Au
petit matin (vers 9h et quelques, j'en avais bien besoin !), je peux faire quelques photos et profiter des environs.
D'abord le refuge (20 places officiellement, ça fait serré) :

(un vélo est caché dans cette image, saurez-vous le retrouver ?)
Le magnifique petit chemin qui longe la falaise qui donne sur le Diois :
Puis je rebâte la bête, passe un coup de balais, et reprend le chemin boueux, bien plus simple de jour, jusqu'à arriver au bassin où je peux nettoyer le vélo (la boue fait frotter les roues contre les garde-boue) :
Je remonte sur le vélo et rejoins rapidement Vassieux où je peux acheter des vivres et me faire confirmer que les routes sont toutes ouvertes (c'est un gros problème dans le Vercors, avec les éboulements les routes peuvent être fermées de façons inopinée et durable). Je ne suis pas pressé et j'en profite pour choisir les petites routes, tranquilles et pleines de charme.
Juste après Vassieux ce sont des tout petits champs ponctués d'affaissements (les joies du calcaire) et de tas de pierre accumulées par des générations successives de paysans. Puis la route suit de petites rivières qui serpentent tantôt dans des champs tantôt dans des gorges.
Puis je m'arrête pour manger. Je souffre de la chaleur, j'ai dû mettre mon maillot à manches longues pour couvrir mes coups de soleil de la veille. Le vent m'agace même s'il n'est pas trop défavorable. On peut voir les lourds jets d'eau éparpillés par les bourrasques :
Puis c'est la descente, très agréable, vers la Balme de Rencurel, je m'arrête au pont de la Ghoule Noire :
Après la Balme je remonte en direction du col de Romeyère, pas très haut, mais le début est bien raide :
L'eau se fait rare, je regrette de ne pas en avoir pris au dernier village, je passe le col (1074m) sans réserve. Je profite de la descente pour admirer le paysage qui a encore changé :
De plus en plus escarpé :
De plus en plus charmant (en tourisme à vélo) :
Juste après il y a le tunnel qu'on peut imaginer derrière l'ancienne route sur cette photo :
La route, peu pratique et dangereuse a été condamnée et un tunnel a été percé juste derrière. Attention, n'y allez pas si vous n'avez pas d'éclairage décent ! Le tunnel est long, étroit, et complètement obscur (non éclairé et tortueux, pourtant j'ai une bonne vue de nuit et suis plutôt téméraire), sans éclairage c'est y aller à tâtons tout du long avec le risque qu'un voiture surgisse à tout instant, ne soyez pas stupide.
Je termine ma descente à Saint Gervais village où je trouve enfin de l'eau au cimetière. Celui-ci est très typique, petit et perdu au milieu des noyers :
Un dernier regard sur les forêts escarpées du Vercors et je prends la voie verte qui rejoint rapidement (c'est tout plat) Grenoble :
Enfin rapidement c'est vite dit, il fait chaud en fond de vallée (je suis toujours en cuissard et manches longs), et le vent de face forcit au fur et à mesure que je me rapproches de Grenoble. L'eau commence à manquer (ces malins se vantent d'avoir fait 35km de piste cyclable continue, mais pas un seul n'a pensé à faire un point d'eau !), je fatigue, m'épuise, mais je tiens jusqu'à arriver à bon port, prendre une bonne douche bien méritée (et un peu de Biafine).
C'est fou les dépaysements qu'on peut vivre en moins de deux jours !