Merci à tous.
Je vais vous faire un aveu, dans un champ sans voisins, on dort nettement mieux. Je m'éveillais peu après le point du jour et pliais mes affaires. En regardant mon itinéraire, j'envisageais que Urçay serait dotée d'un café et d'une boulangerie où je pourrais me poser avant de franchir le Cher et de quitter le Bourbonnay pour le Berry. Je partais donc, requinqué, traversant les superbes chênaies de Tronçais, où des chênes élancés dressent des fûts magnifiques à mes yeux d'ancien bûcheron. Quelques chevreuils croisèrent également ma route et j'arrivais tranquillement à Urçay où de café il n'y avait point. Pas grave. J'attendrais Chateaumeillant où je devais faire tamponner mon carton. Je franchis alors le Cher et après quelques efforts j'arrivais à Saulzais le Potier, charmant village comptant une boulangerie, d'une épicerie et d'un sympathique café, sur une grande table duquel se retrouvaient une bande de joyeux retraités attablés pour le café. Je pris mon café en terrasse, rejoint par deux fêtards aux yeux rougis qui déjeunaient d'un demi et avec lesquels nous fîmes causette.
Puis je repris la route, dans ce paysage de champs et de grands parc forestiers autour de chateaux et manoirs, me régalant encore de ces futaies de chênes. Arrivé à Chateaumeillant, je me réjouis d'avoir eu la bonne idée de m'arrêter à Saulzais, puisqu'il n'y avait aucun café ouvert. Je continuais à pédaler à travers le Berry quittant le Saint-Amandois pour le Boischaut que je connaissais mieux, ayant un peu trainé mes guêtres dans le secteur à l'occasion des Rencontres de Luthiers à Saint-Chartier puis au Château d'Ars. Cette campagne bocagère est superbe et mon planificateur d'itinéraire me fit prendre quelques chemins blancs pour mon plus grand plaisir.A midi, j'étais à la Châtre, profitant des services de cette petite ville pour me restaurer.
Après manger, je reprenais la route et roulais sans arrêts jusqu'à Argenton sur Creuse où je trouvais une terrasse accueillante et bondée pour me rafraîchir un peu. Je gardais encore espoir de gagner Poitiers le soir même, mais je commençais à avoir de sérieux doutes. J'avais vu que mon itinéraire me faisait emprunter une voie verte peu après Argenton, plus exactement entre Thenay et Le Blanc, afin d'éviter la D951 et sont intense trafic routier. Hélas, cette voie verte n'offre qu'une bande bitumée où il est difficile de croiser ou doubler les nombreux vélos, piétons et autres usagers. De plsu les croisements sont entravés par des barrières à peine ouvertes dont le franchissement oblige fréquemment à mettre le pied au sol et donc à beaucoup relancer. Bref, la prochaine fois, je chercherais une autre option.Vers 19h, j'étais au Blanc, où une petite supérette me permit d'acheter quelques vivres. J'abandonnais l'idée de rejoindre Poitiers, reprenait la voie verte qui relie Le Blanc à Ingrandes. Elle n'est pas terminée et prend finalement l'allure d'un chemin sablonneux enherbé. Je fis étape à Concrémiers où j'avais repéré une rivière, l'Anglin. Des toilettes publiques et leur lavabo abritèrent mes ablutions pour un bon décrassage et j'allais établir mon bivouac au bord de la rivière alors qu'il faisait encore jour.
Couché tôt, tôt levé, il faisait encore nuit quand je repris mon périple et c'est à la lumière de mon phare que je recherchais la voie verte. Après quelques tours et détours, je remis mes routes sur cette piste un peu sablonneuse. D'abord deux traces séparées par une bande enherbée, puis une seule trace au milieu de l'herbe. Approchant d'Ingrandes, la trace s'encombre de pousses d'arbres et d'épines alors que j'entends assez proche le son d'une radio. Je descends de vélo et le pousse, débouchant sur un talus barré d'épines et d'un grillage à moutons. Demi tour donc, et je finis par trouver une route. Un peu plus loin, le GPS cherche à me renvoyer sur une voie verte qui, je le découvrirais après, reprend après Ingrandes, mais je n'ai plus trop confiance et cherche à rejoindre Saint Savin par la route. La ballade est agréable mais peu après avoir passé la limite entre l'ndre et la Vienne, je m'aperçois de la crevaison de ma roue avant. Je démonte, trouve le trou et me saisis de mes rustines. Hélas, parti un peu précipitamment le vendredi, j'ai pris la boîte de rustine dans laquelle la colle était foutue. Mais prévoyant, j'avais aussi pris une chambre à air. Hélas en 26 pouces pas en 28. Le boulet!
Je suis à 6 ou 7 km de Saint-Savin, où j'ai vu qu'un supermarché pourrait peut-être vendre des rustines. Je commence à pousser, croisant un groupe de cyclos que je salue mais qui ne jugent pas bon de s'arrêter, bien que j'en entendis un dire à ses camarades que j'étais crevé à l'avant. Ces sémillants sexagénaires ne voulaient peut-être pas casser leur moyenne.
Arrivé à Saint-Savin, je trouve des rustines et m'attelle de nouveau à réparer. Un gars affairé à taper la manche entreprend la conversation. Je m'y lance et rate ma réparation une ou deux fois. Je finis par lâcher l'affaire, appelle mon pote qui me rejoint au resto avant que nous rejoignons Poitiers pour une bière à la Cyclerie Café, bouclard sympa où j'investis dans deux chambres à air. Je réparerai l'autre au calme chez moi.