Et si je tentais Paris-Brest-Paris ?

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EgaregEtKristell
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Re: Et si je tentais Paris-Brest-Paris ?

Message par EgaregEtKristell » mar. 15 oct. 2019 09:04

Dans cette maison abandonnée aucun fantôme, aucune lavandière de la nuit n'est venu me réveiller. :sommeil C'est mon réveil qui m'a fait sortir de ce repos réparateur... Je me suis maudit de l'avoir réglé si tôt ! :twisted: Je me suis accordé un peu de rab... mais pas trop car il reste encore de la route jusqu'à Rambouillet !

L'objectif de cette troisième randonnée est d'atteindre et dépasser Mortagne au Perche, en dormant idéalement à Dreux... mais je sais que cet objectif n'est pas très raisonnable. Distance en vue : environ 360 km. Mais mon plan de route initial me faisait partir de Quédillac ce matin. Or je suis toujours à Ménéac, donc 30 km avant Quédillac.
Avec les 490 + 325 (=815) des deux premiers jours, il reste environ 400 km à boucler en un jour et demi. Ca reste envisageable, l'idéal étant de ne me garder qu'une portion de moins de 150/100 km pour le jeudi. Donc il me faut rouler aujourd'hui entre 250 et 300 km. Et pour cela, il ne faut pas trop rester traîner au lit !

