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Tour de France Audax
Impression d'un étranger
       


     Impressions d'un étranger du Tour Audax du Centenaire par John Weeks      version anglaise  English Version

     Dimanche, le 13 juillet. Je suis arrivé tôt l'après-midi au magasin Bouticycle à Montgeron. L'équipe d'organisation et quelques participants étaient déjà là. Il me reste plein de temps pour effectuer le contrôle des vélos et retirer ma plaque de cadre et ma carte de la route. Le dernier est plein de renseignements, bien sûr l'itinéraire, mais aussi une petite histoire du Tour de 1903, en particulier les lieux et les personnages. Nous avons aussi pris nos maillots en bleu et jaune UAF sur laquelle est imprimé le motif Henri Desgrange, père du Tour et des Audax, et une carte de la France indiquant les 11 étapes du Tour.

     Peu à peu d'autres participants arrivaient, parfois inconnus, parfois des amis d'assez longue haleine. Ils partaient aussi ; pour garer leurs voitures, poser ses valises aux hôtels, regarder les pros à la télé. Sous la chaleur tout le monde semblait très détendu. Enfin je rencontre mes compagnons de chambre, deux autres Anglais. Rick, le plus jeune du peloton qui n'a que 22 ans. Et Keith, un enthousiaste qui passe la moitié de sa vie en France pour faire du cyclisme.

     Le soir, heureusement moins chaud, tout le monde est allé au restaurant Réveille-Matin, lieu légendaire du départ du premier Tour. En face, un rond-point entouré de pierres sur lesquels sont gravés la date de chaque année depuis 1903 et le nom du vainqueur du Tour. Le restaurant était plein du monde et de bruit. Le sens d'indolence de l'après-midi s'est remplacé par un esprit plus urgent. Après un excellent repas on a retourné à l'hôtel pour la nuit, essayant de dormir dépit la chaleur et les inéluctables feux d'artifices.

     Les sacs mis dans les camions et les petits-déjeuners pris, nous sommes allés au Réveille-Matin pour le départ. A sept heures et demie nous sommes partis dans un peloton d'environ 160 cyclistes. Le spectacle d'un tel peloton, encadré des motards et d'une voiture en tête, suivie des camions de bagage, de mécanique et une ambulance de la Croix Rouge étaient très émouvant. C'était aussi très rassurant. Il y avait très peu de circulation le matin, c'était un jour férié et très calme, surtout pendant la traversé de la magnifique forêt de Fontainebleau. Mais, dès le départ, la température s'élevait. A midi il faisait plus que trente degrés à l'ombre.

     Après 225Kms en 5 étapes nous sommes arrivés à Nevers, la fin du premier jour. Le deuxième jour nous sommes arrivés au plein centre de Lyon après avoir grimpé notre premier col, le Col du Pin Bouchain, 759 mètres. Tôt le troisième jour nous avons passé par le col le plus haut, celui de la République. Bien que ce soit seulement 1161 mètres, c'était assez dur après avoir subi deux jours de grosse chaleur.

     La canicule a duré presque tout le périple. Et beaucoup de monde a rencontré des problèmes physiques à cause de la chaleur. La consommation d'eau était énorme. Heureusement que la direction a assuré que nous avions toujours assez d'eau disponible. Le quatrième jour la température a dépassé 40 degrés à l'ombre. Tout le monde était impatient d'arriver à Marseille pour profiter de notre premier jour du repos. On y arrivait trouver un bon hôtel sur une colline avec des beaux panoramas de la ville. Et plus du monde, des relations, des amis qui ont arrivé pour dîner et pour passer le temps avec nous.

     L'utilisation de temps à Marseille a passé d'un extrême à l'autre. Pour quelques-uns, c'était un jour de lavage des vêtements et de nettoyage, réparation et règlement de vélo. Pour des autres c'était un jour de tourisme. Pour aller à Marseilles nous avons su pour la plupart du temps la route nationale 7. Les prochaine trois jours nous étions presque toujours sur la RN113 pour aller à Bordeaux. et un autre jour de repos. Bien que la plupart de la route de 1903 est maintenant sur les routes nationales, de temps en temps nous avons roulé sur les anciennes routes qui semble peu modifié, à part que les surfaces sont mieux. Mais, cela dite, nous avons eu l'expérience de rouler sur un assez long tronçon de route couvert de goudron fondu. Quelle expérience authentique !

