Traversée des Monts d'Auvergne : la rando vélo des grands espaces.

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AngstromCyclo
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Traversée des Monts d'Auvergne : la rando vélo des grands espaces.

Message par AngstromCyclo »

Chaîne des Puys, Monts du Cézallier, du Cantal et Aubrac; du 16 au 22 juillet nous avons parcouru une partie de la traversée du Massif Central, à notre sauce. Sur 350 km de Volvic au Nord nous avons roulé presque plein Sud jusqu'à la Canourgue, dans la vallée du Lot, qui marque une frontière géologique et climatique à partir de laquelle le Massif Central passe au calcaire donc aux causses.

Notre objectif, alors que la canicule assommait la France, était de rester au maximum au-dessus de la cote 1000, ce qui fut le cas en très grande partie. Seules les descentes dans les vallées de l'Alagnon et de la Truyère non loin de St Flour (et celle du Lot, à la fin) nous obligèrent à passer en dessous. Du coup, nous avons réussi à échapper à la canicule, en tous cas les nuits (11°C au réveil au bivouac de St Flour), aidés en journée par le vent qui a soufflé assez fort le jour de la traversée du Cézallier, de face mais qui nous a bien ventilés.

C'est un parcours magnifique. Comme je l'indique dans le titre, cette itinérance est unique (en France) par les paysages de grands espaces qu'elle nous offre à longueur de journées. C'est loin d'être plat. Nous grimpions environ 700 à 800 m par jour pour des étapes dépassant un peu les 50 km. Rien d'exceptionnel mais nous étions chargés comme pour toutes nos bambées cyclo-camping, sans compromis avec nos "éléments de confort".
Nous avons panaché les nuits en camping municipal, en aire naturelle et en bivouac. La nuit la plus coûteuse était à 15,60€, et l'aire naturelle d'Espinchal (63), 9,40€.

Pour la première fois dans une de nos bambées, nous avons passé 2 nuits au même camping, au Mont Dore, car je voulais grimper au sommet du Puy de Sancy. C'était une chouette balade qui offre elle aussi des points de vue exceptionnels. Elle commence au niveau de la source de la Dordogne (nous avons laissés nos destriers, sans sacoches, à côté de la gare du téléphérique toute proche). Ceux qui me connaissent par ce forum savent que je poursuis un objectif personnel original : celui de grimper à vélo au plus près de la source des fleuves et rivières qui ont donné leur nom à un département français. J'ai donc coché la Dordogne lors de ce voyage.
Je vous la fais donc un peu en mode "roman photo".
J1: Volvic - Le Mont Dore
Départ de la gare de Volvic. La veille, nous avions rejoint Clermont-Ferrand par la splendide ligne de feu "Le Cévenol" à travers les Cévennes et les gorges de l'Allier au départ de Nîmes. Commencer à Volvic au lieu de Clermont nous permettait de commencer le voyage plus au Nord, partie de la chaîne que je ne connaissais pas vraiment et faisait gagner quelques centaines de mètres de D+. Appréciable avec le temps chaud de cet été.Image
En fait, nous avons été surpris de trouver une température parfaite pour démarrer dasn d'excellentes conditions.

Nous empruntons des petites routes et même quelques chemins pour éviter ponctuellement une grosse route. La campagne est bien verte ici.
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Nous passons à côté de Vulcania, puis à l'Ouest du spectaculaire Puy de Dôme.
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Ca monte et monte encore jusqu'au lac de Cervière, splendide lac volcanique où nous aurions bien piqué une tête pour nous rafraîchir, mais c'est une réserve naturelle et c'est donc interdit.
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Goûter savoureux.
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Beaux paysages et cours de géologie à ciel ouvert.
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Le soir, camping au Mont Dore.