Hop ! Je plie mon bivouac, déguste un petit-déjeuner tiré des sacoches, vérifie que je n'oublie rien et zou ! :velo2 Je retourne sur le parcours à 6h05. Le froid pique un peu et la route commence par descendre pour sortir du bourg : je frissonne un peu et je plains les participants asiatiques. :froid Mais comme je fais route vers l'Est, je peux lever les yeux pour admirer les couleurs de l'aube qui vont arriver petit à petit. Pour l'instant, je traverse quelques bancs de brouillard, ma pédalée est assez solitaire : quelques cyclos roulent devant et j'en double d'autres, mais les écarts sont grands. Chacun a eu le temps d'adopter son rythme et savoure sa randonnée.
A 7h00, je suis dans la ville de Louison Bobet : Saint Méen le Grand. Même si je connaissais déjà où se cache le camping municipal, pour y avoir dormi une nuit lors de notre Tro Breiz en tandem en 2012, je constate que la distance était bien trop grande pour pousser jusque-là hier. J'ai bien fait de m'arrêter à Ménéac car il n'y avait pas de solution de repli avant Saint Méen.
J'hésite à prendre un petit déjeuner mais les rideaux des cafés sont encore tirés. Juste avant la sortie de la ville, j'avise néanmoins plusieurs vélos appuyés le long du mur d'une grosse boulangerie/snack. Hop ! Voilà un petit déjeuner qui s'annonce ! 7h07, c'est la bonne heure pour un grand chocolat et des croissants, non ? :piquenique
Après une pause prolongée par un peu d'attente devant les toilettes (à croire que tous les cyclos avaient la même idée que moi de faire un brin de toilette en plus de la pause du petit-déjeuner), je repars sur la rue Louison Bobet vers Quédillac puis Médréac. A Quédillac, je snobe encore le ravitaillement... pas la peine de s'arrêter après seulement 20 minutes de vélo ! Le soleil est réveillé et inonde la campagne de belles couleurs. On dirait qu'il a réveillé les cyclos car ils sont plus nombreux sur la route qui commence à onduler à mesure qu'on approche de Bécherel. Bécherel fait un peu peur, mais finalement le plus dur est avant, une fois le panneau passé le profil est descendant jusqu'à Tinténiac, le prochain contrôle.
Juste à la sortie de Bécherel, un fourgon de police, une ambulance des pompiers et quelques cyclos nous rappellent à la prudence : visiblement un cyclo est emmené sur la civière, sans que je connaisse la cause de l'accident.
Passée cette intersection, la route descend bien et le rythme s'en ressent. Un groupe de costauds me rattrape et j'arrive à accrocher leurs roues. Ca file ! Le compteur s'affole et ne veut plus descendre en dessous de 30 km/h ! :velo4 Mon vélo s'emballe, je ne maîtrise plus rien ! Les 10 km séparant Bécherel de Tinténiac sont faits en à peine 20 minutes !
Bon, j'ai bien remarqué que tous les cyclos ont tendance à accélérer à l'approche des contrôles, mais là il y avait plusieurs facteurs aggravants : le groupe rapide, le profil descendant... n'empêche que je me suis promis de ne pas repartir avec ce groupe : trop rapide pour tenir la distance. Néanmoins, ça décrasse un peu le diesel et ça fait du bien de voir que l'on est capable de rouler à cette vitesse après 860 km. :langue
Après un pointage qui aura duré 20 minutes, me revoici sur la route pour une courte étape : 54 km avant Fougères. Il est 9h30 environ et ça ne serait pas trop mal de profiter du pointage de Fougères pour faire une pause déjeuner, qu'est-ce que vous en dites ?
Petite pause café à Feins où les Audax Thaïlandais ont organisé un ravitaillement. J'ai peut-être compris l'origine du naufrage des randonneurs thaïlandais pendant la nuit : le café soluble est tellement clair que l'on voit le fond du gobelet et je dois être sur la fin du thermos parce que je ne risque pas de me brûler (ah ! Ces Français qui râlent tout le temps ! ). :wink: En 5 minutes, j'ai avalé le café et rempli mes bidons e je repars.
Plus loin, vers 11h10, je passe en trombe devant un ravitaillement familial en bas d'une légère descente. J'entends déjà derrière moi un garçon crier : "Gâteaux durs, gâteaux mous !" Allez ! Rien que pour l'accroche et l'ambiance, je fais demi-tour et dévore quelques parts de quatre-quarts (le fameux "gâteau mou") et quelques petits beurres (les gâteaux durs) tout en discutant avec cette famille qui nous donne du temps et des provisions à nous, cyclistes de passage, même si les enfants sont plus tournés vers le foot. Voilà une pause de 10 minutes qui rebooste bien ! L'énergie ne vient pas que des aliments ingurgités. :wink:
Je passe Saint Hilaire des Landes et me revoilà arrêté pour une autre pause ! Ca ne roule pas aussi vite qu'avant Tinténiac ! :twisted: Eh oui, j'avais hésité à enlever toutes mes couches nocturnes et maintenant j'ai trop chaud ! Je n'allais pas faire une séance de strip-tease devant les enfants du ravito précédent ; j'ai donc profité un petit coin tranquille en lisière de bois pour me remettre en tenue diurne et estivale car le soleil chauffe bien.
Je continue vers Fougères que j'atteins à 12h22. Je pointe, j'achète un sandwich et une boisson que je vais savourer près du parking à vélo, sur l'herbe et à l'ombre. A 12h50, je repars du contrôle, avec juste 10 minutes d'avance par rapport à mon plan de route et 1h20 par rapport aux délais max. J'ai roulé conformément à mon plan de route entre Tinténiac et Fougères : parti avec 10 minutes d'avance de Tinténiac, je repars avec le même délai de Fougères. C'est bien car j'ai rattrapé mon retard de la nuit passée à 30 km de mon point chute prévu.
Mais ça, je ne le constate qu'une fois de retour sur terre. Durant la randonnée, je n'avais qu'en tête l'avance par rapport au délai max : 1h20, ce n'est pas suffisant pour s'arrêter dormir pendant la nuit ! :? Il ne va pas falloir faiblir l'allure !
Il faut continuer sur le même rythme et viser un pointage à Villaines la Juhel vers 17h30. Pour cela, il faut parcourir les 89 km en 4h40, c'est-à-dire tenir une moyenne de 19 km/h. C'est peut-être présomptueux, contentons-nous d'appuyer sur les pédales. :wink: Et pour sortir de Fougères, il faut effectivement appuyer sur les pédales, parce que ça monte ! 150 m de D+ en 9 km, ce n'est pas un col alpin ou pyrénéen mais avec 920 km dans les pattes, ça compte quand même. C'est dans la montée vers Saint Ellier du Maine ou celle d'après, vers Lévaré, que Stéphane me rejoint. C'est lui l'organisateur prolixe des BRM de Montebourg dans la Manche : il a le don de nous rendre plus intelligents au fil des kilomètres roulés en émaillant ses feuilles de route de détails historiques et culturels.
