Etape 2, Vendredi 29 Juin :
Ce matin, la vue depuis ma chambre est beaucoup plus rassurante que celle d'hier soir : le beau temps est de retour ! Je vois donc, en face, le Vallone di Marmora qu'il me faudra grimper tout à l'heure, lorsque je serai redescendu dans la vallée.
J'arrime tout mon matos, dernières salutations aux Aubergistes très heureux - l'Italie s'est qualifiée hier soir pour la finale UEFA foot !! et les autres touristes avec qui j'ai passé la soirée étaient Allemands....Beaux joueurs, ils étaient aussi très heureux !! (je crois que, en fait, tout le monde s'en foutait pas mal !

).
Je plonge donc dans cette vertigineuse descente sur Ponte-Marmora, en rive gauche d'un étroit et profond torrent tumulteux. La rampe est souvent à >15%, les précipices impressionnants, la route étroite...des plaques commémoratives de car et voyageurs malheureux y avaient fait des plongeons !! Rencontré absolument personne jusqu'en bas.
J'atteins la route de la valle Maira, superbe vallée qui descend depuis le Massif du Chambeyron vers Cunéo. La haute vallée y reçoit une importante fréquentation touristique, notamment à Acceglio (Hôtels, Campings). Altitude 930 m, je repars à la montée vers Ponte Marmora pour aller garvir la Valle Marmora vers le Colle de Faunière....
COLLE DE FAUNIERE 2450 m : alors là, c'est compliqué ! vous ne trouverez le nom nulle part, ni sur les cartes, ni même sur les pancartes !!! La dernière "Michelin" le nomme Colle del Vallonetto...c'est écrit nulle part, en réalité ! Sur place, à Ponte-Marmora puis à Marmora vous verrez des pancartes indiquant : Colle d'Eisichie. Ce col est, en fait, celui qu'il faut franchir avant le Colle del Vallonetto (ou Faunière) et qui permettrait de redescendre directement en vallée vers Cunéo par le Val di Grana (en passant, notamment près du magnifique sanctuaire de Castelmagno..région célèbre pour son excellent fromage...) mais, pour aujourd'hui, ce ne sera pas l'objectif...
Attention juste avant Marmora de ne pas partir à droite vers Canosio...c'est mal indiqué et vous redescendriez ensuite dans la vallée !!
On va donc effectuer une grimpée de 21 kilomètres, en forêt, puis en alpages fleuris en compagnie des marmottes uniquement...pas une auto !! Colle d'Eisichie 2300 m, monument dédié à Fausto Coppi. Ne pas descendre, mais poursuivre la montée encore 1 kilomètre pour atteindre le graal : Colle de Faunière 2450 mètres, rendu célèbre au Giro d'Italia par Marco Pantani qui y avait signé une superbe page et gagné le Giro !
Je n'ai point d'idôle, n'ai aucune origine Italienne, mais ai une admiration particulière pour cet immense Campionnissimo que fut "Le Diablo" : quel panache ! Les journalistes et la gloire l'ont pourri, mais il fut immense ! Les cyclistes transalpins disent : "En Italie, il y a le Pape et Pantani"....
Je connaissais ce col par ses deux autres versants (Demonte par le Val d'Arma, et Caraglio puis Castemagno par le Val di Grana). Le versant du Val di Grana est le plus difficile, avec de longs passages à 17% et le reste qui ne vaut guère moins !). Mais, le plus beau est celui que je viens de gravir...en fait, les trois versants sont superbes, le cyclo (bien préparé, toutefois) y trouvera tout son bonheur (paix, paysage, faune, flore, performance sportive éventuellement).
Donc, ce col bénéficie de plusieurs dénominations : Colle de Faunière, Colle de Valcavera, Colle del Vallonetto, Colle del Morti....en fait, plusieurs petits passages géographiques le font dénommer différemment....il faut suivre !
Casse-croûte dans les alpages sous le col, dans la descente.
La longue descente sur Demonte demande de la prudence, notamment avec les marmottes dont le jeu est de vous déboucher brutalement devant la roue !!
DEMONTE 700 mètres d'altitude: petite ville proche de Cunéo sur la route du Col de Larche (Colle della Maddelena pour les Italiens). C'est le seul endroit où l'on peut lire un panneau indicateur vers le Colle de Faunière !
Je retrouve la fournaise, mais le temps reste au beau. Hélàs, les nombreux poids lourds de cette route internationale me pourrissent un peu ma quiétude, mais cela va se calmer à Vinadio où une importante plateforme de Transports Internationaux est implantée.
Puis la remontée vers Argentera se fera sans encombre si ce n'est la très forte consommation d'eau

!
Je m'étais fixé de chercher un hôtel à partir de 16 heures. Pile poil entre Pontebernardo et Bersezio je trouve mon affaire, sur la gauche, petit hôtel sympa. Tout va bien.
90 kms parcourus, 2100 m de dénivellation gravis. Bière récompense

douche et..sieste !
Le soir, je me lâche !! :

Apéro, vin à table (ça c'est comme d'habitude !

) bon repas excellents fromages, desserts mixtes notamment avec Pena Cotta...Grappa

....J'ai dû récupérer plus de calories que je n'en avais dépensé !!!...On n'a qu'une vie !

et, comme m'avait dit un Grand Champion Triathlète Américain que j'avais, un jour, accueilli : "Dans un grand feu, tout brûle !"
...suite, et fin, à venir...!