J2: Boucle au Mont Dore et ascension du Puy de Sancy.
J'avais choisi de partir avec des sandales de randonnée DKT et des pédales BMX plates sur ce voyage pour pouvoir aussi faire cette rando pédestre. Bon choix. Modèle à 40€, il est suffisant pour ce type de rando et à vélo c'était parfait. Il faut juste penser à la crème hydratante anti crevasse sur les pieds car j'en ai eu rapidement. Heureusement, les crèmes sont efficaces et en quelques jours c'était fini. J'avais complété ces sandales par des crocs, très utiles au camping et surtout pour se baigner en rivière ou en lac pour éviter de se blesser sur les cailloux. Elles servent aussi lorsqu'il pleut car je les chausse alors avec des chaussettes. Je sais, c'est un gros "fashion faux pas" comme me le diront mes nièces mais les crocs sont très légères.
Vue du sommet vers le Sud avec les Monts du Cézallier que nous traverserons en J4, ainsi que les Monts du Cantal, au fond.
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Pas de carton à tamponner pour moi. Juste une photo souvenir de mon passage à la source de la Dordogne, en réalité le confluent de 2 torrents, le Dore et la Dogne.
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J3: Le Mont Dore - Espinchal
Etrange phénomène subi en démontant notre tente ce matin. Après un réveil frisquet à l'ombre, nous sentons au même moment et subitement avec mon épouse une vague d'air chaud. La canicule nous rejoint là et à cet instant. Dommage, pensons-nous car nous allons commencer la journée par une remontée à l'Ouest du Sancy. En fait, dans les vallons blottis dans la forêt, nous trouverons encore des poches d'air froid, qui, avec l'ombre des épicéas qui nous entourent, nous préservera pendant une bonne partie de la matinée. Nous débouchons ensuite sur le plateau Sud du Sancy que nous gardons en vue dès que la route s'échappe d'un vallon.
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Après une longue pause casse-croute et sieste à l'ombre et exposée à une gentille brise, nous reprenons la route pour Egliseneuve d'Entraigues, là où l'inénarrable Patrick Plaine se prend un orage carabiné dasn le film "Roule Toujours" (à voir absolument pour ceux qui ne connaissent pas; dispo sur le net en visionnage libre). Baignade divine sous l'une des cascades.
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Nous arrivons à l'aire naturelle de camping d'Espinchal où nous avions prévu de faire étape. Un ancien camping municipal déclassé pour cause de zone inondable qui continue sa vie comme aire naturelle. 9,60€ perçu au passage de la receveuse, vers 20h30, une femme très gaie et sympathique qui remplit soigneusement le carnet à souche pour nous donner le reçu lorsque retentit le klaxon du boulanger itinérant. Il tombe à pic. Outre le pain et les croissants pour le lendemain, nous lui achetons un délicieux chèvre frais qui nous combleras pour ce dîner assez frugal. C'est aussi ça le plaisir de ces voyages à vélo: les rencontres improvisées, les achats de spécialités locales à des commerçants totalement impliqués dans une mission commerciale, certes, mais également de service au public.

J5: Espinchal - Neussargues
Lever tôt pour pouvoir rouler le plus possible avant les trop grosses chaleurs. Jusqu'au dernier moment, nous hésiterons sur l'itinéraire car le vent est déjà soutenu et la météo annonce un fort vent du Sud aujourd'hui. Notre plan et grosse envie était de passer par les monts du Cézallier, mais ils sont dénudés et hauts: ils nous exposeraient au maximum au vent pile dans le pif. L'autre option est de redescendre puis de remonter vers Allanche, par une route assez importante donc large et passante. Plus raisonnable mais cela amputerait d'une étape qui avait largement motivé le choix de cette région pour notre voyage. Nous serons fous. La raison n'est pas toujours conforme à l'idée qu'on s'en fait: nous choisirons de grimper à 1400 m proche du sommet du Cézallier.
Le début est pourtant un peu difficile car la viennoiserie avalée au petit dej, très bonne a du mal à être digérée par ma cyclote.
Pourtant, les paysages sont juste magnifiques, grandioses dasn la lumière du matin.
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Nous gagnons les estives où prés de fauche alternent avec pâturages.
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Les arbres se font plus rares, cantonnés aux combes et vallons ce qui nous expose au vent. Mais le bonheur est intense, autant que l'effort pour hisser nos montures par delà les côtes aux pourcentages taquinant quelques fois les nombres à 2 chiffres.
Catherine grimpe avec courage mais lentement à cause de ses problèmes de digestion, ce qui me donne du temps pour me retourner et contempler le terrain parcouru depuis 2 jours: au loin le Sancy, l'amer remarquable de notre navigation sur ces hauts plateaux, continue d'assumer son rôle. Il rétrécit à mesure que les volcans cantaliens grossissent et prennent le relais, légèrement dans le Sud-Ouest.
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Nous pénétrons dans le département du Cantal, accueillis par la reine de ces terres au port altier, la Salers.
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Dans une combe précédent la dernière montée vers Montgreleix, nous ferons une pause pour permettre à la digestion de ma cyclote de se faire sans concurrence. Tout est calme. Aucun cyclo; de rares, très rares voitures de paysans. Je m'assis à terre et très vite, suis intrigué par des bruissements dans les taillis bordant la route où nous avons stoppé nos vélos: j'observe avec l'émotion et l'émerveillement du petit garçon que je n'ai cessé d'être les allées et venues d'une belette. Quelle rapidité! Quelle vivacité! Elle m'a vu, bien sûr, mais ne s'en soucie guerre car je reste immobile, contrairement à elle qui ne tient pas en place. Par ici, par là! Elle disparaît derrière un tronc puis réapparait, fait le chemin inverse une énième fois. Joue-t-elle? Chasse-t-elle? Je ne le saurai pas. J'arrive tant bien que mal à prendre quelques photos. Aucune ne sera nette car mon compact n'est pas assez rapide pour elle.
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C'est du cyclotourisme lent, super slow, même. Celui qui me convient le plus, finalement. Je ne suis plus la goutte qui glisse rapidement le long du papier glacé, traverse le paysage comme une flèche, efficace et même performante. Je suis celle qui peine à se frayer son chemin, hésite et finit par se perdre dans le papier journal en s'imprégnant dans les "pays" traversés comme dans un buvard.