Le voici donc qui me rattrape et me hèle en m'encourageant ! Il est juste partir dans le dernier sas du lundi matin, à 5h30... soit 9h après moi ! Etant donné son niveau de pédalage, je m'attendais bien à ce qu'il me rattrape. Et c'est avec plaisir que nous cheminons de concert.
Un groupe d'Italiens qui devisent assez haut nous rattrapent. Ils sont grands, ne forcent pas trop sur les pédales... hop ! Nous voilà dans leurs roues. Voilà un peu de repos, ces locomotives nous tirent sans sourciller et sans interrompre leur discussion. On a l'impression de s'incruster dans leur balade dominicale. :shock:
Malheureusement, ils décident de s'arrêter faire des emplettes à Ambrières-lès-Vallées. Pour notre part, nous continuons sur le parcours en attendant qu'ils nous rattrapent plus loin.
A Lassay les Châteaux, les bars et les terrasses regorgent de cyclos qui cherchent de l'ombre et de l'eau fraîche. Nous ne nous arrêtons pas là, mais à un ravitaillement familial juste à la sortie de la ville : rechargement des bidons en 2 minutes 30 chrono ! Avec un sourire et quelques mots échangés en prime ! PBP, c'est d'abord des rencontres.
Hardanges se profile à l'horizon : arrêt calva ou pas d'arrêt calva ? On roule bien et les bidons sont pleins : on continue ! Un signe au passage du ravito, le tenancier me reconnaît mais je m'excuse de ne pouvoir m'arrêter...
Dans les montées avant Hardanges, Stéphane est parti devant jouer avec des Japonais. Je profite de la fraîcheur des bois et du vent relatif dans les descentes... mes bidons se vident vite avec la chaleur !
J'ai repris mon rythme et les kilomètres se succèdent avant Villaines la Juhel : Loupfougères est passé, le contrôle approche. J'aperçois l'église de Villaines et là... Là, je suis transporté ailleurs, dans une autre dimension, dans un autre décor... Je passe l'arche qui matérialise le capteur pour la puce fixée sur le vélo comme si j'étais le vainqueur d'une étape du Tour de France ! Des spectateurs innombrables m'applaudissent, m'encouragent, crient ! Je ne les connais pas, ils ne me connaissent pas, mais ils sont là et mettent une ambiance du tonnerre ! C'est époustouflant ! Je suis transporté ! Les kilomètres (1012 exactement) ne comptent plus ! On me l'avait raconté, mais je n'y croyais pas trop... maintenant, j'ai vu et je crois (un peu Saint Thomas ?). :wink:
Je pointe à 17h05, je refais le plein des bidons et je prends quasiment une douche en plein air sous les robinets extérieurs tout en discutant avec des spectateurs/supporters.
Lorsque je retourne à mon vélo, je retrouve Stéphane qui s'apprête à partir ! Nos vélos étaient quasiment côte à côte. Il m'attend un peu, le temps de revisser la vis qui tient mon porte-bagage maison qui commençait à chantonner sur les parties granuleuses de la route et c'est reparti, sous le soleil qui sèche vite mon maillot et avec les encouragements des spectateurs qui reboostent tous les cyclos ! La pause n'aura pas duré 25 minutes pour moi, maintenant on met le cap vers Mortagne au Perche qui se méritera avec sa côte qui grimpe jusqu'au contrôle : 85 km en vue. Il est 17h25, ce serait bien de pouvoir y dîner avant de repartir dans la nuit. Nous partons de Villaines à l'heure où je devais y arriver si j'étais fidèle à mon plan de route. J'ai quasiment 4h de marge par rapport au délai max : c'est bon, je vais pouvoir dormir cette nuit (si je ne baisse pas trop la moyenne par la suite). Le moral est au beau fixe : du temps devant soi, de la bonne compagnie et des encouragements à gogo !
Lorsqu'on arrive vers Sougé le Ganelon, j'exprime à Stéphane que j'aimerais manger du salé et il ne me reste que du sucré dans la sacoche : premier arrêt dans une boulangerie vidée par les cyclos qui sont passés avant nous... tant pis, la quiche attendra... Mais en fait, un supermarché nous tend les bras à la sortie du village : hop ! Pause ravitaillement : salade piémontaise, yaourts à boire... on refait le stock et on déguste ça à l'ombre. Nous sommes quelques cyclos à faire une pause au même moment. 18h30, c'est presqu'un horaire de maison de retraite pour le dîner ! Mais on ne se formalise pas plus que ça : il reste tout de même quelques kilomètres à parcourir et il faut recharger la machine.
Nous repartons avant 18h50. Dans la grande ligne droite vers Cougains, le soleil est dans notre dos mais continue à chauffer. Ce n'est pas la route la plus agréable, mais les kilomètres défilent tout de même. On vire à Cougains en direction de Mamers qu'on atteint vers 20h35. Arrêt au stand tenu par le club cyclo du coin. Distribution de soupe bien chaude, remplissage des bidons, grignotage de quatre-quart... Stéphane veille au grain et fait en sorte que l'on ne s'éternise pas trop : à 20h50, nous sommes de retour sur les vélos pour les 25 km vers Mortagne.
Dans la montée qui suit la sortie de la ville, nous rattrapons un tandem qui nous double dans la descente suivante et qu'on rattrape à nouveau lorsque la route remonte : "En tandem sur PBP, c'est une cause de divorce ou pas ?" Réponse négative des tandémistes ; oserai-je le proposer à ma femme ? :oops:
Et, enfin, la voilà ! La voilà la côte en haut de laquelle Mortagne au Perche se perche ! A nous deux ! Je t'ai gravie lors du BRM 600 de Pavilly, je te gravirai encore ce soir ! J'avais un tampon à récolter et là encore, j'ai un tampon à mettre sur mon carnet. Je crois que c'est là que j'ai arrêté mon jeu stupide du mono-plateau : j'ai dû descendre sur le petit plateau pour m'en garder sous le pied pour le dernier raidard, juste à l'entrée du contrôle. Comme si PBP n'était pas déjà un défi en soi... :roll:
Et voilà : 22h05, nous pointons à Mortagne ! Je suis pile dans mon timing, selon mon plan de route idéal. Stéphane décide de rester dormir ici ; moi, je préfère dîner rapidement (comprendre : finir la portion de salade piémontaise que je trimballe depuis Sougé le Ganelon) et repartir dans la nuit pour engranger quelques kilomètres supplémentaires. Avec la nuit qui est arrivée, la chaleur s'est assoupie et je suis plus à mon aise... j'étais probablement très proche de mes limites dans l'après-midi, mes bidons se vidant beaucoup plus rapidement que d'habitude.
Une fois mon second dîner englouti, je ne m'attarde pas pas à contempler les machines présentes (un tricycle britannique par exemple) et je repars : il est 22h45, j'ai 5h30 d'avance sur le délai max en repartant du contrôle. Ma nuit est assurée !
Je ne pense pas arrivé jusqu'à Dreux car il y a encore 78 km, mais j'envisage de dépasser Longny au Perche (seulement 18 km) pour laisser les grosses montées/descentes derrière moi dès aujourd'hui et me garder un parcours "plat" demain pour la dernière journée.

