Hier je terminai un petir raid de deux jours.
J'ai décidé de prendre deux jours pour un petit raid en vélo. Je voulais effectuer une boucle au départ de chez moi. Hors à portée de vélo en une petite journée, il y a l'Abbaye de Hautecombe nichée au bord du Lac du Bourget et qui est un site du Brevet des Provinces de France pour le département de la Savoie. Juste au-dessus, il y a un col à attraper, le Col du Chat. Et pendant qu'on est là un BIG (Brevet International du Grimpeur), le Relais du Mont-du-Chat. Et pour le retour, pourquoi ne pas passer par l'Ain pour deux BPF, Bénonces et Izernore. Et franchir quelques cols.
Je pars vers 6h30 jeudi matin. La désormais traditionnelle montée sur Les Piards par Châtel-de-Joux puis jusqu'aux Prés de Valfin avant de plonger sur Saint-Claude. Alors que je descendais la route, je vois 3 cyclistes en sens inverse, un enfant, devant et un barbu derrière tirant une remorque. Sa tête est loin de m'être inconnue puisque c'est mon pote Manu accompagné d'un de ses fils et de son neveu qu'il raccompagne chez sa mère après avoir réparé son vélo. Ben oui, faut bien le tester.

. On papote un peu et je repars. À Saint-Claude, malgré les promesses de soleil de Météo France, j'essuie une petite averse. Si ça peut retarder les chaleurs annoncées, ça m'arrange. Pour sortir de Saint-Claude, si on ne suit pas la vallée de la Bienne, c'est pas dur, il faut grimper. Je prends donc la direction de Belleydoux, par le col de la Croix de la Serra. C'est un col facile aux pourcentages réguliers entre 5 et 7% pendant une douzaine de kilomètres.
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Descente sur Saint-Germain de Joux où je retrouve la D1084 qui n'est pas le genre de route que j'apprécie. J'achète de quoi casse-crouter chez un épicier antipathique et raciste (à la question d'un client racisé il répond par la négative, avant de marmonner "t'es pas chez toi ici", douce France) et repars direction Bellegarde. Je me tape alors 6km de départementale où des gros abrutis me font comprendre en me rasant à pleine vitesse que je n'ai rien à faire ici et qu'il est hors de question que je sois un obstacle à leur sacro-sainte liberté de rouler comme des gros connards. Il y a heureusment des exceptions comme ce chauffeur routier de Super U qui me double dans les règles de l'art (et le respect du code de la route). J'ai cru remarquer que les routiers se comportaient souvent de façon responsable. Il faudra que je revoie mon itinéraire pour rejoindre la Savoie, même s'il est difficile d'éviter Bellegarde et que les solutions ne sont pas légions dans les régions accidentées où les passages les plus "naturels" (donc sans gros dénivelé) sont squattés par une automobile qui occupe une grosse part de l'espace et qui ne souhaite le partager avec aucun autre usager fragile.
Je la quitte sans regret pour rejoindre Seyssel.
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Un peu avant d'y arriver, je découvre l'usine électrique de la CNR (Compagnie Nationale du Rhône) sur les murs de laquelle s'affiche fièrement un slogan qui sent bon la première moitié du siècle dernier : " Le Rhône au service de la Nation".
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J'arrive à Seyssel où j'emprunte la piste cyclable de la Via Rhona et déniche ainsi un endroit agréable pour une pause en bord de fleuve.
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Il me reste 30 km avant d’atteindre l'Abbaye de Hautecombe. Dans une épingle, sur un parking, j'aperçois un cycliste à l'arrêt, la roue avant de son vélo démontée. Je lui demande s'il a besoin d'aide. Il a crevé, puis a pincé sa chambre à air de rechange en tentant de la remonter. La déchirure est importante et il a mis l'autre à la poubelle. Mes chambres sont trop grandes pour son vélo. Je tente une réparation avec une rustine, mais ça ne marche pas bien. Un cycliste lui donne une chambre à air, mais la valve est trop courte pour ses jantes profilées. Nous nous apercevons alors que sa crevaison est due à un fond de jante déchiré. Pas la peine d'insister plus. Après presque une heure, il ne lui reste plus que le stop. Il me promet une bière pour me remercier, je lui dit que c'est bon, c'est juste normal, mais il insiste, il me la portera dans le Mont du Chat. J’atteins rapidement l'Abbaye, obtiens un coup de tampon à la boutique où j'achète du chocolat, peu disposé à m'encombrer d'une des nombreuses bondieuseries offertes aux porte-monnaies des touristes. Je ne traîne pas trop, l'Abbaye est plus belle avec du recul qui l'inscrit dans son cadre.