Montgreleix. Premier - ou dernier - village du Cantal, c'est selon, est atteint. Je le connais bien de nom à force d'étudier les cartes et les itinéraires dans ce coin, pour des pérégrinations, tantôt sur 2 roues, tantôt sur 2 lattes, tantôt dans le désert vert (jaunâtre) de l'été ou blanc de l'hiver. Village perché, non pas sur un roc saillant et vertical mais sur un mont arrondi, comme ils sont par ici. Village au premier coup d'œil désert, presque fantôme mais qui se révèle quand on atteint sa place centrale: beau petit hôtel restaurant, tenancier sympa à qui on achète un coca pharmaceutique pour ma cyclote (ça fait vraiment des miracles sur la digestion, cette boisson, en retirant les bulles).
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S'ensuit une assez grande descente qui annonce la longue, très longue montée qui nous attend, en direction du Col de Chamaroux. Cette fois-ci je n'irai pas, compte tenu de l'heure, faire le crochet par le monastère orthodoxe perdu dans un recoin de la vallée que nous remontons, de l'autre versant. Je me contenterai d'apercevoir le bulbe doré de la chapelle brillant à travers les (rares) arbres. Les rapaces s'adonnent avec dextérité et probablement beaucoup d'amusement au vol de pente sur les flancs des rebonds du relief que nous traversons pour arriver au col. Bien entendu, on s'y arrête pour un petit ravito et pour la photo de rigueur (c'est pas le Galibier ici; seul s'y trouve un promeneur opportunément arrivé avec sa voiture à qui nous demanderons de nous prendre en photo, car nous maîtrisons mal la technique du selfie).
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Mais cette fois-ci, le franchissement du col n'annonce aucune descente imminente. En effet, l'itinéraire choisi nous entraine sur la piste qui continue de grimper de plus belle jusqu'à la côte 1459, point culminant du voyage.
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J'avais bien entendu prévenu ma cyclote de ce passage difficile où elle devrait descendre de vélo car elle est montée en pneus de 28 (et la pente est raide). Je ferai donc pendant 2 km des allers-retours: je grimpe sur mon vélo, le laisse, redescends pour pousser le sien. Arrivé à l'ombre d'un groupe d'arbre courageux, je découvre 2 femmes d'âge aussi mûr que le nôtre entrain de faire une pause. Elles sont sur des splendides VAE allemands touts équipés de belles sacoches Ortlieb. Ca alors!! Sur cette piste rocailleuse improbable! Ce sont 2 jeunes retraitées (contrairement à nous) qui voyagent à vélo et qui empruntent ce chemin, dasn l'autre sens (c'est plus malin car elles sont sur cette partie difficile à la descente; de l'autre côté, c'est goudronné plus haut et moins raide). Ce passage difficile, vent de face, est néanmoins absolument magnifique.
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Bien que le vent du Sud apporte une atmosphère un peu brumeuse qui estompe les horizons si vastes et nous cachent les massifs visibles par temps plus clairs, c'est avec énormément de plaisir que nous retrouvons cette contrée découverte il y a 2 ans et demis skis aux pieds. Nous rencontrons une nouvelle fois des cyclo voyageurs sur cette piste, au point culminant: un jeune coupe avec un jeune bébé dasn sa cariole. Le voyage à vélo hors des sentiers battus est décidément tendance! Ca fait plaisir.
Nous progressons vers Pradiers. La piste s'améliore jusqu'à être bitumée. La vue sur les Monts du Cantal est à couper le souffle.
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La descente qui se présente est somptueuse mais malgré le vent de face, toujours fort, nous sentons la canicule nous étouffer au fur et à mesure que nous perdons de l'altitude. Nous ne nous arrêterons quasiment plus jusqu'à notre destination, le camping de Neussargues. Pradiers, Allanche sont traversés. A Allanche nous ferons une courte halte pour remplir nos bidons d'eau fraîche, pour nous asperger et tremper nos maillots. La route d'Allanche à Neussargues n'est pas super agréable: large assez passante. Tellement différente de ce que nous avons roulé depuis ce matin (il faudrait transformer l'ancienne voie ferrée en voie verte; elle suis la même vallée mais sur l'autre versant, et semble souvent ombragée cette voie ferrée sert actuellement à une activité vélorail). Heureusement, le camping de Neussargues est situé en bordure de l'Alagnon où nous nous baignerons et nous rafraîchirons jusqu'au coucher en pique-niquant sans jamais trop nous éloigner de la rivière.
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Dans la nuit, le temps va changer. La canicule est finie. Quelques gouttes nous surprendront au petit matin, signe de ce changement météo si bienvenu.

Finalement j'ai fait plus long que prévu initialement. Je terminerai dans la semaine et je publie déjà ce que j'ai écrit depuis fin juillet par petites touches.

La carte:
Dernière modification par AngstromCyclo le lun. 22 août 2022 18:31, modifié 7 fois.


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Angstrom

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meumeu
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Re: Traversée des Monts d'Auvergne : la rando vélo des grands espaces.

Message par meumeu »

j'adore :bravo_double

jolies photos et belle prose !