Je descends donc vers la sortie de Mortagne. Grisé par la descente, un peu perdu dans mes pensées aussi, je continue sur le tracé du BRM 600 de Pavilly et je tourne donc à gauche pour entamer la longue montée qui permet de sortir de Mortagne vers le Nord. Vers le Nord ? Comment ça, vers le Nord ?!? Et d'ailleurs, pourquoi suis-je donc tout seul sur la route, sans un seul lumignon rouge devant, sans un seul phare blanc derrière moi ? Ils ne sont pas tous en train de dîner ou dormir... Oups ! :oops: Je crois que je me suis trompé de route !
Zou ! Demi-tour ! Heureusement, ça descend ! Je retrouve Mortagne et les flèches du parcours. C'est reparti ! Mais je dois m'arrêter à nouveau pour resserrer les vis de mon porte-bagage avant : j'ai encore les idées claires, les grincements sont ténus, je préfère m'arrêter tout de suite pour corriger le problème plutôt que d'attendre que ça empire.
Voilà les montées/descentes ! Ca file en roue libre, puis je me mets debout sur les pédales, roue libre, tout à gauche, roue libre, jambes en feu... Ca en deviendrait presque monotone ! Heureusement, le relief est masqué par la nuit, les odeurs des sous bois, la lune qui joue à cache cache, les chouettes qui passent juste devant silencieusement, les fourrés qui frétillent dans l'obscurité : j'aime rouler la nuit et les jambes tournent bien.
J'atteins Longny au Perche vers minuit : c'est encore trop tôt pour dormir, mais c'est déjà une victoire pour moi ! Les bosses sont derrière ! Demain sera une journée toute plate et sans relief (seulement au propre, au figuré, ce sera autre chose). Je ne m'arrête donc pas aux cafés comme les autres cyclos, je trace ma route vers l'Est.
J'arrive à Senonches vers 1h10. J'explore un peu pour trouver un lieu où dormir, je passe devant un ravitaillement mais je n'ai pas envie de café chaud, juste m'allonger dans mon sac de couchage. J'avise un abribus de luxe à même pas 100m de là : spacieux, disposant d'un long banc, avec assez de place pour que mon vélo y entre en entier. J'y suis à l'abri d'une éventuelle brise nocturne.
Le temps de m'installer, je dois m'endormir vers 1h30 et j'ai réglé mon réveil pour 4h de nuit : il sonnera à 5h30. :sommeil

