Celles et ceux qui me connaissent savent bien que le vélo n'est pas la seule de mes passions...
entre autres il y a le Jazz. Même antérieure à celle du vélo : lorsque étant apprenti, j'avais investi mon argent de poche de 15 jours pour acheter mon premier disque 78 tours, je n'avais même pas encore de vélo...
Chris Barber
Je serais fort étonné que dans ce forum où nous sommes nombreux à avoir passé le demi-siècle, il ne se trouve personne à qui ce nom ne dise quelque chose : dans les années 60 tous les juke-box contenaient au moins un de ses disques à succès : The Entertainer, Down by the Riverside...
Le Festival de jazz traditionnel de Lenk dans l'Oberland Bernois
se déroule chaque année au mois de juillet. Et ce samedi 16 juillet, devinez qui est au programme ? Chris Barber...
Mais, en plus, le dernier concert, celui du dimanche, sera assuré par un des meilleurs orchestres suisses du moment. Celui que je préfère, et, depuis que je les suis à peu près partout, nous sommes devenus des amis : Le Charles, qui vient « en » vélo.
Depuis quelques années, c'est devenu une de mes randonnées préférées : je vous en ai déjà parlé avec celle de la Grande Scheidegg en 2013, et « Marina et le Dutch Swing College Band » l'année passée.
Lenk, c'est un cul-de-sac, dans le paysage magnifique de falaises au pied du Wildstrubel (3244m). On n'y accède que par une seule route depuis Zweisimmen... vraiment
Il y a une alternative pour les marcheurs et VTTistes : le col de Hahnenmoos (1950m). Carrossable par une petite route goudronnée depuis Adelboden, la descente sur Lenk est un chemin empierré avec une pente abominable au début : 300 m de dénivellé sur 2 kms !
Après ce préambule vous avez certainement compris où je veux en venir ?
Toujours à la recherche de nouveaux itinéraires, le projet 2016 devait partir de Soleure et rallier Adelboden par l'Emmenthal , le col de Schallenberg et Thoune. Le tout sur 3 jours, le matin du dernier étant consacré au passage du col de Hahnenmoos pour être sur place pour le premier concert le vendredi.
Mais la météo pourrie de la semaine dernière a failli tout faire rater... heureusement, les prévisions étaient favorables pour la fin de semaine. Donc j'ai élaboré un plan B : zapper le premier jour, et avec l'aide des CFF démarrer directement à Thoune vendredi matin.
Ainsi fut fait. Une série de 3 RER me dépose à Thoune à 7h45. Sans être mauvais, le temps n'est pas terrible et il fait assez froid. Cette région urbaine est envahie de routes rapides, de jonctions d'autoroute, de banlieues industrielles... mais j'ai soigneusement tracé sur la carte au 100 000 un itinéraire devant me mettre à l'abri de toutes ces misères. Puis confié le dossier à « Monsieur Garmin » avec mission de me guider dans ce dédale... mission qu'il remplit parfaitement comme d'hab !
Petites routes très peu fréquentées voire désertes : avec quelques surprises comme par exemple traversant près de Spiez le site de collecte et valorisation des déchets biologiques de toute la région: des montagnes de compost. Les nuages s'écartent peu à peu et j'arrive à Frutigen sous le soleil : allègement de tenue parce qu'à partir d'ici les choses sérieuses vont commencer. De toute cette entreprise, la partie que je craignais le plus était la montée vers Adelboden, parce que c'est une route importante, la seule.
Circulation il y eut certes... mais pas insupportable. Un vendredi entre 10 heures et midi, ce n'est pas une heure de pointe; et puis j'ai profité d'un puissant coup de main de Messire Eole qui remontait la vallée, gommant du coup un ou deux pourcent de la pente !
Midi pile je suis au centre d'Adelboden. Un gars sur un VAE engage la conversation... Il s'intéresse à mon vélo et il a l'air de connaitre !
Je traverse le village à la recherche d'un coin pour le pique-nique – sieste ; ne trouve rien à ma convenance et commence à m'inquiéter, lorsque après un virage apparait un petit hôtel-restau, avec un menu du jour à l'affiche... devinez la suite ? Bien retapé et rassasié, il est temps d'aborder LE grand moment de cette journée : le Hahnenmoos. Il reste 500 m à gravir, sur environ 7 kms, donc rien de terrifiant. Effectivement, le pourcentage est très correct, environ 7-8%, la route étroite mais en très bon état et la circulation est restreinte par une interdiction assortie d'autorisations ... bref un péage qui ne dit pas son nom ! Mais, le fait est que si je ne suis pas seul sur la route j'y suis bien tranquille, jusqu'à une station inférieure de télécabines. A partir de là cela se gâte : pas les voitures, interdites maintenant, mais la pente. 12 à 15%, avec deux raidillons à 20% auxquels je dois faire les honneurs de la pousse :
La descente de la Mort ! Chemin pierreux sur 2 kms. Au début pente honnête, quelques 10%. Et puis on passe la vitesse supérieure : ma bulle est bloquée en butée à 20%. Je n'ai guère le loisir de surveiller ses variations, car de loin en loin des rigoles en tôle barrent le chemin en diagonale, il faut impérativement prendre la bonne trajectoire pour les franchir sans dégâts. Si mes pneus 650 x 32 ne semblent guère impressionnés, les patins de freins crient leur désespoir... Au point que je n'ai nul besoin de sonnette pour avertir les rares marcheurs que je croise ou dépasse, et qui me regardent avec étonnement...