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Beuzeville 130
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Re: Traversée des Monts d'Auvergne : la rando vélo des grands espaces.

Message par Beuzeville 130 »

Merci Vincent pour ce partage...
Encore des coins rarement fréquentés. C'est pour cela que je lis ta prose avec l'atlas Michelin sur les genoux ! :D

Pour l'instant, le seul point commun est le Puy de Sancy grimpé à partir de Vic sur Cère. C'était en 1988...
Bravo à ton épouse, car semble t-il, ce n'était pas cadeau ! :)

Pour les baignades en tous lieux, nous avons dans les sacoches une paire de chaussons de voile... Testés sur les galets du Havre !
Pratiques, pas chers, légers...
On attend la suite


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Stef26
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Re: Traversée des Monts d'Auvergne : la rando vélo des grands espaces.

Message par Stef26 »

Merci beaucoup pour le partage : on s'y croirait. Belles photos qui transmettent bien "l'ambiance".


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AngstromCyclo
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Re: Traversée des Monts d'Auvergne : la rando vélo des grands espaces.

Message par AngstromCyclo »

Beuzeville 130 a écrit : lun. 22 août 2022 15:39 Merci Vincent pour ce partage...
Avec plaisir.
Pour l'instant, le seul point commun est le Puy de Sancy grimpé à partir de Vic sur Cère. C'était en 1988...
Ne confondrais-tu pas Puy de Sancy et Plomb du Cantal ou autre sommet cantalien?
Cette fois-ci nous avons laissé ce massif à une certaine distance, en passant à l'Est.
Bravo à ton épouse, car semble t-il, ce n'était pas cadeau ! :)
Elle est méritante et son opiniâtreté a aussi de bons côtés... :wink:
Quand elle a envie de quelque chose, en l'occurrence de passer par le Cézallier, elle est très volontaire.
Pour les baignades en tous lieux, nous avons dans les sacoches une paire de chaussons de voile... Testés sur les galets du Havre !
Pratiques, pas chers, légers...
Oui, c'est une alternative intéressante mais les crocs me semblent plus polyvalentes. C'est très pratique à chausser en camping, en sortant de la tente, de nuit pour les sorties nocturnes devenues récurrentes depuis que j'ai franchi la barrière de la cinquantaine ... :vieux
On attend la suite
Je vais essayer de faire vite parce qu'après la rentrée, ça va être chaud bouillant. Je ne voudrais pas faire la même bêtise que l'année dernière en remettant à trop tard.


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Angstrom

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CYCLOHC
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Re: Traversée des Monts d'Auvergne : la rando vélo des grands espaces.

Message par CYCLOHC »

Formidable !
Vincent tes périples avec Ta méritante Cyclote font plaisir et me replongent dans de doux souvenirs.
Je me régale de ce récit illustré !
Ma Tendre Cyclote perd cette motivation et elle préfère son jardin (que j'aime bien moi aussi par ailleurs quand-même), je dois composer avec. :sapin


Sans cap, tous les vents sont contraires....
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Beuzeville 130
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Re: Traversée des Monts d'Auvergne : la rando vélo des grands espaces.

Message par Beuzeville 130 »

AngstromCyclo a écrit : lun. 22 août 2022 17:06
Beuzeville 130 a écrit : lun. 22 août 2022 15:39 Merci Vincent pour ce partage...
Pour l'instant, le seul point commun est le Puy de Sancy grimpé à partir de Vic sur Cère. C'était en 1988...
Ne confondrais-tu pas Puy de Sancy et Plomb du Cantal ou autre sommet cantalien?
Cette fois-ci nous avons laissé ce massif à une certaine distance, en passant à l'Est.
Oups :o j'ai presque tout faux...
En fait, c'était en 1994 entre Vic sur Cère et le pas de Peyrol



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Re: Traversée des Monts d'Auvergne : la rando vélo des grands espaces.

Message par electra2004 »

Un grand merci pour ce reportage qui donne vraiment envie de suivre vos traces.


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AngstromCyclo
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Re: Traversée des Monts d'Auvergne : la rando vélo des grands espaces.

Message par AngstromCyclo »

Suite (et bientôt fin)