Voilà 325 km en plus dans la besace, en 19h15. :velo5



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Hristo
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Re: Et si je tentais Paris-Brest-Paris ?

Message par Hristo » mar. 15 oct. 2019 09:38

Excellent ce récit, tu nous transportes avec toi sur le porte bagages. Décidément je veux vraiment faire ça dans quatre ans...


La paresse est un luxe abordable

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EgaregEtKristell
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Re: Et si je tentais Paris-Brest-Paris ?

Message par EgaregEtKristell » mar. 15 oct. 2019 11:57

Le réveil sonne pour la dernière journée du PBP 2019. Il est 5h30, je l'éteins et me retourne dans mon sac de couchage : j'avais 5h30 d'avance à Mortagne et je n'ai dormi que 4h, j'ai bien le droit de faire une grasse mat' pour une fois ! :twisted:

Bon... la nuit n'est plus si noire déjà et j'ai 35 km de plus que les 45 prévus pour cette dernière balade. Je me lève donc, remballe mon sac de couchage, range tout dans mes sacoches. Je vois que le ravitaillement tourne encore : voilà une bonne idée pour un petit-déjeuner avec un café chaud. :D
En discutant avec les bénévoles, je me rends compte qu'ils proposaient aussi un hébergement dans un gymnase à côté. J'aurais pu dormir sur un matelas et au chaud ! :baffes
D'ailleurs certains cyclos présents sous la tente en aurait bien besoin d'un matelas et d'un repos réparateur. Les figures sont lasses et les traits tirés. Ils semblent sortir d'une nuit ininterrompue sur le vélo, ils frissonnent. :froid
J'avale mon café chaud et je remonte sur le vélo avant que les premières lueurs du jour ne percent totalement l'obscurité, mais le ciel s'éclaircit déjà. 6h30, je suis les lumignons rouges qui tracent la route devant moi. S'en suit alors une partie moins agréable : c'est tout plat, nous sommes en bordure de la Beauce, parfois le revêtement laisse à désirer. Attention, j'ai écrit "moins agréable", ça ne veut pas dire "désagréable" !
En effet, aller vers l'Est pendant que le soleil se lève sur la plaine et réchauffe petit à petit la route et les champs alentour, tout en doublant quelques groupes de cyclistes ou en étant doublé à son tour, sans fatigue dans les jambes, sans pression du chrono (parce que j'ai 8h pour faire 80km), ça reste un plaisir et je le savoure ! :ange
Il me reste un contrôle à valider à Dreux et j'y arrive vers 8h. Mauvaise pioche ! C'est la seule fois où je garerais mon vélo assez loin du contrôle. Ca me laisse le temps de regarder les autres vélos et leur cyclo. Certains semblent reposés, d'autres s'accrochent mais titubent. J'en verrai au moins deux se casser la figure et jouer aux dominos avec les vélos : la fatigue est bien présente.
C'est après être sorti du contrôle que je me dis que j'aurais dû m'accorder un café ou un chocolat... Tant pis, je m'arrêterai dans un troquet avant Rambouillet et j'en profiterai pour déposer ma pelisse nocturne et revêtir une tenue estivale et diurne.
A 8h10, je suis sorti du stade où est implanté le contrôle. Ma feuille de route prévoyait que j'en reparte vers 9h après y avoir dormi 6h. J'ai dormi plus tôt, mais je n'ai pas perdu de temps. Le délai max fixait la limite du pointage à 10h46 : j'ai 2h36 d'avance et il reste 45 km. En gros, je devrais arriver à Rambouillet à l'heure limite de Dreux. Ca me va !

La sortie de Dreux ne présente pas beaucoup d'intérêt, surtout que j'épie les cafés qui seraient ouverts... mais tous les rideaux sont encore tirés ! A Mézières en Drouas, je vide mon porte-monnaie pour grignoter des viennoiseries. Les habitués de la boulangerie sont un peu surpris de voir autant de cyclistes leur rafler leurs croissants et pourtant nous ne sommes pas encore dimanche ! :D
Arrêt dans un bistrot : plus de lait pour faire un chocolat chaud ! Et mon estomac n'est pas d'accord pour recevoir un café ou bien c'est mon cerveau qui choisit pour moi ? Tant pis... Je continue. J'ai de l'eau dans les bidons, la météo est calme, la température est agréable et les kilomètres défilent maintenant dans l'autre sens : plus que 40, 35, 30, 25. Tiens ! Faverolles, on est passé par là à l'aller ! Je n'avais pas encore mon gilet jaune sur le dos, c'est que l'on doit approcher alors !
C'est en sortant de Poigny la Forêt que l'on retrouve la grand'route qui traverse la forêt de Rambouillet : cette fois, c'est sûr ! On touche à la fin ! Les jambes tournent, elles tournent toutes seules, je goûte la fraîcheur des arbres. Sans mon arrêt chocolat chaud je n'ai pas pris le temps de me changer : j'ai encore le maillot à manches longues et les chaussettes dans les sandales ! Ca va faire tâche sur la photo finish ! :oops:
Les cyclos sentent l'écurie (même si c'est une bergerie...) car je suis doublé par des fusées ! Ca file à toute allure ! Ca m'incite aussi à appuyer sur les pédales mais c'est dur de changer de rythme après 1000 km à pédaler : je n'exploserai pas les chronos et mon compteur ne s'essoufflera pas. En fait, je ne suis pas là pour ça et je n'ai pas besoin de plus pour remplir mon contrat initial.

Pour ma part le contrat était : "faire l'aller-retour dans les délais de 90h max et sans être trop cassé à l'arrivée". Il fallait donc comprendre que je ne voulais pas franchir la ligne d'arrivée tel un zombie déglingué avec 10h d'avance, mais je ne voulais pas non plus être en retard à l'arrivée parce que j'aurais trop traîné sur la route ou aux arrêts.
Ne sachant trop sur quel pied danser, j'ai donc pris le parti de rouler à un rythme qui me permette de tenir la distance mais sans traîner et de limiter les arrêts aux contrôles au maximum.

10h05 : je suis entré dans la ville de Rambouillet ! J'entre bientôt dans le parc. Un bénévole nous indique le parcours en nous disant : "plus que 2 kilomètres" mais je n'ai pas eu le temps de l'entendre. :wink:
Je remonte l'allée des camping-cars et j'aperçois, juste quand je passe à leur hauteur, mon beau-père avec deux des petits-enfants. J'ai juste le temps de les héler et de faire un signe de la main mais mon vélo grimpe déjà l'allée qui mène à la Bergerie.
L'arche d'arrivée se dessine, les participants déjà arrivés et leurs accompagnateurs applaudissent, encouragent ! Je remporte ma seconde victoire d'étape sur le Tour de France !
Le circuit nous fait passer dans la cour du pigeonnier et ses pavés pour enregistrer le temps avec la puce. 10h10 je suis passé sous l'arche ! Je dépose mon vélo et me rend au dernier contrôle : un bénévole écrit l'horaire d'arrivée : 10h13. Il garde mon carnet pour l'homologation et me remet la médaille du PBP 2019 ! Je l'ai fait ! Je suis arrivé au bout de ces 1200 km ! J'ai réussi et je ne me sens même pas fatigué.

