Je viens aujourd'hui partager dans les grandes lignes le voyage que nous avons effectué avec mon épouse durant 3 semaines cet été. N'hésitez pas à me solliciter pour d'éventuels détails.
1. L'itinéraire
Nous avons à peu-près suivi le Camino Norte des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle depuis Santander jusqu'à Ribadeo puis avons continué sur les côtes de Galice en s'inspirant de la Route des Phares de Galice, jusqu'à Pontevedra où nous avons séjourné chez des amis. Le parcours réalisé est à peu de choses près celui prévu initialement et nous avons parcouru environ 1.300 km pour un dénivelé positif total de 12.000 m. Les 2 premières semaines (de Santander à Cabo Finnistere) ont été exigeantes physiquement pour des vélos secs (très) chargés et nous avons été confrontés à une météo régulièrement médiocre (pluie quotidienne jusque vers 14h-15h puis éclaircies jusque dans la nuit. Ceci nous a conduit à prendre le train par 3 fois pour un total de quelques 100 km pour se "mettre à l'abri" ou zapper une zone peu intéressante. Le tracé est ici (merci à Angström pour son aide):
2. Comment rejoindre le départ / retourner à la maison ?
Habitant en Savoie et n'ayant "que" 4 semaines de vacances, il nous fallait trouver un moyen pratique de rejoindre Santander avec nos vélos et sacoches, et retour maison. Le meilleur compromis fût de démonter les vélos pour les mettre dans notre voiture (208) et rejoindre le parking de l'aéroport de Santander où notre auto est restée stationnée 1 mois pour un tarif correct (85 euros en ayant pré-réservé).
Pour le retour, nous avons loué une voiture de Pontevedra à l'aéroport de Santander où il nous a suffit de transférer les vélos démontés d'un coffre à l'autre avant de rendre les clés à l'agence de location et de reprendre la route pour la Savoie. Très pratique et sécurisé: une piste cyclable part du parking de l'aéroport et rejoint le centre-ville de Santander (elle va même quasiment jusqu'au camping le plus proche qui est à une quinzaine de km).
Il existe une alternative qui pourrait éventuellement convenir à d'autres personnes: certains bureaux de El Correo (= la Poste) et de nombreux bouclards proposent la prise en charge, l'emballage et l'expédition à domicile des vélos des cyclotouristes. Je ne connais pas les tarifs mais ça existe.
Enfin, pour les aficionados du train + vélo, c'est... comment dire... la snif en pire ! En effet, pour voyager sans avoir à tout démonter et emballer, il faut viser les "cercanias" (=trafic local). Il existe des lignes qui vont de Irun à Gijon mais qui passent par de nombreux tours et détours avec arrêt à la demande dans tous les villages traversés et fréquence le plus souvent limitée à un passage/jour (vaut mieux pas le louper!). De plus, c'est un autorail de 2 wagons (motrice comprise) et le nombre de vélos admis est limité (2 en théorie, jusqu'à 4 acceptés). S'il y a très peu de cyclotouristes sur ces régions (croisé une quinzaine en 3 semaines), les locaux pratiquent le VTT et utilisent ces trains le week-end: ça peut donc vite devenir galère. Quant aux trains Media Distancia, Larga Distancia ou Rapides (AVE) , il faut démonter et emballer les vélos, réserver parfois à l'avance pour le transporter et un réseau pas toujours optimal par rapport à nos contraintes.
3. Notre matériel
Nous sommes partis avec nos vélos sec de voyage - tente - popote - tenues de pluie complètes des sur-chaussures aux gants. Rien en excès, à part un scrabble de voyage que nous n'avons jamais utilisé. Pour les transmissions des vélos, j'ai choisi un lubrifiant conditions humides (le vert de chez Finish Line) et de quoi nettoyer la chaine en route (je suis un peu maniaque...): bon choix car il a effectivement fait un temps Galicien et nous sommes passés sur des chemins sableux à de nombreuses reprises. Pas de casse matérielle et juste une crevaison lente (à moins que le chambre soit devenue poreuse) sur la roue avant de mon vélo, qui nécessitait un petit coup de pompe tous les 2 jours en fin de parcours.