J6 Neussargues - St Flour

Ce matin le ciel est gris et il a même plu. Disons plutôt que la route est mouillée. Pour a pluie, la vraie, vaches et paysans devront encore attendre.
Nous quittons Neussargues avec l'objectif de franchir la Truyère et planter notre tente au camping à la ferme à Fridefont. Une étape courte pour avoir le temps d'aller se baigner à la base nautique de Mallet, dans l'un des nombreux lacs formés par l'aménagement hydroélectrique de cette rivière.
Neussargues est l'une de ces villes qui, comme Veynes (05), Ambérieu-en-Bugey (01) et bien d'autres doit tout au chemin de fer: autant son développement, il y a 1 siècle en arrière que son déclin, depuis une bonne trentaine d'années pour Neussargues. Elle fut un "nœud ferroviaire" important : la voie vers Aurillac et le Lioran (en travaux mais qui semble avoir été sauvée); celle vers Allanche et le plateau cantalien (fermée au début des années 90) et surtout, la ligne Paris Béziers, la ligne des causses et son fameux train de nuit qui partait le soir de Paris Austerlitz et rejoignait Béziers après avoir franchi la Truyère sur le célèbre et impressionnant viaduc de Garabit, le plateau de l'Aubrac, le Lot, le Tarn à Millau et remonté en le frôlant le causse du Larzac au pays du Roquefort et de Phil (Vaber) avant de plonger vers Bédarieux puis Béziers son terminus. Pour preuve cette étonnante carte du réseau français qui met Neussargues dans la catégorie supérieure des "gares principales" de France, avec Toulouse, Bordeaux, Strasbourg mais aussi Frasne, Modane, Longwy, Maubeuge. C'est dire.
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Pour moi - et je devrais écrire pour nous - cette gare est très spéciale car c'est grâce au train de nuit direct Paris - Béziers (renversement à Neussargues) que 2 histoires d'amour me concernant ont commencé : celle avec le plateau de l'Aubrac et celle avec mon épouse. J'en resterai là, laissant à votre imagination voire pour certains à vos fantasmes le soin de broder ce que vous voudrez. N'en voulez ni à ma pudeur ni à mon espièglerie de conserver privés les raisons de ces liens (j'ai pris bonne note de la sagesse du Cardinal de Retz: "On ne sort de l'ambiguïté qu'à ses dépens"). Je dirai juste que grâce à ce train, le parisien que j'ai été brièvement au début de ma vie professionnelle et qui venait de découvrir (en 1987) le VTT profita du long week-end de l'Ascension pour découvrir par les chemins du Tour de l'Aubrac ce joyaux des pays de France. J'étais accompagné d'une charmante jeune femme qui s'invita quelques jours avant (sans aucune arrière pensée, dit-elle et je la sais sincère) en saisissant une perche que j'avais, naïvement et sans arrière pensée (promis/juré/craché), tendue en lui partageant mon projet:
- "je vais faire le tour de l'Aubrac en VTT mais malheureusement je n'ai trouvé personne pour m'accompagner " (j'avais demandé à quelques copains qui ne pouvaient venir);
Elle répondit du tac au tac:
"- pourquoi pas moi?"
Elle découvrit ce week-end : le VTT (j'avais trouvé difficilement à louer à l'OT un vélo enclume seule solution disponible à l'époque des débuts de la discipline); l'Aubrac printanier avec ses jonquilles, narcisses et centaines d'autres fleurs; son ciel souvent gris et bas; la progression à vélo sur des chemins de tourbières remplis d'eau par les pluies abondantes où malgré tous nos efforts, nos pieds s'enfoncent pour s'imprégner durablement d'eau marron foncé (on ne roule pas en bottes de caoutchouc); les nuits en bivouac dans une canadienne/abri mono-paroi à condensation maximale et volume minimal (un achat motivé par une recherche de l'UL avant que ça ne soit la mode); le transport de toutes nos affaires en sac à dos; etc. Ce week-end fut un baptême du feu ou plutôt de l'eau. Le premier d'une longue série de projets d'itinérances réalisés ensemble et à vélo, en VTT au début puis plus tard sur routes et chemins. Je ne l'avais jamais imaginé comme une épreuve mais je dois dire que le fait que nous soyons restés en contact et plus si affinité après ce week-end m'a souvent rassuré sur la capacité de ma femme de me suivre dans des plans ... f....ux. :yikes

Ce matin de juillet je repensais à tout cela en nous extrayant à allure très modérée (pourcentages obligent) de la vallée de l'Alagnon, affluent de l'Allier qui descend sur le flanc Est du massif cantalien. Sans nous en rendre compte, hier au point culminant de notre périple, nous avions basculé dans le bassin versant Allier/Loire alors que nous l'avions quitté pour celui de la Dordogne/Garonne dès le premier jour au franchissement du col près de Vulcania, dans le Puy de Dôme. Il s'agissait aujourd'hui de franchir le seuil que représente le plateau de St Flour pour entrer en Aubrac une fois la Truyère franchie sur le barrage de Grandval (et du coup revenir au bassin Lot/Garonne).
Le plateau de St Flour atteint, c'est un nouveau paysage que nous découvrons.
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Des prairies plates et non plus ondulantes comme jusqu'ici, reléguant le relief en toile de fond.
Des lignes droites, des habitats resserrés qui, avec quelques panneaux incongrus en cette saison ("Foyer de ski de fond"), révèlent la nature de l'hiver en ces contrées: balayé par les vents, la Burle du Nord qui ne s'appelle probablement pas comme ça ici mais qui souffle la neige en congères, compliquant le travail des pisteurs et de la DDE; le vent chaud du Sud qui la fait fondre; les vents d'Ouest chargés d'humidité, pluie ou neige (de moins en moins souvent).
Mais aussi, curieusement, des vaches de races différentes de celles rencontrées les premiers jours: la limousine et la blonde d'aquitaine ont remplacé temporairement Salers et Aubrac.
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Certes les volcans ne sont jamais loin.
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Bien que renonçant rarement à cause d'une montée, nous ne les recherchons pas et apprécions donc le répits procuré par la relative platitude de cette section; autant que le ciel couvert qui nous préserve de la chaleur très relative depuis la nuit. C'est à ce moment qu'un cyclo-voyageur hollandais apparaît et s'arrête à notre niveau pour une brève causette. Il est parti de chez lui sur sa monture batave costaude n'ayant rien à envier aux vélos allemands et se rend en Espagne où sa femme le rejoindra ou plutôt le rattrapera une semaine après son départ. Nous roulerons ensemble quelques kilomètres.