Je suis sur un petit nuage... Mes pieds ne touchent plus par terre, ils doivent encore tourner à quelques centimètres du sol, comme lorsqu'ils pédalent. J'ai la tête ailleurs, à Villaines, à Saint Nicolas, à Brest, à Fougères, à Sougé, à ... Je grignote comme je peux mon plateau repas : les SMS affluent sur le téléphone ! J'étais dans ma bulle, dans ma randonnée et j'y suis encore un peu... mais je n'imaginais pas qu'autant de personnes suivaient ma progression. Je suis un peu confus ! Les félicitations pleuvent, mais je ne me sens pas concerné : je n'ai pas l'impression d'avoir accompli un exploit et c'est assez égoïste comme randonnée. D'ailleurs j'évite de me poser la question fatidique : et dans 4 ans, tu y retournes ? Ce n'est pas le sujet du tout.
Je finis mon assiette et je rejoins mon beau-père et mes neveu et nièce. Retour en voiture vers Versailles où je suis hébergé par ma belle-sœur et toute la famille.

Le plus dur de Paris-Brest-Paris commence : raconter, expliquer, décrire... Je n'en ai vu qu'une infime partie, forcément déformée par mon prisme. Certains se focalisent sur le temps mis pour faire l'aller-retour. Ils passent à côté de l'essentiel, des rencontres, des senteurs, des ambiances, des partages, des couleurs. Ils pensent à une compétition alors que c'est un voyage. Un voyage où l'on revient au point de départ, mais on n'est pas le même au retour, comme la plupart des voyages. Si l'on ne vise que le but, on rate l'essentiel.

Je retourne à Rambouillet le soir pour le dîner de clôture. Je croise encore beaucoup de vélos dans le train qui se rendent ou partent de Rambouillet.
Je retrouve Stéphane qui a coupé la ligne d'arrivée peu de temps après moi. Il essaie d'échanger le maillot de son club contre un maillot plus exotique. :wink:
On dîne avec des cyclos avec qui nous avons déjà partagé des kilomètres sur les BRM organisés par Stéphane. On se raconte nos PBP. Certains visages sont plus fatigués que d'autres. Les Indiens célèbrent leurs victoires, les Russes aussi. Il manque juste un Paris-Brest dans l'assiette à dessert... Mais un Français qui ne râle pas n'est pas vraiment Français... :frenchy3 (c'est pour ça que je relève sans râler...).
C'est bête, mais la question fatidique fait forcément partie de la conversation... et la réponse est plus facile pour ceux qui sont rentrés dans le délai qu'ils avaient choisi. Moi, je laisse la réponse en suspens... mais elle a déjà commencé son travail de sape ! :maboul

Je crois que j'essaierai d'y être à nouveau dans 4 ans... Si je ne peux pas être sur un vélo, je serai sur le bord de la route et j'offrirai des crêpes aux cyclos qui voudront bien s'arrêter. :trinque



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Re: Et si je tentais Paris-Brest-Paris ?

Message par EgaregEtKristell » mar. 15 oct. 2019 12:00

Hristo a écrit :
mar. 15 oct. 2019 09:38
Excellent ce récit, tu nous transportes avec toi sur le porte bagages. Décidément je veux vraiment faire ça dans quatre ans...
Merci !

Je ne peux que t'encourager à venir y goûter l'ambiance si particulière, si vivifiante !
Tu as le profil pour en profiter à fond : tu sais déjà rouler et tu sais déjà profiter des pauses. Tu sais appuyer sur les pédales mais tu sais surtout lever les yeux !



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Re: Et si je tentais Paris-Brest-Paris ?

Message par lucb » mar. 15 oct. 2019 12:00

Digne d'un scénario de road movie :bravo2


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Re: Et si je tentais Paris-Brest-Paris ?

