Cyclotourisme et VAE

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Cyclotourisme et VAE

Message par AngstromCyclo » ven. 3 août 2018 08:32

Comme vous le savez, nous avons parcouru 500 km entre Auvergne et Agenais par le Périgord la semaine dernière. Cette année, le changement a été fulgurant. Dès que des personnes nous voyaient avec casque et sacoches qui nous rendaient identifiables comme cyclistes, y compris quelques fois à côté de nos vélos, on nous demandait si on voyageait "à vélo" (ça se voyait), sous entendu pour eux, en vélo électrique (la question était pour le confirmer). Il est vrai que nous avions choisi cette année de laisser la tenue vélo chez nous: pas de maillot cycliste, cuissard boxer sous short "normal" donc on ne risquait pas de nous croire égarés du tour de France comme la plupart des cyclos habituels.
C'est un changement radical.
Il ne faudra pas longtemps pour que tous les nouveaux touristes à vélo utilisent de tels vélos, laissant les seuls cyclotouristes aguerris, pratiquant depuis longtemps, utiliser ces machines incongrues seulement mues par la puissance musculaire. Le commun des mortels comprendra qu'on fasse du cyclosport et de la compétition sur un vélo "humain", mais trouvera incongru qu'on fasse du tourisme sans AE.

J'espère que ce changement brutal sera assez vite compris par les créateurs de vélo-routes car celles-ci se concentrent aujourd'hui sur des itinéraires longeant de larges rivières permettant de trouver les routes ou l'espace pour tracer ces itinéraires. Je trouve que c'est dommage de se limiter alors que tant de jolis points de vue, de villages pittoresques sont accessibles après un peu de montée. Il me semble qu'avec les développements disponibles sur les vélos de voyage actuellement, cette auto-censure est non-fondée; avec les VAE elle sera complètement stupide.

Pour compléter avec des exemples, entre Brioude et Brantôme (soit 5 premiers jours sur 9), nous n'avons vu aucun voyageur à vélo et seulement de très rares cyclos (même au Pas de Peyrol, nous n'en avons vu qu'1).
A Brantôme, les 1ères sacoches. Il a fallu attendre le camping de Bergerac en bord de Dordogne où un groupe de 3 cyclos sacochards anglais a campé à côté de nous, une allemande en route pour Compostelle, puis un anglais en solo (donc nous étions les seuls français). Puis encore au Café Vélo d'Agen, plusieurs groupes en voyage le long de la Garonne.

L'effet vélo-route médiatisé joue à plein, venant confirmer ce qu'on lit partout, l'infrastructure c'est bien mais sasn mettre le paquet en marketing, l'argent est gaspillé. Une belle vélo-route avec 2 somptueuses passerelles à plusieurs millions d'euros financées sur fonds européens le long de la rivière l'Isle n'était empruntée que par des cyclistes locaux. Pas de voyageurs. Et je ne parle pas de la vélo route qui passe le Cantal (par le Puy Mary). Elle existe sur la carte et il y a plusieurs panneaux mais personne dessus.
Quand je vois le réseau secondaire dont on dispose, la formidable variété d'itinéraires possibles en les empruntant, le développement des GPS de routage automatiques, je ne peux m'empêcher de penser que de dépenser des millions pour aménager des centaines de km d'itinéraires super balisés sera vite inutile, et qu'il vaudrait mieux se focaliser sur l'aménagement des points noirs que sont les entrées et sorties de moyennes et grandes villes. Plusieurs municipalité font un vrai effort pour recréer des sanitaires propres pour accueillir tous les touristes, quel que soit leur moyen de déplacement. C'est très bien.


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Re: Cyclotourisme et VAE

Message par RoueLibre » ven. 3 août 2018 17:03

AngstromCyclo a écrit :
ven. 3 août 2018 08:32
...Quand je vois le réseau secondaire dont on dispose, la formidable variété d'itinéraires possibles en les empruntant, le développement des GPS de routage automatiques, je ne peux m'empêcher de penser que de dépenser des millions pour aménager des centaines de km d'itinéraires super balisés sera vite inutile, et qu'il vaudrait mieux se focaliser sur l'aménagement des points noirs que sont les entrées et sorties de moyennes et grandes villes. ....
Oui et non. Quand on voit la stupidité qui prévaut dans l'attribution des permis de construire qui fait que pour la majorité de nos concitoyens il n'est pas illogique de construire à 30Km de son lieu de travail, histoire que le chien ait une piscine, il faut en bout de chaine organiser la circulation des cyclistes. L'absence d'organisation du territoire conduit les automobiles qui vont "s'installer au calme" à privatiser tout le réseau routier et transforment lors de leurs périples trajets boulot/dodo, courses, re-courses, cours de musique des gamins, dentiste, activités diverses et variées le moindre chemin communal en rallye du tour de Corse. En plus aucune amélioration n'est envisageable car 10 ans après dans cette même famille il y a 4 voitures par famille au lieu de 2...
L'avantage de ces itinéraires cyclables c'est qu'ils peuvent permettre aux cyclistes de rappeler aux automobiles les règles du 1m50 s'il y quelques panneaux. Il est vrai que cela fait un petit peu "réserve d'indiens" et que de nombreux automobiles voudraient que l'on soit exclusivement parqués dans des réserves mais compte tenu de l'évolution "tout auto" je crains qu'il faille en passer par là. Il y aurait une solution assez radicale qui serait le litre d'essence à 10€ ou supprimer la possibilité d'option des frais réels pour le fisc pour ceux qui ne trouvent que des avantages à s'installer loin de son lieu de travail mais là .... Nicolas HULOT sera premier ministre.
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Re: Cyclotourisme et VAE

