Salut,
CYCLOHC a écrit : mer. 31 août 2022 21:34
Je suis impressionné par le minimalisme de vos sacoches Yoann et toi...
C'est que c'est bien rangé

La sacoche guidon fait plus de 12 litres et pèse 4 kilo (sans la bouffe). La sacoche de selle fait 1 kilo. Avec les deux bidons on est à 6,5kg.
Troisième journée. Mercredi 24 août 2022.
Il est cinq heures, le réveil de Joann sonne. J'ai un peu mieux dormis que la veille...
En une petite heure le bivouac est plié et la quiche restante de Valloire vient combler mon estomac vide...
À six heures, en route ! En repassant à Novalesa les bidons sont remplis. La route s'incline tout de suite et moins d'un kilomètre après le départ il faut déjà tomber les tenues chaudes...
La montée est magnifique, elle se lance dans une longue série de lacets, à mesure que nous prenons de l'altitude le jour se lève sur un paysage grandiose...
Par contre la pente est là, rude, quasiment toujours au dessus de 10%. À l'arrivé à Moncenisio je fais une halte au niveau d'une fontaine bienvenue. Joann arrive quelques instants plus tard surpris par les forts pourcentage mais ravi par la beauté de l'endroit...
Joann arrive quelques instants plus tard...
À la sortie du petit village la route devient légèrement descendante. Au bout de cinq kilomètres elle rejoint la SS-95, accès principal du Col-du-Mont-Cenis...
À cette heure matinale, il est sept heures et demi, cet ancien gros axe routier entre l'Italie et la France est très calme. La montée est moins plaisante mais la pente y est beaucoup plus douce...
Un peu avant la frontière un message de Pierre me dit qu'il est à Bonneval-sur-Arc et qu'après une pause il se lance à l'asseau du Col-de-l'Iseran. Bien, nous voilà rassurés...
L'arrivé en France est un peu étrange, une longue ligne droite en replat, où je peux même remettre le cinquante-dents, bordées par deux parois abruptes qui longent une espèce de barrage. De curieux bâtiments abandonnés, une impression franchement inhospitalière...
Heureusement une belle série de lacets permet enfin de s'élever et de quitter cette sordide tranchée...
Maintenant les rayons du soleil inonde la route. Au hasard des virages j'aperçois mon compagnon un peu plus bas. Vu qu'il monte bien, je décide de filer vers le sommet et de l'attendre en haut...
De nombreux parking jonchent le bord de la route et encore une fois je suis surpris par le nombre impressionnant de camping-car...
Le lac est maintenant en vue. La route monte encore un peu puis se stabilise plus ou moins autour de 2100 mètres avant d'atteindre un petit groupement de commerces. Le premier est le bon, un bar, où je bois un bon grand café installé en terrasse pour ne pas rater mon collègue...
Joann arrive rapidement et s'arrête à mes côté dans un grand bruit de ferraille, ses freins arrière semblent bien usés...
Avant de partir il ne faut pas oublier l'indispensable coup de tampon qui valide notre passage à se premier contrôle de la journée...
Après quelques kilomètres de faux-plat descendant et un nouvel arrêt photo au Col-du-Mont-Cenis la route plonge maintenant pour dix kilomètres de descente vers Lanslevillard, petite station mauriennaise.
Un nouvel arrêt photo au Col-du-Mont-Cenis...
La boulangerie du village est bondée. Nous choisissons de faire nos courses plus loin. Joann repère un providentielle magasin de sport où il peut acheter un jeu de plaquette pour ses freins arrières...
À la sortie de la station la route s'incline de nouveau pour gravir l'autre Col-de-la-Madeleine, bien moins costaud que son homonyme du premier jour, trois kilomètres et demi de long avec des passages avoisinant les 9%. Une fois cette difficulté passée c'est un nouveau faux-plat de qui nous amène rapidement à Bessans, royaume savoyard du ski de fond et du biathlon...
L'autre Col-de-la-Madeleine...
L'indispensable pause boulangerie est mise à profit pour un peu de mécanique, tout en mangeant un morceau les freins de Joann sont remis à neuf !...
L'arrêt est malgré tout assez court. À midi moins dix Bonneval-sur-Arc est rejoint. C'est le départ de la deuxième ascension du jour. Le plein des bidons est fait et nous filons à l'asseau du géant, le Col-du-l'Iseran, le plus haut col Alpin (2764m)...