     J'essayais souvent pendant le Tour d'imaginer la sensation de rouler, probablement seule, sur les routes de 1903 et sur un vélo de l'époque. Quel formidable exploit ! Aussi formidable était l'exploit de notre Bruno Lemoine, qui a fait tout le Tour sur un vélo de l'époque avec gros boyaux et pignon fixe. Il était accompagné d'une voiture du début du siècle aussi. Ordinairement sur une remorque, pendant une étape mémorable, cette voiture a fait son tour en tête du peloton Habillez en maillot blanc, notre " fantôme du peloton " Bruno, a fait son travail pour l'Association Lutte contre la Dystonie. La dystonie est une maladie de contractures musculaires permanentes qui apportent une douleur intense et rendent les malades totalement grabataires. Cette maladie aiguë est déclarée chez l'enfant en bas âge.

     Le deuxième jour de repos avait lieu à Bordeaux, une ville des grands travaux pour construire un tramway. Ayant fait le tour du centre-ville à pied nous sommes emmenés en car et bien distrait par nos amis cyclos de Bordeaux. Après Bordeaux, nous sommes allés à Rochefort, Nantes, Blois et Ville d'Avray. Le dixième jour le temps a brusquement changé. Il à plu des cordes presque toute la journée. Mieux que la canicule ? C'est discutable. La fin du Tour du 1903 était à Ville d'Avray. Pour nous une géniale réception avec des boissons, la musique, des artistes, et surtout un superbe feu d'artifice. Quelle étonnante fin de la route de 1903 !

     Mais Ville d'Avray n'était pas la fin de notre périple de 2003. Dimanche le 27 juillet, pas plus de pluie ! Mais plus de liens entre des Tours. A notre peloton l'honneur d'aller au Pont de Léna pour être en tête des 10.000 participants, habillé en maillots jaunes, qui fait le matin le tour du même circuit que les pros fait l'après-midi. Quel beau moyen de regarder Paris. Quel incroyable fleuve de jaune ruisselait vers l'Arc de Triomphe quand nous descendions les Champs-Elysées. Cela a passé trop vite, comme un autre feu d'artifice.

     Après le circuit et la foule, le retour à un plus calme Réveille-Matin pour le repas de clôture. C'était un peu triste de dire au revoir aux compagnons de route avec laquelle on a partagé quatorze jours incroyables. Aussi de rappeler que quand on roule désormais il faut s'arrêter à chaque feu rouge et Stop. Quel changement d'habitudes.

     Des autres pensés, en dernier mais non pas ordre d'importance. Quel plaisir de trouver, en plus des anciens amis, des nouveaux de chaque coin de la France et des autres pays. Quelle opportunité de regarder le monde des yeux des autres, dépit le barrage de la langue.

      Le plus grand nombre d'étapes ont parcouru à l'allure habituelle des Audax, c'est à dire 22,5 kilomètres par heure. Certains étapes entre Orléans et Langeais ont emmené à une vitesse de 25 kilomètres par heure. Une de ces étapes était un peu plus vite que 25 kilomètres à l'heure. C'était une étape pendant laquelle seulement les femmes était en tête. Une étape assez vite mais régulier, très bien fait !

      Le participant le plus âgé, Pierre Oberlin, est un charmant monsieur de 84 ans. Bien que moi j'aie 63 ans, lui, il a commencé de faire des courses sur la route avant que je sois né. Mais, plus étonnent est le fait que, quand il était jeune, il a rencontré deux des participants du Tour de 1903. Quel lien formidable entre notre Tour et le premier.

      Les après-midi, les participants en arrière-peleton ont profité d'un divertissement musical présenté par des femmes et par une abeille qui roulait avec elles. On entendait toujours des plaisanteries des participants et des spectateurs.

      Quelques applaudissements : D'abord pour les chaleureuses réceptions organisées par les cyclos de chaque région. En particulier à nos superbes motards et leurs amis de la police et de la gendarmerie qui ont assuré la sécurité du peloton. Quelle travaille, quelle précision et concentration pour encadrer un peloton d'environ 150 cyclos sur les routes nationales et dans les plus grandes villes de la France. Aussi, nos admirables Capitaines de Route qui ont emmené le peloton avec finesse tout au long du périple. Et bien sûr l'équipe d'organisation, nos infatigables bagagistes, et surtout Charles et Françoise, qui ont fait énormément de travail pendant le périple et pendant les derniers deux ou trois ans pour organiser un tour inoubliable.

      1. L'article dessus exprime seulement mes souvenirs personnels, sans aucune note. C'est donc un sort de bric-à-brac littéraire. Pour lire un compte rendu plus précis et complet, écrit en un français impeccable, il faut lire des comptes publiés par des organisateurs, l'Union des Audax Français.

      2. Pour trouver plus de renseignements concernant les exploits de Bruno Lemoine et son Association, aller à:
http://www.dystonie.com/


    

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