Peu de temps après notre pause déjeuner et juste avant de plonger vers le barrage sur la Truyère, j'entends le chuintement rapide et court d'une chambre à air qui se vide à la suite d'un trou d'usure dans le pneu. Le constat est rapide: mon pneu arrière est tellement usé qu'il a percé. Voilà les plans de la journée qui passent à la trappe. Je maudis intérieurement mon manque de sérieux dans la préparation en sortant une justification auprès de ma moitié qui n'en demandais aucune. Pas de temps à perdre. Le plan est de 1) appeler un vélociste à St Flour pour vérifier qu'il a bien un pneu de 26" en stock (plus évident de nos jours) : OK. 2) Permuter les pneus AV et AR. 3) Réparer la crevaison à l'aide d'une grosse rustine qui couvrira le trou dans le pneu tout en protégeant et réparant la chambre. Nous rajouterons un morceau de chambre à air découpé qui fait partie de mon matériel de secours multi-usages. Tout cela prendra un peu de temps car à l'inspection du pneu avant regonflage, nous nous rendons compte que lors de la manipulation du pneu et de la chambre au remontage, un nombre impressionnant de gravillons s'est retrouvé dasn le pneu. Ouf, on l'a remarqué avant de mettre la pression. Re-démontage et nettoyage. Moralité, la prochaine fois que je réparerai au bord de la route je sortirai mon sac à gravas découpé me servant de nappe/tapis de sol pour éviter ce problème. Il faut savoir quelques fois perdre du temps pour en gagner; ne pas confondre vitesse et précipitation.
Nous rejoignons St Flour au plus vite, ce qui veut dire par la nationale, et ce qui veut aussi dire que nous partons dans le sens inverse de notre route prévue. Ca roule vite autour de nous mais aussi pour nous car pour une fois, le vent est de dos et la chaussée toute refaite est un billard. Nous trouvons assez facilement le vélociste dasn la ville basse de St Flour. Ca me fait quelque chose de passer par cette ville impressionnante (que nous avions choisi d'éviter pourtant) sans pouvoir la parcourir ne fut-ce qu'un peu. Priorité à la réparation. Je trouve (de justesse car peu de 26" en stock de nos jours) un Michelin Country Rock 26" à 20€, très bon rapport qualité prix et roulant bien que polyvalent (hors terrains boueux, ce qui n'est pas un problème cet été :roll: ). J'en profite pour racheter des patins de freins, eux aussi presqu'usés par les descentes chargé. Sympas les gars de Culture Vélo St Flour! Ils m'ont fourni les outils et l'espace (avec la clim!) pour réparer sans pression.
Avec tout ça, l'après midi a touché à sa fin. Nous prenons notre repas du soir à une excellente et sympathique boulangerie avant de repartir pour quelques kilomètres pour ne pas devoir trop rallonger l'étape du lendemain votre du surlendemain. Le temps s'est mis au tout beau en cette fin de journée. La lumière du soir recouvre la campagne et éclaire les monts de la Margeride. Notre objectif est de rouler jusqu'à 20h au plus tard et de trouver un coin de bivouac. Mon habitude de lire la carte 1/25000 et mon flair pour lire le terrain, mâtinés d'un peu de persévérance voire d'obstination font mouche. Nous trouvons le lieu parfait. La tente est plantée dans le fond d'un pré tout récemment fauché, en hauteur mais peu visible alors que les derniers rayons du soleil nous teintent le décor. Une belle soirée et surtout un beau réveil en perspective dans un calme et une beauté méditative.
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Re: Traversée des Monts d'Auvergne : la rando vélo des grands espaces.

Message par Manouche »

Bonjour,
Je rêve régulièrement d'avoir le courage de faire ces trajets sur ces espaces. J'ai fait il y a quelque temps la rando pour monter au Sancy (un de mes plus beaux souvenirs). Quand on arrive au sommet on aperçoit, de l'autre côté, les files de touristes qui sont arrivés en téléphérique et on est encore plus heureux de ce qu'on a fait ! :D
C'est intéressant dans ce compte-rendu de voir que des campings peuvent être abordables : vu ce jour une brève-télé sur une famille qui n'avait pris que trois jours de vacances car camping hors de prix ! Mais, mordiou, il faut chercher un peu et offrir à ses enfants de vraies vacances dépaysantes !!!!
J'avais vu sur le roulard qu'un certain Angstrom avait rajouté des "choses" en Auvergne avant l'été. hum ! hum ! :wink:
Bien sûr tout est possible : aller plus lentement si c'est difficile. C'est tellement beau, ça se mérite !
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Re: Traversée des Monts d'Auvergne : la rando vélo des grands espaces.

