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Vallée des Jarres

Auteur : Michel Corand




A l’image des Bonzes qui chaque matin, partent porter la foi et la bonne parole aux fidèles, nous reprenons nous aussi notre route. Pas de prêche, mais une éternelle bonne humeur et au gré des rencontres dans le groupe, quelques conversations ou échange d’impressions sur ce surprenant pays et son mode de vie.
Nous abordons la partie la plus montagneuse du voyage et de ce fait, la plus difficile avec deux grandes étapes de 190 Kms et plusieurs cols.
Bien qu’il soit possible d’effectuer une partie de ces difficiles étapes en bus, pratiquement tout le groupe met un point d’honneur à effectuer la totalité du parcours à vélo.
-Peur du jugement du voisin ou de la voisine ?
-Besoin de se hisser au niveau du copain ?
-Sursaut d’orgueil ?
-Meilleur découverte des paysages ?
-Difficile de savoir !!!!
L’arrivée à Phonsawan met tout le monde à égalité. En référence au jargon cycliste, la plus part sont « cuits, cramés, carbonisés » mais tous heureux de cette magnifique étape.
-N’essayez surtout pas de comprendre comment fonctionne un cyclotouriste, trop difficile !
Si cette étape a été particulièrement difficile, ce fut une des plus belle.
-J’ai coutume de dire que les plus belles choses se méritent, c’est toujours d’actualité.

Pour la récupération, nous avons une demi journée de repos, deux fois 10 Kms pour la visite de la plaine des Jarres.
Vaste plateau à 1200 mètres d’altitude, cette région n’offre pas d’intérêt touristique majeur, excepté une grande concentration de jarres sur plusieurs sites.
-Comment ont-elles été faites, avec quel outil ?
-Comment sont-elles arrivées sur ce plateau ?
-A quelle époque ?
-Pourquoi précisément à cet endroit ?
-Quelle était leur utilité ?
A ces questions, aucun savant n’a encore apporté de réponse précise.
Il est vrai que ce plateau, encore très dangereux en raison des nombreuses munitions actives éparpillées dans toute la zone ne passionne pas les archéologues. Quant au gouvernement Laotien, il a actuellement d’autres priorités économiques.
Ces jarres, de forme parfaite, très bien taillées sont de taille imposante. Le poids moyen par jarre est de 600 à 1000 Kg, la plus imposantes pèse 6 tonnes
Cette vaste plaine des jarres restera tristement célèbre dans l’histoire en raison des bombardements intensifs du conflit Américano-Vietnamien.
Phonsawan, point central du plateau à 1500 mètres d’altitude a été totalement détruite par les bombardements entre 1968 et 1975
Bien qu’en dehors de la zone des combats, cette région du Nord Laos procommuniste (Pateht-lao) a ouvert ses frontières aux Nord Vietnam et avec la piste Hô Chi Minh en territoire Laotien a permis au Vietnam du Nord d’alimenter en hommes et matériels la rébellion au sud Vietnam.


Devant cette nouvelle stratégie Vietkong, les Américains ont alors bombardé toute la région nord du Laos sans se soucier des accords internationaux.
Le plus insoutenable, est que les B52 après leur raid sur le Nord Vietnam devaient impérativement vider leur stock de bombes non utilisées pour avoir la certitude de rallier en toute sécurité leur base éloignée en Thaïlande
Ce largage s’effectuait sans discernement au dessus de la plaine des jarres.
Encore aujourd’hui, les énormes cratères des explosions sont visibles dans toute la région.
Il est tombé en moyenne sur cette plaine une bombe toutes les 8 minutes pendant 9 années, soit 20 tonnes de bombes au Km2 ce qui représente 1 tonne par habitant…..
Si l’on tient compte que 30 % de cet arsenal n’a pas explosé, rien d’étonnant à ce qu’il y ait encore aujourd’hui, en moyenne 25 morts par an dans les rizières.
(Les itinéraires de visites sur les sites sont délimités et formellement conseillés pour éviter tout accident)
Après cette incursion dans la plaine des jarres, une visite très intéressante sur le plan historique et contemporain en raison des événements tragiques qui ont marqué toute cette partie du Sud Est Asiatique (Nous sommes très proche du site de Dien Bien Phu Vietnam, autre lieu tragique), nous reprenons notre voyage, cap plein sud sur la capitale Vientiane.


Cette deuxième grande étape est égale à la première, difficile et superbe tout au long du parcours. La fin du trajet avec la descente sur Kasi (30 Kms) est radicalement différente avec les montagnes en pain de sucre, si particulières à cette région.

 

 

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