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Je reprends la route qui fait le tour du lac, direction le Col du Chat. Il faut fournir quelques efforts pour s'élever à l'aplomb d'Hautecombe, mais ensuite la route est en balcon offrant de jolis points de vue sur le lac et les montagnes qui le surplombent.
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Au hameau du Col du Chat (FR-73-0633), je tourne à droite pour un aller retour d'un petit kilomètre à ce passage naturel au pied de la Dent du Chat. Détail amusant, au moment où j'arrive au sommet, un chat se balade tranquillement en bord de route. Le propriétaire des lieux sûrement.
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le maître des lieux
C'est pas le tout, je dois maintenant descendre en direction du Bourget d'où démarre l'ascension du Mont du Chat. Arrivé au pied, je ne trouve pas de fontaine te mes bidons sont vides. Heureusement une dame me les remplit. Je vais en avoir besoin, le Mont du Chat c'est assez simple, 1250 m de dénivelé en 12.5 km. Le calcul est vite fait, c'est du 10%. Plutôt régulier comme je vais le découvrir. C'est ce qu'on peut appeler un gros morceau. J'attaque mon effort, sans mettre tout à gauche mais presque. Je n'ai pas assez roulé cette année, j'emporte quelques bagages qui augmentent le poids du vélo, et le pilote n'est pas vraiment à son poids de forme (plutôt en forme de ballon présentement, foutus apéros estivaux). Heureusement la montée est forestière et ombragée, et quelques trouées permettent d'admirer parfois le paysage. À la borne annonçant que je suis à 8 km du sommet, je fais une pause pour manger quelques noix. Une voiture passe à ma hauteur et s'arrête. C'est mon naufragé à bicyclette qui arrive avec une glacière. Et qui m'offre une bière. 50 cl quand même. J'aurais préféré la prendre au sommet, mais je suis poli. On trinque, on papote un peu. Un père et son fils de 14 ans arrivent à leur tour. Bien courageux ce petit. Nous nous croiserons plusieurs fois au gré de nos arrêts lors de cette terrible ascension. Je repars. Après quelques kilomètres, je sens bien que cette bière n'était pas l'idée du siècle. Je finis tant bien que mal à parvenir au relais entre chiens et loups.
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Une petite photo et je pars m'attabler au bistrot et commander un perrier. Je verrai si je peux manger, mais pour l'instant, j'ai un peu la nausée. Je finis par aller évacuer le trop-plein (la tablette de chocolat noir acheté à l'abbaye). Ça va mieux, je bois mon verre et décide de suater le repas qui ne passera pas. Je descends prudemment dans la nuit en direction de Yenne. Un peu avant Saint-Paul, je m'arrête dans un cimetière pour prendre de l'eau. La chapelle est ouverte et ferait un excellent lieu de bivouac. Hélas, je ne trouve pas d'eau dans le cimetière, je poursuis donc. J'en trouve un peu plus loin, mais j'ai la flemme de faire demi-tour, d'autant que ça remonte. Je poursuis et à Saint-Paul je trouve un abri-bus où étendre mon couchage au pied d'un exercice d'auto-congratulation dont est si friand l'ex-shérif du Puy qui sait si bien mettre l'argent du contribuable d'Aura au service de ses ambitions personnelles. Mais ne nous énervons pas, il faut dormir.