Message par AngstromCyclo »

Manouche a écrit : mar. 23 août 2022 16:25 Quand on arrive au sommet on aperçoit, de l'autre côté, les files de touristes qui sont arrivés en téléphérique et on est encore plus heureux de ce qu'on a fait ! :D
Oui, c'est magnifique. Les flots de touristes sont toujours présents. Content d'avoir réussi à les éviter dans l'ensemble.
C'est intéressant dans ce compte-rendu de voir que des campings peuvent être abordables : vu ce jour une brève-télé sur une famille qui n'avait pris que trois jours de vacances car camping hors de prix ! Mais, mordiou, il faut chercher un peu et offrir à ses enfants de vraies vacances dépaysantes !!!!
Tu as raison. Le problème est que la société de consommation propulse au devant des gens y compris (et quelques fois surtout) auprès des "classes populaires" un modèle de vacances "qui fait rêver" fondé sur l'agglutinement aux endroits où le touriste est attendu comme une palombe dans un col béarnais à l'automne. Du coup, on ne retrouve que très peu de personnes le plus en difficultés financières dasn des endroits magnifiques et très peu chers. C'est un paradoxe qui me désole et me désole encore. Le scoutisme n'avait pas toujours que du bon mais il a permis à des générations d'enfants de découvrir les joies des camps dasn la nature et ce-faisant, de les préparer à démystifier "l'inconfort".
J'avais vu sur le roulard qu'un certain Angstrom avait rajouté des "choses" en Auvergne avant l'été. hum ! hum ! :wink:
Damned, je suis repéré ... :lol:
Tu as pu voir que je prépare quand même un peu mes voyages. Et cette préparation est, du coup, disponible à qui veut faire de même.


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Re: Traversée des Monts d'Auvergne : la rando vélo des grands espaces.

Message par AngstromCyclo »

J6 St Flour - Nasbinals

Mon horloge interne me suffit pour me lever juste quand il faut, c'est à dire quelques minutes avant le lever du soleil. Il fait frisquet (11°C à mon compteur) mais ça fait si longtemps! De plus, ça génère une brume de 60 cm dasn les champs qui concoure à rendre magique l'ambiance de ce petit matin calme.
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Dès que le soleil s'élève au dessus de la Margeride, je suis saisi par la beauté de ce qui m'entoure. Le pied intégral.
Je ne trouve pas les mots pour décrire tout cela. Pas grave, il n'y en a pas besoin;
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Seul le bivouac procure ces sensations.
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Il est temps de commencer à plier la tente que nous avons du faire sécher pour la première fois du voyage à cause de la rosée.
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Une grande descente nous amène au pied de la ruine du château d'Alleuze, une rivière affluent de la Truyère qui à cet endroit se jette dans le lac formé par le barrage.
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Nous n'y sommes pas tout à fait. Il faut remonter une grosse côte (passage à près de 10%). En haut, à sec depuis le petit déj nous devons trouver de l'eau. Comme hier au pique-nique, une habitante à qui nous demandons si une fontaine se trouve dans le hameau nous offre une bouteille d'eau toute fraîche sortie de son frigo. Les gens sont tellement sympas quand le touriste est rare!

La remontée de la Truyère jusqu'au plateau de l'Aubrac est jolie mais il faut l'avouer, elle est longue dans l'après-midi assez chaude. Tout juste serais-je amusé par ce panneau en me demandant si ce village fait partie de l'itinéraire du Love Tour.
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Nouvelle pause baignade vers 17h30 pour se rafraîchir dasn un ruisseau et goûter. Quand on reprend les vélos il est 18h et l'épicerie de Nasbinals ferme à 19h. D'un commun accord nous roulons vite mais séparément pour maximiser nos chances de faire les dernières courses dont nous avons besoin. Je lâche le chevaux, ce qui me permet de rouler à presque 30 de moyenne sur la section plate de 2-3 kilomètres et surtout, d'arriver 1/4 d'heure avant la fermeture. Cette allure a surpris une rouleuse sur un beau gravel lorsque je l'ai doublée puis distancée avec mon VTT chargé de 4 sacoches et une tente (je devais lui rendre 20 kg sur la monture et l'équipement seul).
Finalement nous prendrons un plat du jour dasn un restau sur la place de Nasbinals qui est en été un village fort animé. PAs forcément comme je l'aime, ilfaut l'avouer: pas mal de beaux 4x4, de touristes bryants. Nous sommes sur le chemin de St Jacques, devenu très très tendance sur cette section. comme souvent, le monde afflue dasn les endroits rendus célébres par les magazines et les réseaux sociaux alors qu'il suffit de s'écarter de quelques kilomètres pour retrouver le calme et la sérénité. Il faut bien comprendre qu'en été, ce sont 300 marcheurs qui traversent chaque jour ce plateau sur cet itinéraire et pas un autre. Une manne pour les restaurants et autres commerces. Ca se sent dasn le service, les prix et tout ça. Bref nous quittons NAsbinals repus et contents de nous replonger dasn les grands espaces et le calme. A la recherche de notre pré pour le soir. En effet, nous sommes passés (vite) à côté du camping et il n'était pas du tout attirant. Bien bondé et peu ombragé.
Cette fois-ci nous n'irons pas, comme 35 ans au paravent admirer la cascade du Déroc. Nous restons concentrés sur notre objectif de trouver un bon bivouac, ce qui n'est pas si simple ici car les prairies clôturées sont omniprésentes, les champs fauchés pas si nombreux et pas toujours accessibles (fermés). Nous trouverons cependant sans trop errer un endroit tout à fait adéquat. Voici la vue de notre pré dasn la lumière du soir:
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(vue vers le Mailhebiau, sommet de l'Aubrac).
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J7 Dernière matinée Nasbinals - la Canourgue
Aujourd'hui encore le réveil sera somptueux. Le soleil s'apprête à jaillir derrière la Margeride. L'orange n'a pas encore remplacé complètement le mauve de l'aube.
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Ca ne saurait tarder.
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Ma cyclote n'est pas encore levée.
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Pas grave, nous sommes attendus pour déjeuner et il ne nous reste que 32 kilomètres à rouler, dont à peine plus de 10 jusqu'au col de Bonnecombe, en légère montée (150 D+),
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avant une looongue et magnifique descente vers notre destination, La Canourgue, au croisement du Lot et de l'A75.
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Ce seront encore des kilomètres magnifiques et magnifiant notre petite traversée des hauts plateaux et des grands espaces de ce formidable massif central, paradis des cyclos.