Du fait des conditions météo et que nous pliions sous la pluie très souvent, nous avons dormi 3 nuits dans des petits hôtels. Quand au bivouac... pas facile car les prés sont souvent pâturés et les sous-bois des forêts difficilement pénétrables. Le reste, ce sont des landes dans lesquelles il n'est pas évident de poser une tente.
Côté repas, la gastronomie de ces régions est excellente et à des tarifs tout à fait corrects. Il ne faut pas se priver des poissons, poulpe, fruits de mer... mais également des viandes et autres charcuteries, sans oublier les fromages. Vous accompagnerez ces plats de bières ou Ribeiro, Albarino ou Rioja. Quand à la pause de midi (pardon : 14h00), vous trouverez toujours un bar à raciones y tapas pour casse-croûter. Pour les cyclos se nourrissant essentiellement de barres protéinées... je ne saurais vous dire où vous fournir
4. La circulation automobile
Dans ces provinces d'Espagne, les infrastructures spécifiques pour les cyclistes sont le plus souvent limitées aux grandes villes (traversées de Santander, Avilès, Gijon, A Coruna par de belles pistes cyclables) ou sur les "paseos maritimos" en villes et villages côtiers. Les routes nationales (nous n'avons pas pu/su y échapper sur quelques rares tronçons) sont autorisées aux vélos, avec bande d'arrêt d'urgence qui est le plus souvent assez large pour circuler sans être frôlés par les voitures/camions. Les routes provinciales disposent aussi assez souvent de bandes d'arrêt d'urgence sur lesquelles un vélo peut rouler sans être trop proche des voitures. Mais surtout, surtout, je tiens à souligner (et remercier) le comportement courtois, prudent et exemplaire des automobilistes Cantabriques, Asturiens et Galiciens: ils respectent les cyclistes et restent derrière sans doubler si la ligne est continue ou si la visibilité est limite pour doubler sans pouvoir s'écarter suffisamment. Et ceci avec élégance, sans impatience et sans coller au cul du vélo. Muchas gracias !!! Nous avons voyagé en Suisse, en Bavière, en Autriche... et les Espagnols de ces régions surpassent tout ce que nous avons connu jusqu'à ce jour. Le retour à vélo sur les routes de Savoie et du Bugey a été assez stressant !
Enfin, nous avons reçu à de nombreuses reprises des encouragements ou salutations qui donnent du baume au cœur.
5. Les attraits
Je ne souhaite pas tomber dans le compte-rendu qui vire à la séquence "photos de vacances". Pour qui aime les littoraux tourmentés, les côtes escarpées, pour qui n'a pas peur de la pluie, pour qui apprécie de découvrir non seulement des territoires mais aussi les terroirs... ces régions d'Espagne peuvent être une destination de choix. Oubliez la carte postale du flamenco et de la corrida: ce n'est pas l'Andalousie ou l'Extremadura. Ces régions ont une culture plus proche des Bretons et Irlandais et leur musique traditionnelle fait appel à une sorte de cornemuse...
Asturies: entre montagnes (Picos de Europa) et océan (Mer Cantabrique) Relief peu élevé mais pentes pouvant aller jusqu'à 20%. C'est exigeant... Faro de Isla Pancha, à proximité de Ribadeo Aperçu de la Playa das Catedrais (accès avec pass téléchargé préalablement sinon vous restez sur les falaises) Tenue du matin... Prévoir des pneus type VTC. Certains passages sont isolés et sur terrain sableux. Environ une centaine de km sur chemins. Mais des itinéraires très peu fréquentés et des paysages magnifiques. Le phare du Cap le (presque) plus à l'ouest de la péninsule ibérique: Cabo Finnistere. Il a marqué la transition vers un relief plus "suave" en son sud et une météo estivale. L'un des horreo les plus grands de Galice, à Carnota (destiné à conserver les récoltes). Buen Camino a todas y todos