Message par AngstromCyclo » ven. 3 août 2018 19:13

Ta réponse est intéressante mais sasn pousser autant que toi la réflexion sociétale et en me fondant uniquement sur mon expérience, je suis moins pessimiste que toi.

Mon constat est le suivant, après 550 km roulés en 9 jours (plus les autres, qui ne disent pas grand chose d'autre):
1) Le réseau routier français a été finalement bien structuré:
- autoroutes: leur rôle: aspirer le plus de voitures possibles en donnant un avantage gain de temps significatif et une facilité d'orientation (et de conduite donc de sécurité) à ceux qui les empruntent
- axes nationaux majeurs non autoroutiers lorsque le besoin existe mais le volume de véhicule ne justifie pas l'énorme infra des autoroutes (en rouge sur cartes IGN) ils sont fortement aménagés et totalement inadaptés à la pratique de la bicyclette quelle que soit cette pratique
- axes régionaux importants; assez proches des précédents, ils sont du ressort des collectivités locales (région ou département)
- axes locaux importants: on arrive sur le réseau "jaune" départemental. Ce sont des axes utilisés par les habitants pour se rendre au boulot ou pour l'activité économique. Ces routes ont (selon les départements) été toutes "redressées", élargies, rabotées. Quand c'est nécessaire elles bénéficient de déviations dasn les zones urbaines. Je vais m'épancher un peu sur cette catégorie.

Pas mal de cyclos-sportifs les utilisent car elles permettent de bonnes performances, elles sont larges. Perso je les trouve très barbantes et surtout très dangereuses, malgré (ou à cause) des élargissements qu'on a fait dessus. La limitation à 80 est un enjeu pour ces routes car elles ont subi tellement d'aménagements qu'on peut aisément y rouler à 90 km/h, sauf relief particulier. Mais le problème est que beaucoup de gens y roulent beaucoup plus vite que 90!. Beaucoup d'opposants à la limitation de vitesse à 80 et particulièrement les motards ne respectaient pas du tout les 90 et ils râlent principalement car en baissant de 10 km/h la vitesse nominale, on descend de 10 km/h la limite au-delà de laquelle les grands excès de vitesse sont déclenchés! Les conséquences pour les contrevenants sont autrement plus lourdes et c'est cela qui les gêne!
Désormais je considère qu'un cyclotouriste ne devrait pas normalement emprunter ces routes (évidemment, on a le droit et on a souvent de bonnes raisons d'y rouler et il y a des cas particuliers notamment en montagne où la topographie fait que les départementales jaunes sont souvent les seules à permettre des vrais itinéraires). Le trafic y est plus soutenu car on a donné à ces routes suffisamment d'avantages pour que les conducteurs fassent des détours pour les emprunter, au lieu de choisir la route la plus directe si celle-ci passe par des petites routes. Ces routes sont aussi très chaudes en été pour le cycliste car 1) il y a plus de bitume (largeur) et 2) l'ombre de la végétation y est plus rare. Comme déjà dit, elles sont rasoir car le terrain est de plus en plus "raboté".
- les petits axes locaux (communaux): leur rôle est de connecter le tissu d'habitat, de fermes, de champs, de forêts, etc. En France nous avons l'énorme avantage d'avoir un tel réseau d'une extrême densité et qui offre, la plupart du temps, un itinéraire alternatif très agréable aux axes locaux importants décrits plus haut. Bien entendu, on y trouve des chauffards et le risque n'est pas nul de se faire accrocher, ou renverser c'est certain. Mais pour moi, le cyclotouriste est parfaitement à sa place sur ce réseau. La qualité du revêtement y est moindre, certes. Mais si on a les bons pneus et un cadre confortable, pas de soucis. En fait on y voit assez peu de cyclos accros aux perfs car ces routes, indiscutablement, sont moins rapides, ce qui contrarie les accros à Strava. Nous sommes là dans l'univers des "routes blanches", souvent ombragées, permettant de rouler en se parlant voire en roulant à 2 de front (les oreilles en alerte pour entendre les voitures arriver et se remettre l'un derrière l'autre), permettant de s'arrêter pour grappiller quelques groseilles, d'observer de jolies cours de fermes et traverser des villages ou hameaux pittoresques.