Vers 5h30 réveil. Départ dans la foulée. Je suis rapidement à Yenne où j'ai la surprise de trouver un bar ouvert et l'autre en instance de l'être. Hélas, les boulangers sont moins matinaux. Je profite de la terrasse pour leur permettre d'ouvrir. Une fois avalé une tarte aux pralines et un croissant aux amandes, je prends la direction de Belley par les Gorges de la Balme. Après Belley, m'attend mon premier col de la journée, le Col des Fosses (FR-01-0745). C'est un col plutôt facile mais je ne suis vraiment pas en jambe. J'apprécie l'ombre, et aussi de belles trouées qui permettent d'admirer la dent du chat, mais aussi, même si le soleil du matin les masque un peu, le Mont Blanc, la chaîne de Belledonne, les Bauges....
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Arrivé à hauteur du lac d'Ambléon, c'est un plateau forestier, entrecoupé de prairies et tourbières. Puis je perds un peu d'altitude pour rejoindre Bénonces par une route bucolique en balcon qui longe les reculées.
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Bénonces est un site BPF, mais il n'y a plus de commerces et la mairie est fermée. La validation se fera donc par la photo du vélo devant le panneau du village.
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Qui marquera le début de mon ascension vers le col de Portes (FR-01-1010a). J'en ferai une petite moitié avec un cycliste qui se retournera pour cause de tendinite. Presqu'au sommet, dans un portion à 11%, je me fais dépasser par un cycliste sérieusement affuté qui roule comme une balle. Je me dis qu'il fait sûrement le challenge des Toqués (qui consiste de la monter de 2 à 6 fois dans la même journée par une des 10 ascensions différentes). Je le recroiserai d'ailleurs plus tard, ce qui confirmera mon hypothèse. Belle descente où l'on peut apercevoir les méandres du Rhône et la centrale du Bugey. Juste avant Souclin, je quitte la route qui descend vers le Rhône pour attaquer les deux kilomètres de montée qui me sépare du col de Fay (FR-01-0680).
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Il commence à faire très chaud. J'échange quelques mots avec un motard contemplatif qui me change un peu des furieux qui doublent en rasant au plus près pour soigner au mieux leur trajectoire, tout en n'oubliant pas de faire vrombir leur échappement libéré dont leur casque les prive de l'enivrante mélopée qu'il délivre à mes oreilles délicates. Le traceur a décidé de couper le virage de Cleyzieu en me faisant rejoindre Mont de Lange par Dorvan. Les 3 km en moins ne sont pas gagnés, tant cette route abandonnée est cabossée, ce qui est un doux euphémisme. À midi, je suis à l'intermarché de Saint-Rambert en Bugey où je fais quelques emplettes pour me restaurer. Je trouve ensuite un parc un peu ombragé près de la gare pour faire une pause. Je préfère attendre un peu avant de repartir en direction du col des Pézières (FR-01-0800). Après une petite sieste et un café au troquet, il est près de 15 heures quand j'attaque la grimpette. Le début est commun avec le col d'Evosges.
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les routes se séparant après le très joli village d'Oncieu. Le soleil est haut dans le ciel et je trouve finalement peu d'ombre. Je passe ensuite Aranc et bifurque direction Nantua juste avant Corlier. Passage du Golet du Tillet (FR-01-0784) puis descente rapide jusqu'à Maillat par la D12. Il est à peine plus de 17 heures quand j'arrive à Izernore, BPF de l'Ain, village rue pas très intéressant à mon goût. J'ai envie d'une glace, mais le seul commerce que je trouve pour faire tamponner mon carton est une boulangerie qui n'en a pas. Je prendrai un gateau aux fruits exotiques et de l'eau gazeuse. Et c'est reparti direction Matafelon et son col (FR-01-0475). Un peu avant de commencer les deux kilomètres de montée qui doivent m'y conduire, j'avise un bar-hôtel-restaurant où je pourrais enfin manger une glace, dans la pelouse face au lac de Samognat. Passé le col de Matafelon, la vue est plutôt jolie sur les reliefs déchiquetés et broussailleux qui entourent le cours empêché de l'Ain.
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Je le franchis sur le barrage de Coiselet pour longer le lac du même nom.
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Puis c'est la montée vers Cernon, en passant près du barrage de Vouglans.
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Onoz, La Tour du Meix et Pont de Poitte pour arriver enfin chez moi. Après une journée de vélo à la moyenne ridicule de 16km/h. Au total, 350 km de vélo pour 6000 m de D+. Et de jolis souvenirs malgré la peine.