Etape 2 : Valdeblore - Tende. 100 kms, 2600 m dénivellation.
Bien dormi, même pas mal aux jambes !!...C'est reparti.
La journée s'annonce rude, mais me réserve de belles sensations....
J'en termine avec le Col de la Colmiane, toujours sous un ciel bien gris...paraît-il que ça doit s'arranger...
Au col, c'est une petite station de ski en chantier peu photogénique qui se révèle. Je ne m'y attarde pas et plonge vers la Vésubie. La Vallée du Boréon est bouchée, je ne pourrai pas apercevoir les Cimes du Mercantour et du Gélas, juste en face moi. Petit approvisionnement casse-croûte à St Martin Vésubie, puis me dirige vers la suite des difficultés du jour : Col de Turini.
Là encore, c'est solitude garantie !...Lorsqu'on pense au tintamarre que doit connaitre ce lieu au mois de janvier, lorsque a lieu le Rallye de Monte-Carlo !
J'enchaine à mon train-train de sénateur (il est encore là lui ?

) et arrive aux 1610 mètres d'altitude du col...où je retrouve un autre chantier !!...décidément, j'étais bien, tout seul dans ma grimpette.
Casse-croûte tiré du sac, puis c'est la magnifique descente forestière sur Sospel. Toujours aussi seul, je croise un Cyclo lorsque j'entends brâmer les cerfs. Dans ces lieux, la sensation est immense et le confrère Cyclo en est tout autant ému !!
Après un nombre incalculable de lacets j'atteins Sospel, petite ville pimpante que je traverserai pour m'attaquer au "facile" Col de Brouis. Sur la carte Michelin, elle est notée "à grande circulation"...ce ne sont pas plus de quatre ou cinq autos que j'aurai rencontré sur les deux versants.
La descente sur Breil sur Roya me réserve une autre surprise, et de taille !!...
...Dans cette immense solitude, j'entends soudain un hurlement...puis un autre dans un autre vallon...je stoppe, et prête l'oreille...puis deux, puis trois, dans des vallons différents...à d'autre endroit, on pourrait penser à un élevage, mais là...!!...?
Je rencontre un monsieur qui, impassible fait son bois...je m'arrête, et le questionne..."ben quoi ? ce sont des loups...il y en a plein par ici !!..."
Après les cerfs, les loups...vraiment un pays extraordinairement paumé, pourtant Dieu sait si le département des Alpes Maritimes est peuplé !
A l'approche de Breil sur Roya, j'ai une vue plongeante sur la ligne ferroviaire Nice - Cuneo, d'une hardiesse technique incomparable avec ses viaducs, tunnels en spirales qui élèvent ce train jusqu'à Tende puis jusqu'aux 1000 mètres d'altitude du tunnel ferroviaire.
Ce train est une prouesse technique, dont les travaux de construction se sont échelonnés de 1883 à 1928. Malheureusement, de nombreux ouvrages d'art ont été détruits pendant le débarquement de la deuxième guerre mondiale. La reconstruction a été achevée en 1979, mais de fréquents travaux le rendent souvent inutilisable. C'est pourtant un énorme facteur de désenclavement de la Vallée de la Roya, fort peuplée, et une communication superbe vers l'Italie.
A partir de Breil, finie la solitude !! c'est un manège incessant de poids lourds qui transitent à grande vitesse vers l'Italie

un véritable coupe-gorge, sans aucun échappatoire. Il y a même un tunnel de plus de 600 mètres de long que je traverserai avec la plus grosse inquiétude...je préférais les loups du Col de Brouis !!!
Enfin, j'atteins Tende après de multiples frayeurs. C'est vraiment dommage qu'une aussi belle vallée, avec de superbes gorges profondes, soit parcourue à une telle vitesse par autant de circulation ! Il y aurait réellement des progrès à faire, en France, avec le train...mais la SNCF ne connait que le TGV...Le calcul de rentabilité mène à notre perte des vraies valeurs humaines !
L'accueil à l'Hôtel du Centre sera tout aussi agréable que la veille...et un bon Tartare de Thon (

) récompensera des efforts fournis !
Sommeil garanti ! Heureusement, la nuit, aucune circulation tapageuse ne s'est manifestée dans la vallée.