BORDEAUX-PARIS 1998 640Km
Catégorie RANDONNEURS – Délai maximum 36 heures – 20 et 21 juin
De Bordeaux, à 6 heures, tous les cyclos s’élancent
Et portent sur le front une mâle assurance.
Mais, hélas, les cieux, sans aucune clémence,
Brisèrent bien des ardeurs et beaucoup d’espérances.
Nous partîmes six cents, mais après tant d’efforts,
Ne fûmes que trois cents, arrivés à bon port.
La journée s’écoulait et, le soleil montant,
Ses rayons sans pitié nous brûlaient jusqu’au sang.
La fatigue augmentait, le temps nous étouffait,
La soif nous dévorait, le courage baissait.
Ruelle, l’Isle-Jourdain, Chauvigny, Martzay,
Contrôle après contrôle, la troupe diminuait ;
Les talus, les fossés, les cafés et les champs
Recevaient des cyclos hébétés, titubants ;
Vomissements, diarrhées, insolations, migraines,
Coups de chaleur, fatigue et tant d’autres déveines
S’accumulaient bientôt et fauchaient au hasard
De courageux sportifs réduits au désespoir ;
Les vélos remontaient sur les voitures suiveuses.
Mais pourtant, malgré tout, doucement vint la nuit ;
Le courage renaît, la chaleur s’oublie ;
Cette obscure clarté qui tombe des étoiles,
Sur toutes ces douleurs, posément jette un voile ;
Lentement, durement, les kilomètres passent,
Arrachés mètre à mètre par tant de jambes lasses.
A l’aube, à Orléans, avant-dernier contrôle,
Le sommeil nous écrase et nous plie les épaules ;
On tient bon cependant car le but se rapproche ;
Tout en s’encourageant, les rescapés s’accrochent.
Enfin Les Clayes-sous-Bois, objectif chimérique,
Arrivée convoitée d’un brevet homérique :
Des applaudissements, un ultime tampon…
Dans deux ans, c’est promis, sûr que nous reviendrons !
Gilles CORE
Groupe Cyclos Pujolais ( 47 )
(à la manière d’un certain CORNEILLE !)