mpl75 a écrit : sam. 24 juin 2017 06:31
Et j'ai horreur des idées imposées : je vérifie.
Alors là, on est fait pour s'entendre.
C'est pour cela que j'aime bien l'approche de Jan Heine, à l'origine des pneus Compass dont il est question sur un autre fil et aussi connu pour avoir relancé le 650b aux Etats-Unis (et ailleurs). C'est un scientifique passionné qui veut tout comprendre sur le vélo et n'accepte aucun a priori comme vérité sans confrontation avec 1) l'expérience du cycliste (testée en aveugle par des gens expérimentés) 2) la science. Ses positions irritent car elles remettent souvent en cause des dogmes issus des services de
propagande communication des fabricants installés pour qui l'essentiel est de générer la demande pour des produits formatés chers mais peu coûteux à fabriquer pour dégager les marges colossales nécessaires pour arroser en marketing et supporter des coûts de distribution exorbitants afin d'atteindre les volumes qu'exige un tel modèle économique.
Pour ceux qui comprennent l'anglais, je vous conseille l'interview/échange entre Jan Heine et le Directeur Technique de Cannondale au sujet de la corrélation enter rigidité du cadre et performance.(introduction à lire sur le blog de Jan Heine
ici et podcast en question
ici
Depuis l'arrivée des cadres alu et encore plus depuis le carbone, l'idée communément admise était qu'un cadre rigide, bien que moins confortable, était nécessaire pour obtenir un rendement maximum. Selon une théorie (non vérifiée) mais acceptée par tous car intuitivement évidente, un cadre souple serait moins performant car l'énergie du cycliste passerait dans la déformation du cadre au lieu de la propulsion.
Or Jan Heine a été le premier à remettre cette théorie en cause. Dans cette interview, le directeur technique Cannondale reconnaît, non sans une certaine gêne, qu'après des années passées à tenter de démontrer qu'un cadre rigide offre un meilleur rendement qu'un cadre moins rigide (pour étayer l'argumentaire marketing mettant en avant les produits de leur marque), il est désormais convaincu
qu'il n'existe pas de corrélation entre rigidité du cadre et rendement.
La raison? tout simplement, car l'énergie passée dans la torsion du cadre n'est pas perdue (transformée en quelle énergie, d'ailleurs? thermique, frottements?), elle peut être rendue en force de transmission par ce cadre, dans certaines conditions (très difficiles à réunir et même à définir). Il explique comment des coureurs pro préféraient leurs cadres acier aux nouveaux cadres plus rigides que leurs sponsors leur demandaient d'utiliser. L'acier n'était pas plus efficace, juste pas moins; mais plus agréable, procurant de meilleures sensations.
Jan Heine a aussi démontré que la rigidité, en transmettant plus les vibrations dues aux aspérités du revêtement, est un facteur de
perte d'énergie. Il est du coup tout à fait facile d'expliquer pourquoi des cadres acier de plusieurs dizaines d'années d'âge sont encore tellement agréables et performants. Grâce à tout ce travail, on assiste à un renouveau du 650B, des cadres acier, etc.
Passionnant non? (en tous cas pour les gens comme moi qui ont besoin de comprendre; on se fait souvent mal voir en n'acceptant pas les nouveautés sans éléments tangibles. On me traite de passéiste assez souvent).
La découverte reste bien le plus bel objectif. Et Bienvenue dans le Jura, je suis Salinois de naissance.
J'ai fait un tour de qq jours en cyclo-camping dans ta région en 2013 (photos
ici). Je l'aime beaucoup, en toutes saisons.
Salins-les-Bains