FIN


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Re: Traversée des Monts d'Auvergne : la rando vélo des grands espaces.

Message par masu39 »

Merci pour ce superbe récit Vincent. Pour ma part, le Massif Central est le plus magnifique massif pour la bicyclette.


"Pour lutter contre le mal de mer, sucez une noix de muscade (sans l'avaler, c'est toxique). Si vous n'avez pas de noix de muscade, allez-y en bicyclette."
Pierre Desproges

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Re: Traversée des Monts d'Auvergne : la rando vélo des grands espaces.

Message par AngstromCyclo »

masu39 a écrit : jeu. 25 août 2022 13:50 Merci pour ce superbe récit Vincent.
Avec plaisir. Si ça peut en motiver à se lancer, c'est gagné. J'écris aussi pour m'aider à garder le souvenir de ces moments tellement géniaux. De tous temps, la narration a aidé la mémoire et la construction de ce que nous sommes comme êtres humains. C'est autre chose que des publications des plus belles photos sur Insta ...
masu39 a écrit : jeu. 25 août 2022 13:50 Pour ma part, le Massif Central est le plus magnifique massif pour la bicyclette.
Tu es bien placé pour savoir combien le passage d'un col de haute altitude est une expérience à part. Henri nous fait découvrir combien le VTTAE ouvre de perspectives magnifiques dasn les Alpes. Mais pour le cyclotourisme, une fois qu'on factorise accessibilité au plus grand éventail de cyclistes, beauté et variété des paysages, patrimoine historique et vernaculaire, calme sur les routes et dasn les lieux intéressants, je ne peux qu'être d'accord avec toi.


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Re: Traversée des Monts d'Auvergne : la rando vélo des grands espaces.

Message par CYCLOHC »

AngstromCyclo a écrit : mar. 23 août 2022 15:19 ......
Pour moi - et je devrais écrire pour nous - cette gare est très spéciale car c'est grâce au train de nuit direct Paris - Béziers (renversement à Neussargues) que 2 histoires d'amour me concernant ont commencé : .........
Ah Vincent !
J'adore cette jolie histoire qui me plonge un peu dans la "Notre" avec ma "Tendre Cyclote" !
C'est la Vallée des Merveilles (Mercantour) qui a été l'origine de notre vie commune indissociable avec un formidable orage en montagne où l'éclair nous à frôlés en guise de "coup de foudre", et des centaines voire des milliers de Randonnées à Bicyclette, à pieds ou bien à skis ont suivi depuis plus de cinquante années ! :icon_aime :icon_aime

Bon allez, on ne va quand-même pas transférer notre Forum aux éditions Harlequin. :D

Au fait, c'est bizarre, j'avais l'impression que l'Aubrac du côté de Nasbinals devait être un coin paumé, et je rêvais d'aller y poser mes roues...

(hé ! au fait Vincent : si tu te relis, tu constateras que quasi systématiquement tu écris "dasn" au lieu de "dans"... :D , c'est amusant, ne te fâches pas hein ?!! :lol: :lol:).
De plus, j'approuve tes propos lorsque tu écris que de raconter les périples le grave irréversiblement dans la mémoire. (...enfin, du moins sauf Alzheimer ! :jesors:...Mais, je suis persuadé que à poursuivre la pratique de la Bicyclette devrait nous permettre d'éviter cette étape !! :yikes )


Sans cap, tous les vents sont contraires....
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