et surtout d'entendre les voitures, je quitte ce canal pour aller vers mon but par une bonne grimpette avant de redescendre vers mon objectif et retrouver mon copain avec qui j'allais passer le week-end.
Jour 4
Le lendemain, la météo déjoue les pronostics et nous partons pour une belle journée cyclo en Auxois. Vraiment chouette. Passage par la vallée de l'Ozerain,
Source de l'Ozerain
avec de nombreux petits villages toujours riches de témoignages de la grandeur historique de la Bourgogne.
Le site de Flavigny célèbre pour ses bonbons à l'anis.
L'ambiance change de la veille, sans le bruit des voitures sur l'autoroute!
Notre détour nous fait passer par le lac de Pont, avec un côté plages de la Manche.
Semur-en-Auxois, belle ville médiévale.
La perturbation est plus tardive qu'annoncée, mais elle arrive. Nous filons de retour en empruntant la route passante sur 5 km avant de bifurquer et nous mettre plus en sécurité sur des petites routes blanches. Rouler à la tombée du jour sur route droite et passante, j'aime pas trop.
Jour 5
Je repars le dernier jour prendre mon TGV à Dijon, et j'en profite pour aller "cocher" quelques sites, (pas de coup de tampon, rassurez-vous): évidemment, comment aurais-je pu ne pas passer aux sources de la Seine? J'ai aussi repéré ce qui m'apparaît intéressant. Le Val Suzon et les Fontaines de Jouvence. J'ignorais qu'elles étaient bourguignonnes!
Me voilà parti orthogonalement par rapport aux vallées qui creusent le plateau calcaire. Montagnes russes et non pas bourguignonnes.
J'arrive à l'étape prévue:
La mise en Seine Haussemanienne ne m'excite pas trop.
Je continue vers le Sud, pensant faussement être arrivé à la LPE Atlantique - Méditerranée je dois encore grimper en faux plat pour enfinfin basculer dans le bassin versant de la Saône. Au passage, encore et toujours de beaux lavoirs.
Je bascule dans le haut Val Suzon, très très joli. Personne ou quasiment.
Aux fontaines de Jouvence, je cherche les druides mais trouve de l'eau. Beaucoup d'eau, notamment tombant du ciel.
J'entrevois les limites des pneus slick de 28. Sans conséquences.
Un petit dernier pour la route, 10 km avant Dijon:
Bien à temps pour prendre mon TGV qui accepte les vélos non démontés, jusqu'à Avignon.
Au final une très belle escapade. Surtout motivée par la rencontre amicale, j'ai pu apprécier la combinaison train + vélo, TER et TGV. On se plaint mais c'est quand même super.
Prix du billet (avec carte Libert'iO à 20€ qui donne 50% pendant les vacances et le W-E): Nîmes -Alès 5€ + La Bastide - Clermont 15€ + Clermont - Moulins 11 € (promo vacances) + TGV 65 + 10 € + TER Avignon - Nîmes 5€
Total 111 € sans la carte ou 121€ avec carte.
Sur la monture et l'équipement:
Parti avec ma Méral et mes sacoches Ortlieb Front Roller de presque 30 ans. Impeccable. Poids environ 3 kg par sacoche + sacoche de cintre + sacoche de selle. J'ai pas tout pesé mais je dirais que je suis parti avec environ 8kg plus le vélo à 13 kg environ. Le bricolage pour palier la casse de l'œillet de fourche qui tient le PB avant a parfaitement tenu (30 mn à la disqueuse).
Juste un souci: j'ai pas fait gaffe: avec la pluie et l'usure des patins, j'ai une nouvelle fois flingué un flanc de pneu à cause des Mafac qui en s'usant remontent sur le pneu en pivotant. J'avais réglé au départ mais j'aurasi du vérifier après chaque jour de pluie. J'ai réparé avec des rustines rectangulaires costaudes (sans enlever le film plastique qui expose le caoutchouc, afin de rendre plus rigide). Pas rencontré d'hernie malgré une boursouflure sans conséquence.
Sur le bonhomme, le mérinos a fait merveille en dessous du aillot cyclo à poches dans le dos et les crocs, légères et polyvalentes ont complété des chaussures basses de rando pédestre. J'avais mis des pédales plates de BMX en alu avec ergots qui ont été parfaite aussis. Pas du tout de chauffe à la plante des pieds grâce à la grande surface d'appui. Les crocs sont mes chaussons à l'étape.
J'ai énormément apprécié mon survêtement vélo que je mets au dessus du cuissard. Bien plus pratique que le cuissard long. Je peux l'enlever dès que je veux, en gardant les chaussures. Pour aller p....., pas de soucis comme avec le cuissard long aux bretelles intégrées.
J'ai aussi apprécié le blouson coupe-vent très léger en plus du coupe-vent plus épais qui résiste à la pluie.
L'hébergement:
A Clermont, chez des connaissances. Dans le Morvan, en chambre d'hôtes sympa (rustique mais bien) avec bon repas, belle flambée dans le poêle, bière et très solide petit-dej: 49€. Qui dit mieux?? A VItteaux, chez mon ami.
Au final environ 535 km et plus de montées que de descentes. Le temps a été beau au début mais moins beau ensuite. Heureusement que je suis parti la première semaine car là il fait bien plus froid.