La montée est assez courte, treize kilomètres, elle se découpe en trois parties. La première, plutôt raide, pour s'extirper de la vallée de l'Arc, la deuxième, assez irrégulière, dans un joli petit vallon et la dernière, où l'altitude dépasse les 2400 mètres avec des pourcentages assez forts. Vu que Joann va bien je décide de faire la montée "à ma main" et sans arrêt...
À une heure et quart le sommet est atteint. Comme souvant, une foule compact de badauds "selfistes" interdit l'accès au panneau sommital. Je fais une photo du lieu de manière à ce qu'il soit reconnaissable car, étonnamment, tous les commerces du col sont fermés. La photo servira au contrôle...
La photo servira au contrôle...
Je me couvre, me pose un peu à l'écart et attend mon collègue en mangeant une part de quiche...
Joann arrive à deux heures moins quart...
Au moment de partir je suis félicité par un cyclo britannique au sujet de ma randonneuse, il tient absolument à me prendre en photo ce qui amuse beaucoup mon camarade jurassien...
Sans traîner nous plongeons dans la longue descente vers Val-d'Isère. Là, une terrasse de bistrot nous accueille pour une réhydratation devenue plus que nécessaire. Mon collègue en profite pour joindre Pierre. Il a bien roulé, il est à Sainte-Foy-Tarentaise en train de s'envoyer un plat de lasagnes ! Quand l'appétit va tout va !...
Avant de repartir j'informe Joann sur la dangerosité des fameux tunnels que nous allons emprunter pour quitter la station. Ma tactique : À fond !...
Les tunnels...
La descente jusqu'au Lac-du-Chevril se passe bien. Une pause photo est faite avec vue sur le lac et sur la Grande-Motte, emblème de la station de Tignes. Mon compère en profite pour manger un peu. Il a raison, la journée n'est pas fini, il nous reste un joli morceau pour ce soir, un autre "2000", le Col-du-Petit-Saint-Bernard...
Après le barrage, la route descend maintenant franchement et malgré la circulation la descente est plaisante. Je sais qu'après le petit village de la Tuile il ne faut pas rater l'embranchement à droite, raccourci appréciable pour rejoindre Montvalezan puis la D-1090, route du col...
Il fait chaud et cette petite route est irrégulière et parfois très raide. Nous restons ensemble jusqu'au croisement avec la route principale puis reprenons chacun notre rythme...
La Rosière, sympathique petite station savoyarde, est rapidement traversée. Je fais une pause pour attendre mon cyclo-jurassien et pour passer un coup de téléphone à Pierre que nous n'avons toujours pas rejoint. Pas étonnant, notre collègue belge à choisit de faire l'impasse sur le Petit-Saint-Bernard, il descend vers Bourg-Saint-Maurice... Bon...
Le col est à sept kilomètres et il reste trois cent mètres de dénivelée, le calcul est vite fait et Joann, bien décidé à en terminer rapidement, prend la tête et imprime un rythme d'enfer que je peine à suivre... Soudain, à deux kilomètres du but, la "chaudière" de mon camarade explose et la vitesse tombe de quinze à huit kilomètres par heure ! Profitant lâchement de la situation j'arrive au sommet en solitaire avec quelques hectomètres d'avance...
le Col-du-Petit-Saint-Bernard...
La joie est de mise, c'est une belle étape réalisée aujourd'hui, Mont-Cenis, Iseran et Petit-Saint-Bernard, il faut arroser ça ! Malheureusement le bar du col ferme... Nous fonçons à l'Hospice-du-Petit-Saint-Bernard, il ferme aussi... J'espérais y passer la nuit mais les tarifs pratiqués sont un peu élevés pour deux cyclos de notre acabit ...
Le cap est mis sur la Rosière...
Là, après un essai infructueux à la terrasse d'un troquet nous passons à la terrasse voisine où un sympathique patron s'occupe de nous. Le repas se fera là en grignotant des frites et du poulet et en sirotant quelques bières...
Joann, qui est bourré de ressources, a la capacité de rendre intelligent son "stupidophone" et nous dégotte une possibilité de couché dans un chalet deux places au camping de la station !...
Il est huit-heures moins quart, nous réglons l'addition, sautons sur nos montures et dévalons les deux kilomètres pour rejoindre le camping en un temps record...
Il reste un chalet de libre !...
La nuit se fera dans un lit après un bonne douche...