Message par EgaregEtKristell » mar. 15 oct. 2019 14:34

lucb a écrit :
ven. 4 oct. 2019 19:40
Ne t’inquiete pas: nous le sommes! Ton récit est tellement passionnant que ça vaut la peine d’attendre.
Va falloir qu’on t’inscrive sur une autre longue distance pour avoir un autre récit :twisted:
Pas la peine de m'inscrire à l'insu de mon plein gré : le virus est inoculé et encore bien actif ! Dans 4 ans je compte bien y retourner et il va me falloir faire à nouveau les BRM qualificatifs.
Et Stéphane nous concocte de belles balades avec les Traversées de France :
- en 2018 : la diagonale du vide (https://www.cyclo-club-montebourg-saint ... er-rurale/)
- en 2019 : la Réconciliation (https://www.cyclo-club-montebourg-saint ... ciliation/)
Celle-ci fera 1607 km pour 17719 m de D+, mais c'est surtout le nombre des lieux de mémoire qui est important.
AngstromCyclo a écrit :
sam. 12 oct. 2019 11:02
Récit passionnant, très vivant.
Pensée pour Beuzeville130 très touchante.
Merci pour ce partage.
Le récit en feuilleton est une forme très plaisante.
Le récit en feuilleton n'était pas prémédité... mais finalement, c'est assez logique : j'avais prévu de découper ma randonnée en 3 journées et demie, c'est comme cela que je l'ai roulée et c'est donc comme cela que je la raconte parce que ça prend un peu de temps de se remémorer ces bons souvenirs. :wink:
Du coup, j'ai mis longtemps avant de rédiger la première journée et j'ai préféré la mettre en ligne directement plutôt que d'attendre d'avoir rédigé le reste et ainsi de suite... :D
lucb a écrit :
mar. 15 oct. 2019 12:00
Digne d'un scénario de road movie :bravo2
C'est bien ça : on se fait tout un film pendant qu'on est sur la route ! :mdr



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Hristo
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Re: Et si je tentais Paris-Brest-Paris ?

Message par Hristo » mar. 15 oct. 2019 14:48

EgaregEtKristell a écrit :
mar. 15 oct. 2019 12:00
Hristo a écrit :
mar. 15 oct. 2019 09:38
Excellent ce récit, tu nous transportes avec toi sur le porte bagages. Décidément je veux vraiment faire ça dans quatre ans...
Merci !

Je ne peux que t'encourager à venir y goûter l'ambiance si particulière, si vivifiante !
Tu as le profil pour en profiter à fond : tu sais déjà rouler et tu sais déjà profiter des pauses. Tu sais appuyer sur les pédales mais tu sais surtout lever les yeux !
J'en serai très certainement et serai ravi de t'y croiser.

Juste une question technique. Comment gérais-tu l'éclairage ? Dynamo dans le moyeu ? Dynamo bouteille ? Eclairage USB longue durée avec powerbank ? Je me pose ces questions pour m'équiper. Je gère avec un éclairage usb longue durée pour le moment.

Tu n'as eu aucun moment où tu as eu envie de tout arrêter ? Jamais de coup de mou terrible ?


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Re: Et si je tentais Paris-Brest-Paris ?

Message par EgaregEtKristell » mar. 15 oct. 2019 15:22

Aspect technique : j'ai fait jusqu'au BRM 600 avec un éclairage surpuissant sur batterie 18650. Ca éclaire fort et avec 2 batteries, je pouvais tenir toute une nuit.
De même, mon téléphone tient un BRM 200 en mode GPS (enregistrement de la trace et suivi du parcours). J'ai une powerbank qui me permet de tenir tout un BRM 600 et même un peu plus.

Donc je partais sur cette solution. Mais j'ai fait un petit calcul :
- 2 batteries pour le phare = 1 nuit. Sur PBP, on peut être amené à rouler 4 nuits = 8 batteries.
- 1 powerbank pour 600 km, donc il faut 2 powerbanks pour PBP.
Là, ça commence à faire du poids et du volume...

Du coup, j'ai franchi le pas du moyeu dynamo au début de cette année et j'ai commencé à rouler avec à partir du BRM 300.
J'ai choisi un moyeu éprouvé, plutôt moyenne gamme : le Shimano DH-3N72. J'ai en fait acheté la paire de roues complètes chez Roses Bike.
Pour le phare, je n'ai pas trop lésiné puisque je voulais que le moyeu dynamo serve à l'éclairage ET à la recharge du téléphone. J'ai donc pris le phare B&M Lumotec IQ2 Luxos U. Il dispose d'un interrupteur déporté sur le guidon et d'un branchement USB. Il ne nécessite pas de batterie tampon additionnelle.

Je n'ai pas encore pris en défaut ces équipements, que ce soit pendant les BRM, PBP ou le vélotaf. J'avoue que je n'ai pas eu beaucoup de pluie pendant que je roulais... mais tout a été copieusement arrosé la veille du départ de PBP. :wink:




Dans les descentes de PBP, j'ai pu comparer différents faisceaux lumineux. Le mien n'était pas le plus concentré et lumineux, mais c'est peut-être celui qui était le plus pratique : je n'avais pas besoin de freiner dans les descentes et je doublais plus que je n'étais doublé.



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Re: Et si je tentais Paris-Brest-Paris ?

Message par EgaregEtKristell » mar. 15 oct. 2019 15:37

Hristo a écrit :
mar. 15 oct. 2019 14:48
Tu n'as eu aucun moment où tu as eu envie de tout arrêter ? Jamais de coup de mou terrible ?
C'est ça qui m'a le plus étonné moi-même... Je crois que sur presque tous les BRM, j'ai eu un coup de mou et je me suis demandé pourquoi je pédalais là.
Mais sur PBP, jamais ! :D Je crois que j'étais vraiment dans une bulle. Et, mine de rien, c'est un investissement personnel fort. PBP, on y pense bien avant de s'inscrire et, une fois inscrit, on y pense quasiment tous les jours. Du coup, quand on y est, on en profite et on ne se triture pas les neurones à se demander pourquoi. :wink:

Le découpage en plusieurs randonnées m'a aidé également. Ca découpe la difficulté et ça met du baume au cœur quand on constate que l'on est en avance sur les délais. Et si l'on n'arrive pas à l'objectif visé, on s'arrête, on dort (un peu moins que prévu) et on repart après avoir rechargé les batteries.
La présence et l'aide de Stéphane (ayant 9h de rab par rapport à moi, il m'a dit plusieurs fois de rester à l'abri derrière) m'ont également beaucoup aidé le mercredi.

