EgaregEtKristell a écrit : mar. 26 sept. 2017 17:00
Il met surtout en opposition les "chiffres" qui font rêver sur les magazines et dans les publicités et l'"efficacité" sur les routes réelles.
Oui et non. Il parle surtout (dans cet article) du lien (et de l'absence de corrélation) entre "chiffres qui font rêver sur les magazines", "efficacité sur les routes réelles" et "plaisir" sur les machines (vélos et voitures).
Son approche est (selon moi) intéressante car il ne se contente pas de dire "c'était mieux avant", il essaie de focaliser l'effort et l'amélioration sur ce qui apporte un résultat tangible envers l'"efficacité sur les routes réelles" et "plaisir" sur les machines".
Cette approche est radicalement différente de celle des leaders de l'industrie du cycle qui est fondée sur le gain économique, lui-même reposant sur le triptyque
renouvellement - augmentation de la valeur unitaire - rentabilité (marge).
Jusqu'ici, ces leaders ont donc joué quasi exclusivement sur
- l'innovation issue de la compétition (si c'est bon pour Froome c'est bon pour moi) "imposée" par la publicité
- sur le poids des vélos
- sur la segmentation des offres (créer plein de types de vélos différents qui augmentent les chances qu'un client en achète plusieurs).
Il est d'ailleurs à noter que ce sont rarement les leaders qui inventent les nouveaux usages (et donc élargissent le marché). Le VTT n'a pas été inventé par les leaders et on pourrait donner tout plein d'exemples. Ceci se voit dans le fait que le marché du VAE a été créé par des fabricants spécialisés. Les gros vendeurs ne s'intéressent aux marchés que quand ils peuvent faire du volume sur des articles vendus chers (le fameux "segment à valeur ajoutée").
A l'opposé, Jan Heine essaie de comprendre ce qui influe sur le plaisir de rouler et sur la performance, d'identifier ce qui marche et pourquoi ça marche, éventuellement améliorer ce qui peut l'être. Contrairement à ce que sa passion pour "l'âge d'or de la bicyclette à la française" laisse penser, il reste objectif sur les faiblesses des vélos historiques et les avantages des innovations modernes de l'industrie du cycle. Mais il prend un postulat inverse des leaders du secteur: ce qui est ancien est peut-être très bien. Il essaie de comprendre avant de rejeter.
Mais fondamentalement, même si toutes ces discussions sont intéressantes, il faut quand même reconnaitre qu'il ne parle pas très souvent de prix. Il s'adresse à un micro-marché qui aligne les billets de 1000$ pour assouvir une passion, avec quasiment un principe de base: la construction artisanale. La plupart d'entre-nous sommes très loin de négliger l'aspect de prix. Il n'a jamais dit combien devrait coûter le vélo du concours si il devait être vendu au tarif normal.
Donc forcément, sans inclusion de cette variable, les comparaisons sont un peu difficiles. Il a parlé de 350k$ pour la Porsche, donc même si les vélos n'iront pas à ce niveau, j'imagine que le prix du Weigle est largement > 10.000$
EgaregEtKristell a écrit : mar. 26 sept. 2017 17:00
Ce qui m'embête, c'est qu'avec l'aluminium et le carbone, les constructeurs n'arrivent pas à faire plus léger que l'acier pour un concours.
Il y a encore des progrès à faire dans ce sens.
J'arrive à une conclusion inverse. Si l'acier qui a des qualités importantes démontrées arrive à être moins lourd que le carbone et l'alu, pourquoi chercher plus loin?
La réponse à cette question tient probablement aux aspects économiques, à la longévité et à la solidité. Je crois (mais je ne suis pas un spécialiste) qu'il doit être très difficile (et cher) de réaliser un cadre carbone léger et robuste pour tenir le cahier des charges et le côté cassant du parcours du concours.
L'aluminium et le carbone ont des avantages pour les leaders du cycle: ils savent faire des cadres légers en quantités industrielles. La courbe des coûts de production sur les modèles plus légers ne suit pas celle des prix de vente: des coûts de production marginalement supérieurs permettent des prix de vente largement supérieurs. A l'inverse, les cadres acier très légers doivent nécessiter des coûts de production élevés pour pouvoir les délivrer en quantités. Ca ne les intéresse pas.
Pour info, quelqu'un m'a dit qu'un VTT Topbike (Carrefour) coûte quelques dizaines d'Euros (<50€) (livré en magasin).Le cadre <10€, les pièces< 20€, le transport environ 5-10€ et la main d'oeuvre qq €. Le reste = profits pour les industriels chinois. Leur unité de vente est le conteneur.