Hola les zamis

J'espère que tout le père Noël a été gentil avec tout le monde. Comme j'ai été sage toute l'année, il m'a particulièrement gâtée, mais je vous raconte tout ça dans l'ordre.
Donc je suis arrivée à Cochrane et je ne vais pas vous étonner si je vous dis que ça a été magnifique. Le paysage a complètement changé et me fait penser par endroits au Pérou (il y a les mêmes plantes épineuses vertes avec des fleurs jaunes). Au début, en quittant Puerto Bertrand, on longe le río Baker, qui a eu une couleur turquoise incroyable. Ensuite on le libge longtemps, jusqu'à Cochrane je crois, mais on croise aussi d'autres ríos, dont le Chacabuco, couleur café. Il pleut, il y a des averses de grêle et du vent mais aussi de belles éclaircies, en fait ça change tout le temps. C'est désertique, il n'y a pas un chat (mais un condor). C'est génial, il y a des gorges très profondes, et comme durait l'autre, au milieu coule une rivière. Je trouve ce genre de paysage absolument grandiose (montagnes pelées avec de la neige sur les sommets, plein de plantes rases, du vent, des km et des km sans personne, j'adore. Puis j'arrive à Cochrane, un peu crevée. C'est une ville où il ne doit pas se passer grand-chose mais elle a du charme. Genre ville de cow-bous et de pionniers. Dans le supermarché on vend des lassos, des éperons, des selles, des fers à repasser en fonte, un tas de matériel agricole, des fers à cheval... Dabs l'hostal je retroyve deux jeunes cyclos bretons déjà croisés plusieurs fois. On s'entend très bien et on passe de nouveau une très bonne soirée ensemble. Il pleut vraiment beaucouo mais il paraît qu'après la pluie le beau temps. La prochaine étape, c'est Cochrane-Caleta Tortel, 120 km sans rien. Le lenddmain matin je me lance mais dans l'idée, su vu de la météo (vent vent vent et pluie pluie pluie) de juste sirtir de la ville et de tout faire en stop. Ah oui mais il n'y a pas de voitures ! Quasiment personne ne passe ! Finalement j'ai fait 70 km à vélo et le reste en stop, dans trois voitures différentes (vélo, stop, vélo, stop...). Le premier dehors à l'arrière dans un camion à bestiaux, le second à l'intérieur avec 3 pêcheurs, et le dernier, pour les 20 derniers km, dehors à l'arrière d'un pick-up, ce qui finira de me congeler). Mais heureusement, heureusement que je finalement je n'aie pas tout fait en stop ! Car j'ai encore vu une cascade sublime et des paysages grandioses, j'ai vu un putois disputer (et gagner) un cadavre de lièvre à un aigle, et surtout, surtout, j'ai eu la chance incroyable de voir un huemul, ce petit cerf de Patagonie très rare (en voie de disparition) et dufficile à voir car très craintif. C'était un moment merveilleux, j'ai eu le temps de bien le regarder (et vice versa), puis de le prendre en photo et enfin de le filmer. Et là, un /)%#}•$¥ d'automobiliste est arrivé - alors que la route est désertique quasiment tout le temps ! - et le huemul s'est enfui dans la forêt. Mais quel moment merveilleux !