On m'avait vendu PBP en me disant : "tu trouveras forcément des groupes pour t'abriter". Soit, mais j'ai tout de même fait mes BRM seul ou à l'avant des groupes. Et c'était le bon calcul car j'ai dû rouler à 80% seul (enfin, "seul" sur PBP ça veut dire que le premier cyclo devant est à 30 m, mais tu ne bénéficies pas de son aspiration) car les groupes qui me doublaient allaient trop vite et ceux que je rattrapais étaient trop lents.
Ayant donc l'habitude de rouler seul par mes propres forces, cela n'a pas été une difficulté supplémentaire.



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Re: Et si je tentais Paris-Brest-Paris ?

Message par emilpoe » mar. 15 oct. 2019 20:07

Salut,
EgaregEtKristell a écrit :
mar. 15 oct. 2019 11:57
...
Le plus dur de Paris-Brest-Paris commence : raconter, expliquer, décrire... Je n'en ai vu qu'une infime partie, forcément déformée par mon prisme. Certains se focalisent sur le temps mis pour faire l'aller-retour. Ils passent à côté de l'essentiel, des rencontres, des senteurs, des ambiances, des partages, des couleurs. Ils pensent à une compétition alors que c'est un voyage. Un voyage où l'on revient au point de départ, mais on n'est pas le même au retour, comme la plupart des voyages. Si l'on ne vise que le but, on rate l'essentiel.
...
Joliment dit ! :bravo2


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Re: Et si je tentais Paris-Brest-Paris ?

Message par Manouche » mer. 16 oct. 2019 06:51

EgaregEtKristell a écrit :
mar. 15 oct. 2019 14:34
Le récit en feuilleton n'était pas prémédité...
Je pense qu'avoir attendu pour lire le début de ce compte-rendu, puis encore quelques jours pour le deuxième jour, puis coup sur coup les dernières parties, nous intégrait le mieux possible dans cette aventure, dans ce voyage tel que vécu.
Pas prémédité ... quoique ... peut-être inconsciemment ...
Manouche



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Re: Et si je tentais Paris-Brest-Paris ?

Message par CYCLOHC » mer. 16 oct. 2019 09:07

Merci Egareg de nous avoir fait profiter ainsi de ta très belle expérience.
Ce N°T107 que nous avons eu le plaisir de suivre en direct en 85 h 39' et 36" nous a bien fait rêver.
Quel beau parcours sur la recherche de soi-même !!

Encore un Grand Bravo et un Grand Merci ! :bravo3


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Re: Et si je tentais Paris-Brest-Paris ?

Message par titoune1469 » mer. 16 oct. 2019 11:26

Beaucoup d'entre-nous ont commenté ton récit avant que je ne puisse le lire.
Je viens de le terminer et je n'ai pas d'autres mots que "bravo", "impressionnant", "merci pour ce compte rendu" (mot bien trop froid pour décrire le texte que tu as partagé). On devine dans ton récit des odeurs, les impressions liées aux températures, aux bruits (plus que l'aspect sportif, j'aime beaucoup ce ressenti qui transpire de ton texte), l'apparente maitrise (sans doute due à une excellente préparation ;-) ! ) du timing, la gestion des étapes, la lucidité et le final où on hésite entre l'emballement, l'euphorie et l'envie de savourer les derniers km, voir hm...

Alors, BRAVO à toi pour ce défi et MERCI pour le partage ! ;-)



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Re: Et si je tentais Paris-Brest-Paris ?

Message par albina » jeu. 17 oct. 2019 17:02

Je viens de terminer la lecture de ton récit : juste EXCELLENT !!!
A la mesure de la performance réalisée. Et, cerise sur le gateau :
Le plus dur de Paris-Brest-Paris commence : raconter, expliquer, décrire... Je n'en ai vu qu'une infime partie, forcément déformée par mon prisme. Certains se focalisent sur le temps mis pour faire l'aller-retour. Ils passent à côté de l'essentiel, des rencontres, des senteurs, des ambiances, des partages, des couleurs. Ils pensent à une compétition alors que c'est un voyage. Un voyage où l'on revient au point de départ, mais on n'est pas le même au retour, comme la plupart des voyages. Si l'on ne vise que le but, on rate l'essentiel.
Je viens de m'apercevoir que l'ami Maurice a flippé sur le même paragraphe que moi. La quintessence de la philosophie cyclotouriste :bravo3
Amitiés
Charles


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