2) résoudre les problèmes là où ils se posent avec le plus d'acuité: aux sorties d'agglomérations
Pour revenir au sujet, je ne vois pas l'intérêt d'investir massivement sur des itinéraires supplémentaires réservés aux vélos avec ce dernier réseau communal formidable. A la condition qu'on puisse le rejoindre sans se faire écharper en sortant des agglomérations par les axes principaux ou en se perdant dans les zones industrielles, commerciales ou pavillonnaires des périphéries des villes, petites, moyennes ou grandes. Pour moi l'effort spécifique à la circulation cycliste doit porter dans ces parties de territoire (les centre-villes sont de mieux en mieux pris en compte, avec de grandes variations évidemment).

3) aider les municipalités à rendre leur territoires accueillant aux cyclistes (et autres touristes)
En procurant des sanitaires corrects, des points d'eau et des tables de pique-nique, ça change beaucoup de choses. Pareil avec les petits commerces ou les multi-services. Comme le disaient très justement Manouche et Kita, les offices du tourisme ont aussi une place importante pour ouvrir leur territoire à nous, touristes lents qui recherchons de petites choses pour agrémenter notre voyage, satisfaire notre curiosité de leur histoire locale, leur patrimoinde vernaculaire. Les touristes en voiture cherche les grands sites, les lieux régionalement connus genre cité de l'Espace, Vulcania et j'en passe. Sur les routes, un lavoir dont la particularité est expliquée agrémente notre journée et satisfait notre curiosité. Si nous sommes sur un vélo, c'est que nous sommes sensibles à ce genre de choses. Sinon, on serait dasn notre SUV climatisé!!
Pour faire tout cela, on n'a pas besoin d'un itinéraire "labellisé" vélo, avec des côtes aux pourcentages vérifiés, des fléchages partout ... et des panneaux 1,50m !!


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Re: Cyclotourisme et VAE

Message par RoueLibre » ven. 3 août 2018 20:44

AngstromCyclo a écrit :
ven. 3 août 2018 19:13
....En France nous avons l'énorme avantage d'avoir un tel réseau d'une extrême densité et qui offre, la plupart du temps, un itinéraire alternatif très agréable aux axes locaux importants décrits plus haut.....
Ben le problème c'est que les bagnoles sont comme l'eau des rivières lors des crues. Lorsqu'elles trouvent un obstacle elles prennent une autre route.
De fait dans un rayon de 30km autour de Grenoble il n'y a plus de réelles routes blanches à l'heure de la fermeture des bureaux.
En l'espace de 5 ans j'ai vu une route quasiment empierrée avoir un trafic de plus de 5 voitures à la minute.
Dans le même genre d'idée je ne sais pas si tu es arrivé à Bergerac par la rive gauche de la Dordogne. C'est une route blanche qui est en fait une route pavillonnaire sur 15km et le moyen de locomotion préféré des autochtones est bien sur la voiture.
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Re: Cyclotourisme et VAE

Message par AngstromCyclo » ven. 3 août 2018 21:07

RoueLibre a écrit :
ven. 3 août 2018 20:44
AngstromCyclo a écrit :
ven. 3 août 2018 19:13
....En France nous avons l'énorme avantage d'avoir un tel réseau d'une extrême densité et qui offre, la plupart du temps, un itinéraire alternatif très agréable aux axes locaux importants décrits plus haut.....
Ben le problème c'est que les bagnoles sont comme l'eau des rivières lors des crues. Lorsqu'elles trouvent un obstacle elles prennent une autre route.
De fait dans un rayon de 30km autour de Grenoble il n'y a plus de réelles routes blanches à l'heure de la fermeture des bureaux.
En l'espace de 5 ans j'ai vu une route quasiment empierrée avoir un trafic de plus de 5 voitures à la minute.
Dans le même genre d'idée je ne sais pas si tu es arrivé à Bergerac par la rive gauche de la Dordogne. C'est une route blanche qui est en fait une route pavillonnaire sur 15km et le moyen de locomotion préféré des autochtones est bien sur la voiture.
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Ce que tu décris sur Grenoble est tout à fait vrai et illustre ce que je veux dire: le problème de la cohabitation est surtout lié aux villes. La géographie/topographie de cette ville qui a connu un fort développement économique depuis 1968 exacerbe le problème de toutes les métropoles en fort développement.
C'est pareil à MOntpellier.

Pour Bergerac on est arrivé par le Nord. On en a bavé avec les solides raidars qui passent par Ste Foy les Vignes avant de descendre sur Bergerac! :chaleur


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